17 mai 2014, journée de récollection pour la Corref jeunes Haute Normandie


Ce 17 mai 2014, par une belle journée ensoleillée, nous sommes neuf sœurs, de 7 congrégations différentes accueillies chez les sœurs de st Joseph de Cluny.

Après un petit temps d’accueil convivial, nous avons commencé notre journée par la 1ère intervention conjointe de sr Jean-Thérèse (Augustine de la Miséricorde de Jésus) et sœur Nathalie-Emmanuel (sœur du Sacré-Cœur d’Ernemont ayant fusionné avec st Joseph de Cluny) sur la Miséricorde de Dieu et le Cœur de Jésus.

Nous sommes invitées à dire les mots qui nous viennent en rapport avec la Miséricorde.

Ensuite, sr Jean-Thérèse reprend les racines hébraïques avec hesed et rahamim. Avant de nous plonger dans la Bible, elle nous rappelle comment nos papes, de Jean-Paul II à François nous parlent de la Miséricorde de Dieu et la mettent en acte.

Sœur Jean-Thérèse nous incite alors à relire 2 passages de l’Ancien Testament : celui de la fuite de Moïse au désert après l’assassinat de l’égyptien et le passage avec Jonas. Dans le 1er, Moïse est au prise avec sa misère et il sera rejoint, quelque temps plus tard, par Dieu qui a vu la misère se Son peuple et se servira de lui pour l’en sortir, où comment transformer la misère en lumière. Dans l’épisode avec Jonas, c’est l’amour universel de la Miséricorde qui est mis en lumière en montrant qu’il n’est pas réservé qu’aux justes et aux bons.

Ensuite, sœur Jean-Thérèse nous parle de sa congrégation ; ce qui les fonde, c’est la reconnaissance de Jésus dans la personne pauvre et malade. Dans la Miséricorde, à exercer en 1er en communauté, la douceur et l’humilité doivent toujours transparaître. Avec Mère Yvonne-Aimée de Jésus, elles retrouvent leur nom : chanoinesses régulières hospitalières de la Miséricorde de Jésus de l’ordre de st Augustin. Elles ont une vie canoniale depuis Vatican II : - prière liturgique et personnelle, la communion fraternelle dans le partage, le service des pauvres et des malades par les œuvres de miséricorde, vécus dans la stabilité d’un monastère.

Sœur Nathalie-Emmanuel, quant à elle, nous interpelle par rapport au « cœur » dans la Bible car la Miséricorde c’est avoir un cœur touché de la misère/du malheur de l’autre. Dans la Bible, le mot cœur est cité 853 fois dont plus de 400 fois dans la Sagesse. En hébreu, il s’agit de leb ou lebab. Il est rarement question de l’organe corporel. Le Cœur de Dieu, quant à Lui n’est cité que 28 fois, autrement, il s’agit de celui de l’homme. C’est alors le centre de la personne : le plus profond, le plus intérieur « ma langue exprime, ma main exécute ce que mon cœur a conçu ». Elle nous partage que, dans leurs constitutions, les textes Mc6,30-34 et Lc7,11-17 sont en introduction. Jésus est ému de pitié, Il est touché au plus profond de Son Cœur, cela le bouleverse. C’est un Cœur qui ne peut pas rester insensible à la misère qu’Il rencontre, alors Il agit.

Ensuite, nous vivons chacune un temps personnel soutenu par les textes de la Bible qui nous ont été proposés ainsi que par un texte de st Jean Eudes.

Après cette nourriture spirituelle, vient celle plus terrestre ! Nous pique-niquons ensemble dans le jardin, profitant de ce beau soleil. C’est l’occasion de faire connaissance, de partager des nouvelles de nos communautés.

À l’issue de ce temps convivial, sr Nathalie-Emmanuel devient notre « guide touristique » pour la visite des lieux, notamment leur magnifique chapelle.

Puis nous débutons notre après-midi en échangeant sur l’avenir de nos rencontres : ce que nous désirons y vivre. Suite au courriel de sr Julie, nous discutons autour de l’éventualité de mener un projet lors de cette année de la vie consacrée. Compte-tenu de la disponibilité et/ou des étast de vie (ex. : vie cloîtrée) des unes et des autres ainsi que du fait que des actions seront menées dans chaque diocèse avec les SDVC et les AVC, nous décidons de ne monter aucun projet. Puis nous continuons d’échanger sur l’importance, pour chacune de nous, qu’a cette journée de récollection : temps gratuit pour nous retrouver, échanger, tisser des liens entre nos communautés en nous rencontrant et découvrant nos charismes.

 

Deux dates sont alors choisies :

 

- le samedi 25 octobre 2014 à Bernay chez les sœurs missionnaires de Marie Immaculée. Lors de cette journée de récollection, ce sont nos hôtes qui interviendront ainsi que sr Anne-Cécile, moniale bénédictine du Monastère ste Françoise Romaine

- le samedi 9 mai 2015 à l’Abbaye de Valmont. A cette occasion, sr Marie-Agnès, bénédictine en cette abbaye, et sr Marie-Dominique, des sœurs de st Benoît Labre interviendront à partir de la Règle de st Benoît.

Puis sr Jean-Thérèse reprend la parole pour nous partager comment les sœurs Augustines vivent aujourd’hui cette miséricorde. Celle-ci est d’abord à vivre dans le cœur de chacune, puis en communauté et enfin au-delà.

Jusqu’en 1975, les sœurs vivaient dans l’hôpital de Dieppe. Maintenant, elles sont installées dans le Monastère ste Marie à Thibermont. Leur 1er vœu est de servir les pauvres et les malades. Ainsi, sr Jean-Thérèse est envoyée en mission à l’hôpital. En tant que ministre du culte, elle peut rester en tenue religieuse. Il y a un accompagnement des personnes dans leur globalité, notamment en soins palliatifs.

Puis c’est au tour de sr Nathalie-Emmanuel ! Elle nous interpelle sur cette question : « Comment le disciple de Jésus, le chrétien est appelé à vivre la miséricorde, à se laisser toucher par la souffrance de l’autre ? » (Lc10,25-37) C’est ce qu’ont essayé de vivre les grands prédicateurs de l’Ecole française de spiritualité dont les sœurs vivent encore aujourd’hui notamment avec st Jean Eudes.

Ce dernier est né à Ri. Il fut élève chez les jésuites puis rentre à l’Oratoire. En 1627, il est envoyé à Caen où il soigne et assiste spirituellement les pestiférés. Des équipes de prêtres sont également constituées pour partir en mission : catéchiser et donner le sacrement de pénitence pour essayer de relever la foi catholique. Il fonde l’institut Notre-Dame de charité pour les prostitués. En 1646, il quitte l’Oratoire pour fonder un séminaire pour les hommes déjà prêtres mais ayant besoin d’approfondissement. Il a créé le 1er office du Cœur de Marie ainsi que celui de Cœur de Jésus. Pour lui, l’un ne va pas sans l’autre. Il est ainsi le père, le docteur et l’apôtre du culte des Cœurs de Jésus et Marie. Il meurt en 1680.

A la même époque, les sœurs du Sacré-Cœur d’Ernemont sont fondées par un couple : M. Barthélémy de st Ouen et son épouse. Il fut touché du malheur du pauvre et de son ignorance de l’Amour de Dieu pour lui. Il fonde donc un petit hôpital ainsi qu’une école pour l’éducation chrétienne des filles. Il y a rapidement beaucoup de vocations et ainsi, nombre d’écoles sont créées.

Pour les sœurs, c’est une invitation à être à la fois Marie et Marthe. D’abord être aux pieds de Jésus pour l’adorer afin d’ensuite œuvrer comme Marthe. C’est la contemplation des sentiments du Cœur de Jésus dans l’Ecriture pour essayer d’en vivre. Dans les constitutions est écrit : « Une sœur devrait être brûlée du désir de faire connaître Jésus. » C’est une attention aux plus petits à travers cet hôpital et ces écoles.

Maintenant, les sœurs du Sacré-Cœur d’Ernemont ont fusionné avec les sœurs de st Joseph de Cluny.

Sr Nathalie-Emmanuel est adjointe d’un gros établissement scolaire (1300 élèves) fondé depuis 200 ans sur la rive gauche (populaire) de Rouen où ils essaient de vivre la mixité sociale et de présenter la foi chrétienne à tous les élèves.

De nouveau, après un temps de prière personnelle, nous nous retrouvons pour échanger autour du vécu de chacune lors de cette journée. Ce qui ressort, c’est la joie partagée, la découverte des richesses de nos congrégations. Nos vies sont différentes mais rassemblées sur l’Essentiel. Importance également de ce temps de rencontre fraternelle.

Puis nous finissons cette journée, tournées vers Celui qui nous a rassemblées, pour vivre la Sainte Eucharistie chantée en français, en anglais et en vietnamien.

 

Donc rendez-vous le 25 octobre prochain à Bernay !

 

Retrouvez en documents joints quelques textes de Saint Jean Eudes