À Malte, six sœurs prennent le micro pour l’Église et les orphelins sélectionnées pour la demi-finale de l’Eurovision (nov. 2014)


Ni une, ni deux : alors que sœur Cristina chante seule, ce sont cette fois six religieuses qui montent sur scène, en chair et en voile, pour faire entendre leur voix. O plutôt, celle des enfants abandonnés dont ces ursulines, rebaptisées pour l’occasion les « Ekklesia Sisters », s’occupent, à Sliema, une localité maltaise située à 5km au nord de La Valette.

Pour l’Église et pour les enfants
C’est pour eux que sœur Michaela, sœur Madeline, sœur Monica, sœur Rita, sœur Claudia et sœur Denise, ont décidé de se présenter aux sélections maltaises du festival musical le plus important d’Europe : le concours Eurovision de la chanson. « Au début, témoignent les Eklesia sisters, nous pensions que c’était idiot pour des bonnes sœurs d’aller à l’Eurovision. Et puis, nous nous sommes dites : faisons-le pour l’Église et les enfants que nous aidons ».

C’est un chanteur - compositeur maltais très en vogue sur l’île, Philip Vella, qui leur a proposé d’écrire leur chanson, Love and Let go (Aime et laisse aller), qui traite de l’éducation. Avant de s’octroyer le feu vert, les six sisters ont demandé la permission à l’Archevêque de Malte, qui a donné sa bénédiction. Elles se sont alors rapidement mises au travail et ô surprise, leur candidature a été retenue.

En route pour la demi-finale
Le 20 octobre dernier, elles ont réussi leur premier examen de passage : elles font à présent partie des 20 candidat(e)s sur 48, qui participeront à la demi-finale maltaise des 21 et 22 novembre 2014. De cette demi-finale sortira le chanteur ou le groupe qui représentera Malte à l’Eurovision de la chanson, à Vienne en 2015.

Moquées par leurs détracteurs qui les jugent « barbantes » ou « gnangnans », avec toutes la gentillesse propre aux réseaux sociaux, les Ekklesia sisters (tout comme Sœur Cristina ou des groupes comme The Priests) séduisent néanmoins un public – de plus en plus nombreux - qui aspire à plus de pureté et d’idéal dans les médias (et le monde en général). Sans compter que ces femmes chantent pour ces sans voix que sont les enfants abandonnés. Elles ont donc leur chance.

Un concours laïc
Mais si les Ekklesia sisters étaient sélectionnées pour la finale, il y aurait un hic : elles devraient, pour monter sur scène, ôter l’habit et le voile de leur ordre et les signes distinctifs de leur foi et reprendre leur nom d’état civil. C’est ce qu’exige le règlement de ce prestigieux concours, qui interdit toute référence politique ou religieuse. Les sœurs de la très charitable congrégation des Ursulines accepteraient-elles le deal, par amour pour les enfants ? La question n’est pas encore d’actualité.