Colloque œcuménique de religieux et de religieuses


COMMUNIQUE FINAL

Ce communiqué a été donné aux participants au Colloque œcuménique

1. Une expérience inédite

Pour la première fois a été organisé au Vatican un Colloque œcuménique sur la vie consacrée, rassemblant une centaine de religieux et de religieuses de diverses appartenances ecclésiales- catholiques, orthodoxes, orthodoxes orientaux, anglicans, protestants- pour se connaître, prier, échanger leurs expériences et favoriser l’unité des chrétiens. Cette rencontre inédite, organisée du 22 au 25 janvier 2015, pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, était une initiative de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, en collaboration avec deux autres Dicastères du Vatican : le Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens et la Congrégation pour les Eglises orientales.

Durant quatre jours intenses, ces hommes et ces femmes consacrés, qui tous ont voué leur vie à Dieu à la suite du Christ, mais selon des modalités très variées, ont fait une expérience privilégiée qui les a remplis de joie : découvrir leur profonde communion dans un même choix de vie et, en même temps, une heureuse diversité dans sa mise en œuvre.

Pour cela ils remercient le Seigneur et sont infiniment reconnaissants au Pape François qui, en instituant une Année de la vie consacrée au sein de l’Eglise catholique, a aussitôt associé ceux qui ont engagé leur vie de manière analogue dans d’autres Eglises, en encourageant « chaleureusement ces rencontres pour que grandissent la connaissance mutuelle, l’estime, la collaboration réciproque, de manière à ce que l’œcuménisme de la vie consacrée soit une aide à la marche plus large vers l’unité entre toutes les Églises » (Lettre apostolique à tous les consacrés, 21 novembre 2014).

2. De multiples découvertes

Les participants ont beaucoup reçu de ces temps de rencontre : la parole des trois cardinaux chefs des dicastères organisateurs, la présentation de la vie consacrée selon chacune des trois grandes traditions, les témoignages des sœurs et des frères engagés, etc.
Ils ont, cependant, moins discuté d’unité, que fait une expérience authentique d’unité, en partageant des moments de dialogue fraternel entre eux et de communion avec Dieu, dans l’échange d’expériences et d’oraison, en communion de prière avec de nombreux religieuses et religieux contemplatifs.

Au fil de ces jours de rencontre et de dialogue fraternel, ils ont découverts ensemble ce qu’ils ont en commun : l’engagement à suivre le Christ (« sequela Christi »), sous des formes communautaires ou non, qui remontent aux premiers siècles du christianisme, alors que l’Eglise était encore indivise. Ils ont reconnu l’Esprit Saint agissant en eux pour faire croître le don de leur baptême commun. Ils ont davantage pris conscience d’avoir la vocation d’être « experts en communion », serviteurs de la réconciliation à promouvoir entre tous les disciples de Jésus : la vie consacrée, placée au cœur même de l’Eglise, se trouve au cœur du chemin des Eglises vers l’Unité.

Les participants ont pu aussi mieux saisir ce qui les distingue, mais ne les sépare pas, selon la diversité de leurs traditions ecclésiales : par exemple, la vie consacrée dans la tradition orientale peut être interprétée de diverses façons.
Une telle expérience a fait grandir en eux une double conviction :

- Quand les personnes consacrées répondent en vérité à leur vocation de femmes et d’hommes de communion, de réconciliation avec Dieu et entre eux, d’unification intérieure, de miséricorde, en étant « d’infatigables constructeurs de fraternité » (Pape François, ibid.), elles sont alors serviteurs de la communion dans l’Eglise et entre les différentes Eglises, sous l’action de l’Esprit saint qui suscite les charismes qu’ils vivent. La vie religieuse, par sa recherche d’union avec Dieu et à l’intérieur de la communauté fraternelle, en particulier lorsqu’elle réussit à réconcilier la diversité et à surmonter les conflits, réalise de manière exemplaire la prière du Seigneur pour que « tous soient un » (Jn 17, 21), et devient une « école d’œcuménisme ». La sainteté, qui passe par une communion toujours plus grande avec Dieu et l’amour fraternel jusqu’à la Croix – jusqu’au martyre, qui a mêlé le sang versé de tant de consacrés de toutes origines confessionnelles –, est l’unique chemin de l’Unité.

– En même temps, les avancées du mouvement œcuménique ont permis un échange de dons entre frères et sœurs des diverses Eglises. De cet enrichissement réciproque témoigne l’expérience de nombreuses communautés œcuméniques et d’associations interconfessionnelles de religieux et de religieuses.

3. Des perspectives renouvelées

Au terme de cette rencontre, les personnes consacrées qui y ont participé souhaiteraient voir multipliées des rencontres de ce type, suivant l’appel du pape François : « J’attends, non pas que vous mainteniez des "utopies", mais que vous sachiez créer d’autres lieux où se vive la logique évangélique du don, de la fraternité, de l’accueil de la diversité, de l’amour réciproque » (Lettre apostolique à tous les consacrés). Un tel échange de dons nécessite aussi une formation adéquate qui devrait être encouragée.

Les participants à la rencontre, retournant à présent dans leurs communautés et leurs Eglises, grandement enrichis de la grâce expérimentée en ces jours, espèrent vivre encore mieux avec leurs frères et sœurs leur commun appel à la sainteté et à la conversion, seul chemin d’unité.

Ils invoquent ensemble le don abondant de l’Esprit pour être, chacun personnellement et tous ensemble, toujours plus fidèles à Dieu, afin que s’accomplisse au plus tôt le grand désir du Christ pour tous ses disciples et pour toute l’humanité : « Père, que tous soient un, pour que le monde croie ! » (Jn 17, 21)

Rome, le 25 janvier 2015, en la fête de la Conversion de saint Paul.