Emmanuelle F., Fille de la Croix : la sœur des habitants du Val Fourré (1/4)

Les 1er, 2 et 3 mai 2015, ils faisaient partie des 700 jeunes religieux et religieuses qui ont participé en région parisienne au rassemblement « Brother & Sister Act II ». Issus du monde populaire ou/et investis dans des quartiers marqués par la précarité et le cosmopolitisme, ils vivent avec discrétion mais passion leur mission d’annonce que Dieu aime tout homme. Par Chantal Joly


Son adresse, le Val Fourré (un quartier de Mantes-la-Jolie, à l’ouest des Yvelines), qui stigmatise tout jeune en recherche d’emploi, fait partie de son choix de vie. « Je ne connaissais pas ce monde populaire mais comme me l’a dit un jour une de mes Sœurs nous sommes du milieu où on nous envoie », commente Emmanuelle. Née dans une famille de la classe sociale « moyenne tirant vers le haut », elle a grandi « presque sous les avions » dans la région de Roissy, dans le Val d’Oise. Et elle qui n’avait « jamais rêvé d’être religieuse » vit aujourd’hui, à 40 ans, en communauté avec deux sœurs françaises de 78 et 76 ans et une sœur ivoirienne de 28 ans. Après une période de doutes et de révolte à la suite du décès de son grand-père maternel, il y a eu tout un chemin : des amis qui lui ont demandé de l’accompagner à la messe, un pèlerinage de Chartres, les JMJ de Paris auxquels elle a participé pour le diocèse de Pontoise à la liturgie, un voyage déstabilisant en Côte d’Ivoire qui l’a conduite à suivre une retraite avec un jésuite et surtout des contacts avec plusieurs congrégations. Au final, « Je n’étais chez moi que chez les Filles de la Croix » témoigne Emmanuelle. La volonté de leur fondatrice « qu’elles se fassent vraiment les sœurs des personnes avec qui elles sont » l’a conquise. Fonctionnaire territoriale pour la fonction publique au titre de son travail d’éducatrice de jeunes enfants, Emmanuelle Fille de la Croix est investie dans sa paroisse St Jean-Baptiste au catéchuménat et dans le groupe de dialogue avec les musulmans. Au Val Fourré où les catholiques représentent seulement 5% de la population mais « sont très pratiquants et ont « la foi vivante, chevillée au corps » », « notre travail, explique-t-elle, est d’être constamment à leur écoute et de les accompagner mais à leur rythme et sans nous mettre devant eux ». Sur le reste de son temps, Emmanuelle s’occupe de la Pastorale des jeunes de sa Congrégation, elle est webmaster du site de sa Congrégation et, quatre demi-journées par semaine, se rend à Paris, à l’Institut Catholique, pour préparer son baccalauréat canonique en théologie.

Source : http://www.eglise.catholique.fr