Faire profession perpétuelle au monastère des Augustines, à Malestroit


Roxane Studer est religieuse. A 39 ans, elle vient de faire profession perpétuelle, le 11 mai, au monastère des Augustines, à Malestroit. D’origine suisse, la jeune femme a trouvé dans cette congrégation le moyen de conjuguer ses deux aspirations les plus profondes : se donner à Dieu et accompagner l’homme souffrant.

 

« Homme et femme sont appelés au mariage et à l’union dans une certaine complémentarité et en vue d’une fécondité, explique-t-elleen introduction. Pour ma part, je ressens ma vocation comme une ouverture : aimer Dieu et plus généralement les frères et sœurs qu’il met sur mon passage également en vue d’une fécondité, celle que Dieu a voulue pour moi, et pour un plus grand bonheur ». Soeur Roxane évoque une enfance et une adolescencecomme beaucoup d’autres, jalonnées dequestions profondes sur le sens du mal etde la souffrance en particulier. Le premierappel qu’elle a ressenti dans sa vie, fut celuide soigner les malades : « J’avais seulement 4 ans, au cours d’un pèlerinage à Lourdes avec ma maman, j’ai été bouleversée par tous ces malades en fauteuil qui se rendaient à la grotte ; ce fil rouge m’a guidé et je suis devenue infirmière. J’ai travaillé deux ans au cours desquels j’ai découvert peu à peu que le Seigneur m’invitait à me donner complètement à lui et à mes frères et sœurs malades ».

Elle choisit alors d’entrer dans une communauté non hospitalière : « Je pensaisque le Seigneur me demandait d’abandonnermême cet appel à être infirmière... Maisj’en souffrais ». Au bout de huit années, elle découvre le Monastère des Augustines Hospitalières : « Lorsque je suis arrivée à Malestroitj’ai été émerveillée par cette part de vieen moi qui reprenait souffle ».

Soeur Roxane qui vient de terminer un Diplôme Universitaire de Soins Palliatifs est aujourd’hui responsable de l‘unité de soins palliatifs de la Clinique des Augustines de Malestroit : « Je pense que lesmalades ont aujourd’hui, plus que jamais,besoin d’être aimés. L’attention à l’autre danstoute sa dignité est primordiale. On est toujours pauvres et petits face à cette questionde la souffrance, mais finalement ce ne sont pas des réponses qu’on attend de nous, maisune présence, une attention. En soins palliatifs,je rencontre des personnes en fin de vie qui ont besoin jusqu’à leur dernier souffle d’être reconnues et regardées comme des vivants et non pas des mourants. Je souhaiterais qu’on prenne davantage conscience du prixqu’à la vie, à chaque instant et à chacune de ses étapes ! » Soeur Roxane vient de s’engager pour la vie, et visiblement, pour son plus grand bonheur : « Mes vœux perpétuelsconfirment le ´oui´ total que je dis àDieu pour vivre de son amour et de celuide mes frères. Cela représente un grandpas à refaire sans cesse, car c’est tous lesjours qu’on dit ‘oui´ à Dieu et à son amour, et qu’on se laisse habiter par lui, pour qu’ilœuvre à travers nous ».

Pour avancer à la suite du Christ elle s’inscrit pleinement dans la tradition de sa communauté : « Saint Augustin,dont nous suivons la règle, attachait beaucoupd’importance à ce double commandement– aimer Dieu et aimer ses frères –il y a la dimension plus contemplative deprière, et l’autre aspect qui est à la fois notre vie fraternelle dans la communauté et notre service de miséricorde auprès des malades à la clinique ».

 

 « Voici l’icône qui est dans ma cellule. Elle me touche beaucoup car elle représente Marie qui a su accueillir Jésus, Verbe fait chair, et qui recueille ici son corps. Pleine de confiance, de foi, d’espérance, elle entoure celui qui ressuscitera et l’introduira dans la Vie. »

la célébration.