Instituts apostoliques et Sociétés de vie apostolique : le rapprochement avec les nouvelles communautés et les nouvelles formes. Approfondissements et horizons. (par Carine Dequenne)


Introduction

L’Eglise vit de l’Esprit Saint et Celui-ci ne cesse de susciter en elle des énergies nouvelles au service de l’Evangile. Il en est ainsi depuis la fondation de l’Eglise par le Christ et, au fil de l’histoire, l’on a vu surgir toutes sortes d’initiatives pour que soit annoncée la Bonne Nouvelle en paroles et en actes.

Au cours du 20e siècle également et en particulier depuis le Concile Vatican II, nous avons assisté à une éclosion d’initiatives nouvelles, stimulée par la mise en lumière de l’appel commun des baptisés à la sainteté et la prise de conscience par les fidèles laïcs de leur participation à l’apostolat de l’Eglise, non par suppléance mais en vertu de la dignité et de la responsabilité de leur baptême. Saint Jean-Paul II a tenu à soutenir et à encourager ces nouvelles réalités, reconnaissant même en elles une « réponse providentielle » aux défis de nos sociétés qui prétendent se construire sans Dieu.

La vie consacrée n’est pas en reste dans cette efflorescence. Dans une enquête menée en 2010, le Père Giancarlo Rocca a dénombré près de 800 nouvelles communautés de vie consacrée, dont la plupart ont été fondées après le Concile.

Cette vitalité est d’abord et avant tout un motif de joie, d’action de grâce et d’espérance.

Mais il est vrai également que l’authenticité des charismes doit être discernée avec soin. Les réalités nouvelles peuvent en effet susciter des interrogations et des perplexités. On peut y trouver de la présomption et des exagérations. Il n’est pas rare qu’un groupe jeune, composé de personnes qui ont vécu une expérience spirituelle forte, ait l’impression d’avoir tout compris et d’être unique détenteur de la vérité ou au moins de la vérité la concernant. On peut voir apparaître des vêtements de type monastique, des maisons, des lieux de prière, des célébrations, des dénominations variées, qui font référence à des réalités anciennes et éprouvées dans l’Eglise mais qui n’en ont pas toujours pour autant assimilé la profondeur et l’exigence.

C’est avant tout aux Pasteurs de l’Eglise qu’il revient de « porter un jugement sur l’authenticité de ces dons et sur leur usage bien entendu » (LG 12). Sans éteindre l’Esprit, ils ont la charge de « vérifier tout et de garder ce qui est bon » (cf. 1 Thess 5, 19-21).

Mais chaque fidèle est, lui aussi et pour sa part, responsable d’un certain discernement. Et à ce titre, les instituts de vie consacrée qui sont approchés par ces nouvelles réalités ont également le grave devoir et la responsabilité importante de se renseigner avec précision sur la nature et le contenu des associations, communautés, groupes et personnes divers et variés qui peuvent se présenter à eux pour les solliciter.

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