L’Appel à la vie consacrée (Diocèse du Val-d’Oise)


A l’occasion de l’ouverture de l’Année de la Vie Consacrée le dimanche 30 novembre 2014, des chrétiens du Val-d’Oise ont partagé autour de cet Appel auquel répondent les consacrés.

Au cours d’un diner avec trois fidèles laïcs, une religieuses et quatre prêtres, nous avons pris le temps d’exprimer ce que la Vie Consacrée représentait pour nous. Petit à petit nous sommes arrivés à formuler de façon plus ajustée le mystère qui nous est offert par Dieu à travers les consacrés et leurs communautés.

Nous nous sommes aperçus que cela n’était pas une évidence pour la majorité d’entre nous... De fait la Vie Consacrée est peu connue et peut-être peu désirée...
Nous sommes tellement dans l’urgence de la mission et de nos activités pastorales, de la vie quotidienne... Souvent quand nous connaissons une religieuse, une communauté religieuse, nous voyons davantage les liens d’amitiés et de services, les charismes personnels des religieux et religieuses... Il nous est plus difficile d’appréhender l’appel particulier qui les rassemble et les fait vivre.
Il n’est pas toujours aisé aux consacré(e)s d’évoquer la forme de vie qui exprime leur consécration, il y a comme une réserve, une pudeur...
Et pourtant tous, particulièrement les communautés et le monde qui nous entoure, ont besoin de ce témoignage !

Au fil de nos échanges voilà ce qui est ressorti de nos regards sur la vie consacrée :


- Tout d’abord ce qui apparait c’est la vie dans le célibat, que ce soit en Communauté ou dans une vie d’apparence « laïc ». C’est l’encrage humain le plus profond de la consécration. Une capacité d’être aimé, d’aimer, une fécondité qui s’orientent vers une autre dimension de la vie : le Royaume des cieux déjà commencé !


- La question d’une radicalité dans la façon de vivre la grâce des sacrements de l’initiation chrétienne... Mais tous les baptisés ne sont-ils pas appelés à vivre la grâce de ces sacrements d’une façon radical ?

« Il s’agit de tout quitter pour suivre le Seigneur. Non, je ne veux pas dire radical.
La radicalité évangélique n’appartient pas seulement aux religieux : elle est demandée à tous. Mais les religieux suivent le Seigneur de manière spéciale.
Sur un mode prophétique. Moi j’attends de vous ce témoignage là. Les religieux doivent être des hommes et des femmes capables de réveiller le monde. »
(« Réveiller le monde » colloque du Pape avec les supérieurs généraux)

S’il y a une radicalité c’est dans la façon de manifester un aspect du mystère du Christ :
« La vie consacrée constitue en vérité une mémoire vivante du mode d’existence et d’action de Jésus ». (« Vita consecrata » de Jean Paul II N° 22)


- Puis nous avons évoqué la profession des vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance. Mais tous les baptisés sont appelés à mettre en pratique, selon leur vocation ces trois conseils évangéliques. Alors notre sœur religieuse nous dit que les vœux ne sont pas le cœur de la consécration, mais un moyen pour vivre cette consécration...


- Mais alors, quelle est la spécificité de la vie consacrée, de chaque personne consacrée ?
Une façon toute particulière dont le Christ s’est fait connaitre, à celui ou à celle qu’il appelle :

« Les personnes appelées à la vie consacrée font certainement une expérience unique de la lumière qui émane du Verbe incarné...
Ils doivent vibrer d’une manière particulière aux paroles enthousiastes de Pierre (au moment de la transfiguration) : « il est heureux que nous soyons ici ! » »
(« Vita consecrata » de Jean Paul II)

« Le Pape François nous appelle à nous arrêter en esprit sur l’image du départ : « la joie du moment où Jésus m’a regardé ». Il évoque le sens et l’exigence qui sous-tendent notre vocation : « C’est la réponse à un appel et à un appel d’amour ». Demeurer avec le Christ exige d’en partager la vie, les choix, l’obéissance de la foi, la béatitude des pauvres, la radicalité de l’amour. »
(« Réjouissez-vous... » Cd Carballo)



- « De fil en aiguille »... nous en sommes venus à dire que toute consécration prend sa source dans l’expérience d’un appel spécial du Christ. Cet appel prend forme au sein d’une vie fraternelle (en communauté religieuse ou par le biais d’un instituts de vie...). Il rejoint le plus souvent un charisme particulier d’un fondateur ; il se met en forme à travers les vœux et des règles propres à la congrégation porteuse du charisme fondateur.

Le fait de « faire profession religieuse », de « se consacrer à Dieu » manifeste qu’il ne s’agit pas d’un sacrement. En effet un sacrement est « reçu » ; dans la vie consacrée est davantage mise en valeur la démarche personnelle. La consécration se manifeste dans la « remise de soi » à travers la supérieure générale en présence de l’évêque.


A la fin de cet échange, entre « poires et fromages », nous nous sommes trouvés heureux ; ensemble nous avons redécouvert un aspect du mystère et de la vie de l’Église.
Ce don qui est fait à certains est un don fait pour que l’ensemble du Peuple de Dieu puisse davantage rayonner la beauté et la joie du Christ. Au cœur de l’Église les consacrées témoignent du Christ offert pour la sanctification de l’Église et le salut du monde. Ils nous entrainent à œuvrer au quotidien dans ces deux domaines, conduits par le souffle de l’Esprit.

« Dès les origines de l’Église, il y eut des hommes et des femmes qui voulurent, par la pratique des conseils évangéliques, suivre plus librement le Christ et l’imiter plus fidèlement et qui, chacun à sa manière, menèrent une vie consacrée à Dieu... À partir de là se développa providentiellement une admirable variété de communautés religieuses qui contribuèrent beaucoup à ce que l’Église non seulement fût apte à toute bonne œuvre (cf. 2 Tm 3, 17) et prête pour l’exercice de son ministère en vue de l’édification du Corps du Christ (cf. Ep 4, 12), mais encore apparût embellie des dons variés de ses enfants comme une épouse parée pour son époux (cf. Ap 21, 2), et que par elle fussent manifestées les ressources multiples de la sagesse de Dieu (cf. Ep 3, 10). » (« Perfectae caritatis » Concile Vatican II N° 1)

Guillaume Villatte, Délégué Épiscopal à la Vie Consacrée
Nov. 201