L’année de la vie consacrée a permis de rappeler son ancrage dans la société (La Croix, 26/01/16)

L’année de la vie consacrée prendra fin le 2 février. La Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) en a profité pour rappeler que les consacrés ne restaient pas à l’écart des problèmes de la société.


Une année d’actions tous azimuts autour de la vie consacrée aura permis de convaincre bon nombre de catholiques que cette vie ne se réduit pas aux seuls « moines dans leurs monastères ». C’est ce bénéfice que retient notamment le P. Jean-Pierre Longeat, président de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), qui s’exprimait le 25 janvier au cours d’une conférence de presse sur la clôture de l’année de la vie consacrée (prévue le 2 février).
« L’efflorescence d’initiatives lors de l’année écoulée témoigne d’une vitalité de la vie consacrée que je veux souligner. Malgré les préoccupations liées à l’âge des personnes engagées, la vie consacrée est loin d’être défaillante et mourante en France », a-t-il ajouté.

Déconstruire les idées reçues
Lancée le 30 novembre 2014 à l’initiative du pape François, l’année de la vie consacrée a pris, en France, la forme de temps de prière, de pèlerinages ou encore d’ateliers de réflexion rassemblant communautés et croyants.
Lors de ces rencontres, les différents consacrés ont pu déconstruire un certain nombre d’idées reçues à leur sujet. Certains d’entre eux peuvent par exemple être laïcs, avoir un travail en dehors de leur engagement spirituel, vivre seul et non pas en communauté, être adhérents d’un syndicat ou même d’un parti politique.
Cette proximité des consacrés avec la société et ses problèmes était un point particulièrement essentiel à rappeler, le P. Jean-Pierre Longeat, ancien abbé de l’abbaye bénédictine de Ligugé (Vienne) : « La vie consacrée doit réfléchir aux questions de société et ne pas se ratatiner uniquement sur des questions internes. C’est un impératif humain et donc religieux. Si nous ne faisons pas cela, c’est la mort assurée. »
L’actualité douloureuse de l’année écoulée en France n’aura fait que le renforcer dans ses convictions : « Dans une société où le communautarisme est un danger et le vivre-ensemble une difficulté, le témoignage des communautés est capital. Lorsque les institutions se délitent, les communautés sont en première ligne. »

Des communautés très diverses

Cet aspect est d’autant plus essentiel à souligner qu’un récent sondage Opinion Way réalisé pour la Corref a montré que 63 % des Français percevaient l’engagement des religieux comme une manière de fuir le monde actuel. Au contraire, 94 % des religieux se considèrent comme pleinement ancrés dans les réalités du monde.
La vie consacrée concerne les fidèles qui « se donnent totalement à Dieu aimé par-dessus tout (…) pour la construction de l’Église et le salut du monde » afin de parvenir « à la perfection de la charité dans le service du Royaume de Dieu » (canon 573 § 1).
Elle rassemble, sous ce vocable, des communautés très diverses : les membres de la vie religieuse (bénédictins, carmélites, dominicains, jésuites…) mais aussi ceux des sociétés de vie apostolique, les veuves consacrées, les ermites, les membres de certaines communautés charismatiques, ceux d’instituts séculiers ou encore les vierges consacrées.

L’année de la vie consacrée a enclenché une dynamique qui devrait, selon Jean-Pierre Longeat, rester vivace grâce au jubilé de la miséricorde, débuté le 8 décembre dernier : « Il est heureux que les deux événements se soient télescopés. La miséricorde, c’est aller aux racines de la foi et de la vocation. Sans elle, les initiatives des consacrés ne servent pas à grand-chose. « Débutée le 30 novembre 2014, l’année de la vie consacrée s’achèvera le 2 février à l’issue d’une semaine de réflexion sur le sujet qui réunira des personnes du monde entier à Rome. Près de 300 consacrés français y sont attendus.

Pierre Wolf-mandroux

Source : www.la-croix.com