« La grande affaire de la vie religieuse, c’est de tomber amoureux »

ENTRETIEN À l’occasion de l’Année de la vie consacrée, « La Croix » est allée à la rencontre du bénédictin et poète François Cassingena-Trévedy, moine à l’abbaye de Ligugé.


François Cassingena-Trévedy témoigne d’une exigence profonde pour la vie communautaire.

Aujourd’hui, pourquoi rentre-t-on au monastère ?

F. François Cassingena-Trévedy : Aujourd’hui comme hier, l’appel demeure un mystère. La voix de Dieu est inextricable des circonstances concrètes de la vie et des sentiers les plus menus de notre cœur. Mais rien de cela ne relève du merveilleux. Il s’y mêle beaucoup d’obscurité. C’est en sous-terre que Dieu travaille. On se figure volontiers la vocation par en dessus, comme une voix céleste. Je la vois plutôt par en dessous, comme une poussée hercynienne. La Parole de Dieu bourgeonne sous notre croûte, notre écorce, nos gravats. Jamais révolue et toujours à l’œuvre tout au long de la vie religieuse, la vocation travaille notre magma intérieur et fait de nos failles mêmes son issue.

Les structures porteuses d’autrefois (écoles, séminaires, paroisses) s’estompent et s’effritent. Les lieux de vie religieuse les plus classiques doivent eux-mêmes composer avec ce nouveau contexte, dont on aurait grand tort de ne pas reconnaître aussi les chances inédites et les étonnantes richesses.

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