La vie religieuse, un milieu en mouvement permanent qui doit être accompagné (La Croix)


Le pape François a décidé de célébrer une Année de la vie consacrée, qui va durer jusqu’en 2016.

Enquête auprès des supérieurs de congrégations religieuses, sans cesse amenés à soutenir des projets et des changements, tant individuels que communautaires.

En septembre 2014, les maristes remettaient solennellement les clés de la chapelle du « Forum 104 » aux assomptionnistes au cours d’une liturgie. Une manière de marquer la passation d’une congrégation à l’autre de cet espace culturel et spirituel, fondé quarante ans plus tôt dans le quartier Montparnasse à Paris. « Quitter n’est pas facile », reconnaissait alors le P. Hubert Bonnet-Eymard, provincial d’Europe des maristes. Un an et demi plus tôt, considérant qu’ils n’étaient plus en mesure d’accompagner le ­Forum 104, les maristes – 850 dans le monde – s’étaient en effet résolus à trouver une autre communauté religieuse intéressée. « Savoir que des énergies nouvelles s’investissent dans ce lieu est un vrai motif d’espérance et nous réjouit », assure le P. Bonnet-Eymard, sans cacher, cependant, qu’il ne fut pas toujours facile d’accompagner ses frères dans ce « travail de deuil parfois coûteux ».

Une confrontation radicale à de tels dépouillements

À l’échelle individuelle comme à celle d’une communauté, la vie consacrée se confronte, souvent de manière radicale, à de tels dépouillements. Ils commencent dès le noviciat, qui suppose une rupture avec la vie du monde. Ils se poursuivent quand il faut quitter une abbaye séculaire, un collège, une œuvre, un apostolat dans lequel on s’était engagé corps et âme… Dépouillements encore quand on doit revenir en France après plusieurs décennies en Afrique ou en Asie, ou quand l’heure est venue de rejoindre un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ­(Ehpad). Certes, ces arrachements ne sont pas l’apanage des consacrés  ; toutefois leur vie étant vouée à la mission, et non à la construction d’une famille, ils peuvent être particulièrement douloureux.

Parfois, le changement est trop difficile à assumer ou l’accompagnement humain insuffisant, et c’est la dépression, la rupture… Les communautés sont toutefois de plus en plus attentives à accompagner ces changements et n’hésitent plus à recourir à des professionnels. L’ancienne supérieure du Carmel de Lisieux, Sœur Dominique, fit ainsi appel à une équipe belge d’aide au discernement communautaire, il y a quelques années, quand il avait été décidé de renouveler non seulement l’agencement de la chapelle où est conservée la châsse de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, et le parcours des pèlerins, mais aussi de refonder la communauté avec un nouveau projet de vie et l’arrivée de cinq novices. « Ce fut l’occasion de relire l’histoire de la communauté, de se réapproprier notre charte et, pour les novices, de prendre conscience de leur héritage », explique Sœur Dominique.

Lire la suite sur : La Croix.com