Le pape François aux supérieures générales : “La femme consacrée est une icône de l’Église et de Marie”

L’Union internationale des Supérieures générales (UISG) tenait son Assemblée plénière bisannuelle du 9 au 13 mai 2016 à Rome (Italie). Les participantes à cette assemblée ont été reçues en audience par le pape François, le 12 mai dans la Salle Paul VI. Au cours de la rencontre, le pape a répondu à leurs questions. Interrogé sur l’exclusion des femmes du processus de décision dans l’Église, le pape a précisé que si elles n’en sont pas exclues, le taux de participation des femmes aux prises de décision dans l’Église reste faible. Pourtant, « l’ordination n’est pas nécessaire » dans les processus de prises de décision, a-t-il insisté. Puis, il a ajouté que ce n’est pas tant l’exécution des décisions que leur élaboration qui compte. Il a donc plaidé pour une complémentarité entre hommes et femmes dans les processus de prise de décisions. Il a aussi souligné que si les femmes ont la possibilité de prêcher pendant une liturgie de la Parole, elles ne peuvent pas encore le faire pendant les célébrations eucharistiques, car seul le sacrement de l’ordre peut le permettre. À propos de la prédication des femmes, le pape a mis ses interlocuteurs en garde contre la tentation du féminisme et du cléricalisme, des tentations qui, selon lui, réduiraient « l’importance des femmes ». Sur la question l’accession des femmes consacrées au diaconat permanent, il a accueilli favorablement la proposition de « constituer une commission officielle qui puisse (l’) étudier ». Louant le génie féminin, le pape a insisté pour que la voix des femmes soit entendue dans l’Église. Il s’est également montré ouvert sur des propositions d’amendement dans le Droit canonique pour favoriser l’engagement de jeunes dans la vie consacrée ou dans le mariage. Il a encouragé les supérieures générales à poursuivre leur mission dans l’Église malgré les défis qu’elles peuvent rencontrer.


Source : La Croix Urbi&Orbi

Première question
Pour une meilleure insertion des femmes dans la vie de l’Église.
Pape François, vous avez dit que « le génie féminin est nécessaire dans toutes les expressions de la vie de l’Église et de la société », et pourtant les femmes sont exclues des processus de prise de décision au sein de l’Église, surtout aux plus hauts niveaux, et de la prédication dans l’Eucharistie. Un important obstacle à l’étreinte totale de l’Église du « génie féminin » est le lien que les processus de prise de décision et de la prédication importante ont avec l’ordination sacerdotale. Voyez-vous un moyen pour séparer de l’ordination les rôles de leadership et la prédication à l’Eucharistie, de façon à ce que notre Église puisse être plus ouverte à recevoir le génie des femmes, dans un avenir très proche ?

Pape François
Nous devons distinguer ici différentes choses. La question est liée à la fonctionnalité, elle est très liée à la fonctionnalité, alors que le rôle de la femme va au-delà. Mais maintenant, je vais répondre à la question, puis nous parlerons… J’ai vu qu’il y avait des questions qui allaient plus loin.

Il est vrai que les femmes sont exclues des processus de prise de décision dans l’Église : pas exclues, mais l’insertion des femmes dans les processus de prise de décision y est très faible. Nous devons aller de l’avant. Par exemple – vraiment je n’y vois aucune difficulté – je crois que dans le Conseil pontifical de Justice et de Paix, la personne qui s’occupe du secrétariat est une femme, une religieuse. Une autre personne a été proposée, et je l’ai nommée, mais elle a préféré refuser parce qu’elle devait aller ailleurs accomplir d’autres travaux pour sa Congrégation. Il faut aller plus loin, parce que pour de nombreux aspects des processus de prise de décision, l’ordination n’est pas nécessaire. Elle n’est pas nécessaire. Dans la réforme de la Const. Ap Pastor Bonus, à propos des dicastères, quand il n’y a pas la juridiction qui vient de l’ordination – c’est-à-dire la juridiction pastorale – il n’y a pas d’écrits qui disent que cela pourrait être une femme, je ne sais pas chef dicastère, mais… Par exemple, pour les migrants : au dicastère pour les migrants une femme irait très bien. Et quand la juridiction est nécessaire – maintenant que les migrants entrent dans un dicastère – ce sera au Préfet de donner son accord. Mais, dans le processus ordinaire de prises de décision cela peut aller. Pour moi, l’élaboration des décisions est très importante : non seulement l’exécution, mais aussi l’élaboration, c’est-à-dire que les femmes, qu’elles soient consacrées ou laïques, entrent dans la réflexion du processus et dans la discussion. Parce que la femme regarde la vie avec ses propres yeux, et nous, les hommes, nous ne pouvons pas la regarder ainsi. Je parle de la façon de voir un problème, de voir n’importe quoi, chez une femme c’est différent par rapport à ce que cela représente pour l’homme. Ils doivent être complémentaires, et il est important que les femmes soient présentes pendant les consultations.

J’ai fait l’expérience à Buenos Aires d’un problème : en le voyant avec le Conseil presbytéral – donc que des hommes – il était bien traité ; mais le fait de le voir, ensuite, avec un groupe de femmes religieuses et laïques l’a enrichi, beaucoup, beaucoup, et cela a aidé à prendre une décision avec une vision complémentaire. Cela est nécessaire, c’est cela qui est vraiment nécessaire ! Et je pense qu’il faut continuer, ainsi, puis le processus de prise de décision viendra.

Il y a ensuite le problème de la prédication dans la célébration eucharistique. Il n’y a aucun problème qu’une femme – religieuse ou laïque – prêche dans la Liturgie de la Parole. Il n’y a pas de problème. Mais dans la célébration eucharistique, il y a un problème liturgique et dogmatique, parce que la célébration est une – la Liturgie de la Parole et la Liturgie eucharistique forme une unité – et celui qui la préside est Jésus-Christ. Le prêtre ou l’évêque qui préside, le fait dans la personne de Jésus-Christ. C’est une réalité théologique et liturgique. Dans cette situation, l’ordination des femmes n’existant pas, elles ne peuvent pas présider. Mais on peut étudier et expliquer davantage ce que je viens de dire très rapidement et un peu simplement.

En revanche, dans le leadership il n’y a pas de problèmes : nous devons aller de l’avant, avec prudence, mais en cherchant des solutions…

Il y a deux tentations ici, auxquelles il faut faire attention.

Le premier est le féminisme : le rôle de la femme dans l’Église n’est pas du féminisme, c’est un droit ! C’est un droit de baptisée avec les charismes et les dons que l’Esprit a donnés. Il ne faut pas tomber dans le féminisme, parce que cela réduirait l’importance d’une femme. Je ne vois pas, en ce moment, un grand danger par rapport à cela parmi les religieuses. Je ne le vois pas. Peut-être autrefois, mais pas en général, il n’existe pas.

L’autre danger, qui est une tentation très forte et j’en ai déjà parlé plusieurs fois, est le cléricalisme. Et cela est très fort. Sachons qu’aujourd’hui, plus de 60 % des paroisses – des diocèses je ne sais pas, ou seulement un peu moins – n’ont pas de conseil pour les affaires économiques et le conseil pastoral. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que telle paroisse et tel diocèse est conduit avec un esprit clérical, par le prêtre seulement, qui ne réalise pas la synodalité paroissiale, la synodalité diocésaine qui n’est pas une nouveauté de ce pape ! Non ! C’est dans le Droit canonique, c’est une obligation que le prêtre a d’avoir le conseil des laïques, pour et avec les laïques, hommes et femmes, les religieuses pour la pastorale et pour les affaires économiques. Et cela, ils ne le font pas. C’est cela le danger du cléricalisme aujourd’hui dans l’Église. Nous devons aller de l’avant et enlever ce danger, parce que le prêtre est un serviteur de la communauté, l’évêque est un serviteur de la communauté, mais il n’est pas le chef d’une société. Non ! C’est important. En Amérique latine, par exemple, le cléricalisme est très fort, il est très marqué. Quand les laïcs ne savent pas quoi faire, ils demandent au prêtre… c’est très fort. C’est pour cela que la prise de conscience du rôle des laïcs est très en retard. On a réussi à sauver un peu de cela seulement dans la piété populaire : parce que le protagoniste c’est le peuple et le peuple a fait les choses comme elles venaient ; et cet aspect n’intéressait pas vraiment les prêtres, et certains ne voyaient pas d’un bon œil ce phénomène de la piété populaire. Mais le cléricalisme est une attitude négative. Et il est complice, parce qu’il faut être deux, comme le tango qui se danse à deux… je m’explique : le prêtre veut cléricaliser le laïc ou la laïque, le religieux ou la religieuse, le laïc demande à être cléricalisé, parce que c’est plus facile. C’est très curieux. Moi, à Buenos Aires, j’ai connu cette expérience trois ou quatre fois : un bon prêtre vient vers moi et me dit : « Vous savez, j’ai un très bon laïc dans ma paroisse : il fait ceci, il fait cela, il sait organiser, il se donne de la peine, c’est vraiment un homme de valeur… On peut le faire diacre ? » C’est-à-dire : on le « cléricalise ? » « Non ! Laissons-le être un laïc. Ne le fais pas diacre ». C’est important. Voilà ce qui vous arrive, que le cléricalisme vous freine de nombreuses fois dans le développement licite des événements.

Je vais demander – peut-être le ferai-je arriver à la Présidente – à la Congrégation pour le Culte qu’il explique bien, de façon approfondie, ce que je viens de dire un peu légèrement à propos de la prédication dans la célébration de l’Eucharistie. Parce que je n’ai pas la théologie et la clarté suffisante pour l’expliquer maintenant. Mais il faut distinguer clairement entre la prédication dans une Liturgie de la Parole, et cela, on peut le faire, et la Célébration Eucharistique qui contient un autre mystère. C’est le Mystère du Christ présent et le prêtre ou l’évêque qui célèbrent in persona Christi.

Pour le leadership c’est clair… Oui je crois que ça peut être ma réponse en général à la première question. Voyons la seconde.

Deuxième question
Le rôle des femmes consacrées dans l’Église.

Les femmes consacrées travaillent déjà beaucoup auprès des pauvres et des exclus, elles enseignent le catéchisme, elles accompagnent les malades et les mourants, elles distribuent la communion, elles guident dans beaucoup de pays les prières communes en l’absence de prêtres et dans ces circonstances, elles prononcent l’homélie. Dans l’Église, il existe le bureau du diaconat permanent, mais il est ouvert seulement aux hommes, mariés ou pas. Qu’est-ce qui empêche à l’Église d’inclure les femmes parmi les diacres permanents, exactement comme cela s’est passé dans l’Église primitive ? Pourquoi ne pas constituer une commission officielle qui puisse étudier la question ? Pouvez-vous faire quelques exemples où vous verriez la possibilité d’une meilleure insertion des femmes et des femmes consacrées dans la vie de l’Église ?

Pape François
Votre question va dans le sens de « l’action » : les femmes consacrées travaillent déjà beaucoup auprès des pauvres, elles font beaucoup de choses… dans « l’action ». Et cela touche le problème du diaconat permanent. Certains pourraient dire que les “diaconesses permanentes” sont, dans la vie de l’Église, les belles-mères [il rit, elles rient]. En effet, cela remonte à l’Antiquité : il y a eu un début…. Je me rappelle qu’il s’agissait d’un thème qui m’intéressait assez quand je venais à Rome pour les réunions, et que je logeais à la Domus Paul VI ; là, il y avait un théologien syrien, un bon théologien, qui a fait l’édition critique et la traduction des Hymnes d’Ephrem le Syrien. Et un jour, je lui ai posé des questions à ce sujet, et il m’a expliqué que dans les premiers temps de l’Église, il y avait quelques “diaconesses”. Mais, qui sont ces diaconesses ? Avaient-elles été ordonnées ou pas ? Le concile de Chalcédoine (451) en parle, mais d’une façon un peu obscure. Quel était le rôle des diaconesses, à cette époque ? Il semble – me disait cet homme, qui est mort, c’était un grand professeur, un sage, un érudit – il semble que le rôle des diaconesses consistait à aider à baptiser les femmes, l’immersion, c’est elles qui les baptisait, pour le décorum, pour faire aussi l’onction sur le corps des femmes, dans le baptême. Et aussi une chose curieuse : quand il y avait un jugement matrimonial parce que le mari frappait sa femme et que celle-ci allait se plaindre à l’évêque, les diaconesses étaient chargées de constater les marques des coups de l’homme laissées sur le corps des femmes et en informer l’évêque. Je me souviens de cela. Il y a quelques publications sur le diaconat dans l’Église, mais ce n’est pas un témoignage clair de la façon dont cela se passait. Je crois que je demanderai à la Congrégation pour la doctrine de la foi qu’ils m’adressent les écrits sur ce thème, parce que moi, je vous ai répondu seulement en fonction de ce que j’avais entendu dire de la part de ce prêtre sur le diaconat permanent, qui était un chercheur érudit et compétent. Je voudrais en outre constituer une commission officielle qui puisse étudier la question : je crois que cela fera du bien à l’Église de clarifier ce point ; je suis d’accord, et je parlerai pour faire quelque chose comme ça.

Puis vous dites : « Nous sommes d’accord avec vous, Saint-Père, qui avez plusieurs fois ramené la nécessité d’un rôle plus incisif des femmes dans les postes de décision de l’Église ». Cela est clair. « Pouvez-vous donner quelques exemples où vous verriez la possibilité d’une meilleure insertion des femmes et des femmes consacrées dans la vie de l’Église ? » Je dirai quelque chose à ce propos plus tard, parce que j’ai vu qu’il y avait une question générale. Dans les consultations de la Congrégation pour les religieux, dans les assemblées, les femmes consacrées doivent y aller : ça, c’est sûr. Dans les consultations sur de nombreux problèmes qui y sont présentés, les femmes consacrées doivent y participer. Une autre chose : une meilleure insertion. En ce moment, des choses concrètes ne me viennent pas à l’esprit, mais à nouveau ce que j’ai dit auparavant : chercher l’opinion de la femme consacrée, parce que la femme voit les choses avec une originalité différente que celle des hommes et c’est un enrichissement : pour la consultation, pour la décision, pour le pragmatisme.

Ces tâches que vous faites auprès des pauvres, des exclus, enseigner le catéchisme, accompagner les malades et les mourants, sont des tâches très « maternelles », où la maternité de l’Église peut le mieux s’exprimer. Mais, il y a des hommes qui font la même chose, et qui le font bien : ce sont des hommes consacrés, des ordres hospitaliers…. Et cela est important.

Par conséquent, sur le diaconat, oui, j’accepte et je pense qu’il serait utile qu’une commission éclaircisse tout cela, surtout par rapport aux premiers temps de l’Église.

En ce qui concerne une meilleure insertion, je répète ce que j’ai dit auparavant.

S’il y a quelque chose à concrétiser, demandez-le maintenant : Y a-t-il une autre question, à propos de ce que je viens de dire, qui m’aide à réfléchir ? Allez-y…

Troisième question
Le rôle de l’Union internationale des supérieures générales

Quel rôle pourrait avoir l’Union internationale des supérieures générales, de façon à avoir une parole dans la pensée de l’Église, une parole qui soit écoutée, du moment qu’elle porte en soi la voix de deux mille instituts de religieuses ? Comment est-ce possible que, très souvent, nous soyons oubliées ou ne participions pas, par exemple à l’assemblée générale de la Congrégation des instituts de vie consacrée et aux sociétés de vie apostolique (CIVCSVA), là où l’on parle de la vie consacrée ? L’Église, peut-elle, se permettre de continuer à parler de nous, au lieu de parler avec nous ?

Pape François
Sœur Teresina, ayez un peu de patience, parce qu’il me vient à l’esprit ce qui m’avait échappé, à propos de la question précédente, à propos de « ce que peut faire la vie consacrée féminine ? » C’est un critère que vous devez revoir, que l’Église doit revoir elle aussi. Votre travail, le mien et celui de nous tous, est le service. Mais, moi, de nombreuses fois, je rencontre des femmes consacrées qui font un travail d’esclavage, et pas de service. C’est un peu difficile à expliquer, parce que je ne voudrais pas que vous pensiez à des choses concrètes, qui, peut-être, seraient une mauvaise pensée, parce que personne ne connaît bien les circonstances. Mais, par exemple, pensons à un prêtre, un prêtre que nous imaginons sûrement en train de dire : « Non, non, mon presbytère est tenu par deux sœurs » – « Et, ce sont elles qui le gèrent ? » – Oui, oui ! – « Et que font-elles comme apostolat, du catéchisme ? » – « Non, non, seulement cela ! ». Non ! Cela est de l’esclavage ! Dites-moi, mon père, si dans votre ville il n’y a pas de femmes compétentes, qui ont besoin de travailler. Prenez-en une, deux, qui fassent ce service. Ces deux sœurs, qu’elles aillent dans les écoles, dans les quartiers, avec les malades, avec les pauvres. Voilà le critère : un travail d’esclave mais pas de service ! Et quand, à vous Supérieures, on vous demande quelque chose qui soit plus d’esclavage que de service, soyez courageuses et dites « non ». Voilà un critère qui aide énormément, parce que quand on veut qu’une femme consacrée fasse un travail d’esclave, on dévalorise la vie et la dignité de cette femme. Sa vocation est de servir : servir l’Église, où qu’elle soit. Mais pas l’esclavage !

Voilà, [je réponds maintenant] à Teresina : « Quelle est, selon vous, la place de la vie religieuse apostolique féminine à l’intérieur de l’Église ? Que manquerait-il à l’Église s’il n’y avait plus de religieuses ? » Il manquerait Marie le jour de la Pentecôte ! Il n’y a pas d’Église sans Marie ! Il n’y a pas de Pentecôte sans Marie ! Mais Marie était là, elle ne parlait peut-être pas… Cela, je l’ai déjà dit, mais j’aime le répéter. La femme consacrée est une icône de l’Église, c’est une icône de Marie. Le prêtre n’est pas une icône de l’Église ; il n’est pas une icône de Marie : il est l’icône des apôtres, des disciples qui sont envoyés prêcher. Mais pas de l’Église ni de Marie. Quand je dis cela, je veux vous faire réfléchir sur le fait que « l’Église » est féminine ; l’Église est femme : on ne dit pas « un » mais « une » Église. Mais, c’est une femme mariée avec Jésus-Christ, elle a son Époux, qui est Jésus-Christ. Et quand un évêque est choisi pour un diocèse, l’évêque – au nom du Christ - épouse cette Église en particulier. L’Église est femme ! Et la consécration d’une femme la fait devenir icône de l’Église et icône de la Vierge Marie. Et cela, nous, les hommes, nous ne pouvons pas le faire. Cela vous aidera à approfondir, à partir de cette racine théologique, votre grand rôle dans l’Église. Et je voudrais que vous le gardiez à l’esprit.

Je partage tout à fait [à propos de la conclusion de la troisième question]. L’Église : l’Église, c’est vous, c’est nous tous. La hiérarchie – disons – de l’Église doit parler de vous, mais avant et pendant, elle doit parler avec vous ! Ça, c’est sûr. Dans l’Assemblée de la CIVCSVA vous devez être présentes. Oui, oui ! Et cela, je le dirai au Préfet : dans l’Assemblée, vous devez être présentes ! C’est clair, parce que parler des absents, ce n’est même pas évangélique : on doit pouvoir entendre, écouter ce que vous pensez, et puis nous déciderons ensemble. Je suis d’accord. Je n’imaginais pas tant de distance, vraiment. Et je vous remercie de l’avoir dit si courageusement et avec ce sourire. Je me permets de plaisanter. Vous l’avez fait avec ce sourire, et dans le Piémont on dit, le sourire de la mugna quacia [avec une expression ingénue]. Bravo ! Oui, vous avez raison à propos de cela. Je crois qu’il est facile de réformer, j’en parlerai avec le préfet. « Mais cette Assemblée générale ne parlera pas des religieuses, elle parlera d’une autre chose… » – « Il est nécessaire d’écouter les religieuses parce qu’elles ont une autre vision des choses ». C’est ce que j’avais dit auparavant : c’est important que vous soyez toujours insérées… Je vous remercie de votre question.

Une explication à ce sujet ? Quelque chose de plus à ajouter ? C’est clair ?

Rappelez-vous bien ceci : que manquerait-il à l’Église si les religieuses n’existaient pas ? Il manquerait Marie le jour de la Pentecôte. La religieuse est l’icône de l’Église et de Marie ; et l’Église est féminine, mariée à Jésus-Christ.

Quatrième question
Les obstacles que nous rencontrons comme femmes consacrées à l’intérieur de l’Église.

Très Cher Saint-Père, de nombreux instituts affrontent le défi d’apporter des nouveautés dans la forme de vie et dans les structures en revoyant les Constitutions. Cela apparaît difficile parce que nous nous heurtons au Droit canonique. Prévoyez-vous des changements dans le Droit Canonique, de façon à faciliter cette nouveauté ?
Par ailleurs, les jeunes ont aujourd’hui des difficultés à penser à un engagement permanent, que ce soit dans le mariage, que ce soit dans la vie religieuse. Pourrions-nous être ouverts à des engagements temporaires ?
Et puis, un autre aspect : en effectuant notre ministère en solidarité avec les pauvres et les exclus, souvent à tort nous sommes considérées comme des militantes sociales ou comme si nous prenions des positions politiques. Certaines autorités ecclésiales voudraient que nous soyons plus mystiques et moins apostoliques. Quelle valeur est donnée à la vie consacrée apostolique et aux femmes en particulier, de la part de certaines parties de l’Église hiérarchique ?

Pape François
Premièrement : les changements qu’il faut faire pour assumer de nouveaux défis : Vous avez parlé de nouveautés, nouveautés dans le sens positif, si j’ai bien compris, de nouvelles choses qui arrivent… Et l’Église est maître en cela, parce qu’elle a dû beaucoup, beaucoup, beaucoup changer tout au long de l’histoire. Mais à chaque changement, il faut avoir le discernement, et il ne peut y avoir discernement sans la prière. Comment arrive-t-on au discernement ? La prière, le dialogue, puis le discernement en commun. Il faut demander le don du discernement, savoir discerner. Par exemple, un entrepreneur doit faire des changements dans sa société : il évalue avec pragmatisme, et ce que lui dit sa conscience, il le fait. Dans notre vie, on a affaire à un autre personnage : l’Esprit Saint. Et pour faire un changement, nous devons évaluer toutes les circonstances concrètes, cela est vrai, mais pour entrer dans un processus de discernement avec l’Esprit Saint, il faut prier, dialoguer et discerner ensemble. Je crois que, sur ce point, nous ne sommes pas bien formés - quand je dis « nous, je parle aussi des prêtres - à discerner les situations, et nous devons chercher à avoir l’expérience et à trouver des personnes qui nous expliquent bien comment se fait le discernement : un bon père spirituel qui connaisse bien ces choses-là, et qui nous explique qu’il ne s’agit pas d’un simple « pour ou contre », faire la somme des deux, et voilà. Non, c’est autre chose. Chaque changement qu’il faut faire, demande d’entrer dans ce processus de discernement. Et cela vous donnera plus de liberté, oui, plus de liberté ! Le Droit canonique, au siècle dernier, a été modifié – si je ne me trompe - par deux fois : en 1917 et puis sous Saint Jean-Paul II. De petits changements peuvent advenir, et se font. Ces derniers, en revanche, ont été deux changements de tout le Code. Le Code est une aide disciplinaire, une aide pour le salut des âmes, pour tout cela : c’est l’aide juridique de l’Église pour les processus, pour de nombreuses choses, mais qui, au cours du siècle dernier, a été complètement modifiée, refaite. C’est ainsi que des parties peuvent changer. Il y a deux mois, une demande de changer un canon, si je me souviens, nous est arrivée…. J’ai demandé l’étude de ce dossier et le Secrétaire d’État a procédé aux consultations, et tous étaient d’accord que oui, il fallait opérer un changement pour le bien de tous, et ça a été fait. Le Code est un outil, cela est très important. Mais j’insiste : ne jamais faire un changement sans faire un processus de discernement, personnel et communautaire. Et cela vous donnera la liberté, parce que vous placez là, dans le changement, l’Esprit Saint. C’est ce qu’a fait Saint Paul, Saint Pierre lui-même, quand il a entendu que le Seigneur le poussait à baptiser les païens. Quand nous lisons le livre des Actes des Apôtres, nous nous émerveillons de tant de changements, tant de changements… C’est l’Esprit ! Cela est intéressant : dans le livre des Actes des Apôtres, les protagonistes ne sont pas les apôtres, c’est l’Esprit. « L’Esprit a forcé à faire ceci » ; « l’Esprit dit à Philippe : va là-bas et là-bas, tu trouveras le ministre de l’économie, et baptise-le » ; « L’Esprit agit », « l’Esprit dit : non, ne venez pas ici… » C’est l’Esprit. C’est l’Esprit qui a donné aux apôtres le courage de faire ce changement révolutionnaire de baptiser les païens sans suivre la voie de la catéchèse hébraïque ni des pratiques hébraïques. C’est intéressant : dans les premiers chapitres, il y a la Lettre, que les apôtres, après le Concile de Jérusalem, envoient aux païens convertis. Ils racontent tout ce qu’ils ont fait : « l’Esprit Saint et nous avons décidé cela ». Voilà un exemple de discernement qu’ils ont fait. Chaque changement, faites-le ainsi, avec l’Esprit Saint. C’est-à-dire : discernement, prière et aussi évaluation concrète des situations.

Et en ce qui concerne le Code il n’y a pas de problème, c’est un outil.

En ce qui concerne l’engagement permanent des jeunes. Nous vivons dans une « culture du provisoire ». Un évêque me racontait, il y a quelque temps, qu’un jeune universitaire était allé le voir, il avait fini l’université, il avait 23/24 ans, et lui avait dit : « Moi, je voudrais devenir prêtre mais seulement pour 10 ans ». C’est la culture du provisoire. Dans le cas du mariage, c’est pareil. « Moi, je t’épouse jusqu’à ce que l’amour dure et puis au revoir ». Mais l’amour intense, au sens hédonistique, dans le sens de la culture d’aujourd’hui. Évidemment, ces mariages sont nuls, ils ne sont pas valables. Ils n’ont pas conscience de la perpétuité d’un engagement. Dans le mariage, c’est ainsi. Dans l’Exhortation apostolique Amoris laetitia lisez la problématique, elle se trouve dans les premiers chapitres, et lisez comment préparer au mariage. Quelqu’un me disait : « ça moi, je ne le comprends pas, pour devenir prêtre, vous devez étudier, vous préparer huit ans, plus ou moins. Et puis, si ça ne marche pas, ou si tu tombes amoureux d’une jolie fille, l’Église est permissive : vas-y, marie-toi, commence une nouvelle vie. Pour se marier – qui est pour toute la vie, qui est « pour » la vie - la préparation dans beaucoup de diocèses consiste à trois ou quatre conférences… Mais ce n’est pas juste ! Comment un prêtre peut-il signer qu’ils sont préparés au mariage, avec cette culture du provisoire, après seulement quatre explications ? C’est un problème très sérieux. Dans la vie consacrée, cela m’a toujours frappé – de façon positive - l’intuition de Saint Vincent de Paul : il a vu que les Sœurs de la Charité devaient faire un travail si intense, si « dangereux », juste à la frontière, que chaque année, elles devaient renouveler leurs vœux. Seulement pour une année. Mais, il l’avait fait comme un charisme, pas comme une culture du provisoire : pour donner la liberté. Je crois que dans la vie consacrée, les vœux temporaires facilitent cela. Et je ne sais pas, réfléchissez, mais je serais plutôt favorable, peut-être, à prolonger, un peu, les vœux temporaires, en fonction de cette culture du provisoire que les jeunes ont aujourd’hui : c’est… prolonger le temps des fiançailles avant de célébrer le mariage ! Cela est important.

[Le Pape répond maintenant à une partie de la question qui n’a pas été lue, mais qui était écrite]

Les demandes d’argent dans nos Églises locales. Le problème de l’argent est un problème très important, dans la vie consacrée comme dans l’Église diocésaine. Nous ne devons jamais oublier que le diable entre « par les poches » : que ce soient les poches de l’évêque, que ce soient les poches de la Congrégation. Cela touche le problème de la pauvreté, j’en parlerai après. Mais l’avidité d’argent est la première étape de corruption d’une paroisse, d’un diocèse, d’une Congrégation de vie consacrée, c’est la première étape. Je crois que c’était à ce propos : le paiement pour les sacrements. Écoutez, si quelqu’un vous demande cela, dénoncez le fait. Le salut est gratuit. Dieu nous a envoyés gratuitement ; le salut est comme « une perte de gratuité ». Il n’y a pas de salut qui doive se payer, il n’y a pas de sacrements qui soient payants. C’est bien clair ? Je sais, j’ai vu dans ma vie de la corruption à ce sujet. Je me souviens d’un cas, je venais d’être nommé évêque, j’avais le quartier le plus pauvre de Buenos Aires : elle est divisée en quatre vicariats. Là, il y avait beaucoup de migrants du continent américain, et il arrivait que lorsqu’ils se mariaient, les prêtres disaient : « Ces gens-là n’ont pas leurs certificats de baptême ». Et lorsqu’ils le demandaient dans leurs pays d’origine, on leur répondait : « Oui, mais envoyez-moi auparavant 100 dollars – je me souviens d’un cas – et puis je te l’envoie ». J’ai parlé avec le cardinal, le cardinal a ensuite parlé avec l’évêque de tel endroit… Mais entretemps, les gens pauvres pouvaient se marier sans leurs certificats de baptême, avec le serment de leurs parents ou de leurs parrains. C’est cela le paiement, non seulement du sacrement mais des certificats. Je me souviens d’une fois, à Buenos Aires, où un jeune, qui devait se marier, est allé à la paroisse pour demander le nulla osta afin de pouvoir se marier dans une autre [paroisse] : c’est un moyen très simple. La secrétaire lui a dit : « Oui, repassez demain, venez demain, il sera prêt, et cela coûte tant » : une belle somme. Mais c’est un service : cela consiste seulement à constater les données personnelles de quelqu’un et à remplir un formulaire. Et lui – un jeune avocat, compétent, très fervent, très bon catholique – il est venu me demander : « Maintenant, que dois-je faire ? » – « Vas-y demain et dis-lui que tu as envoyé le chèque à l’archevêque, et que l’archevêque lui donnera le chèque ». Le commerce de l’argent.

Mais nous touchons ici, un problème sérieux, qui est le problème de la pauvreté. Moi, je vous dis une chose : quand un institut religieux – et cela vaut aussi pour d’autres situations –, mais quand un institut religieux sent qu’il va mourir, il ressent son incapacité à attirer de nouveaux éléments, il comprend peut-être que le temps durant lequel le Seigneur avait choisi cette Congrégation s’est écoulé, et la tentation, c’est l’avidité. Pourquoi ? Parce qu’ils pensent : « Nous avons au moins l’argent pour notre vieillesse. » Cela est grave. Et quelle est la solution que donne l’Église ? L’union de différents instituts qui ont le même charisme, et continuer. Mais jamais, non jamais l’argent n’est une solution aux problèmes spirituels. C’est une aide nécessaire, mais ni plus ni moins. Saint Ignace disait, à propos de la pauvreté, que c’est la « mère » et le « mur » de la vie religieuse. Elle nous fait grandir dans la vie religieuse comme mère, et elle la préserve. Et la décadence commence quand la pauvreté manque. Je me souviens, dans un autre diocèse, quand un couvent de sœurs, très important, devait refaire la maison des sœurs parce qu’elle était trop ancienne, on devait la refaire, et ils ont fait un très bon travail. Ils ont fait un bon travail. Mais, à ce temps-là, – je parle des années 93, 94 plus ou moins – ils disaient : « Faisons toutes les commodités, la chambre avec salle de bains privée, et tout, et même le téléviseur… ». Dans ce couvent, qui était si important, de 14h à 16h, il n’y avait pas de sœurs au couvent : elles étaient toutes dans la salle en train de regarder un feuilleton ! C’est le manque de pauvreté, et cela conduit à la vie confortable, aux bizarreries… C’est un exemple, peut-être le seul au monde, mais pour comprendre le danger de trop de confort, du manque de pauvreté ou d’une certaine austérité.

[Une autre partie de la question pas lue mais écrite]

Les religieuses ne reçoivent pas un salaire pour les services qu’elles rendent, comme le reçoivent les prêtres. Comment pouvons-nous montrer un visage attrayant avec notre subsistance ? Comment pouvons-nous trouver les ressources financières nécessaires pour accomplir notre mission ?

Pape François
Je vais vous dire deux choses. D’abord : regarder votre charisme, l’intérieur de votre charisme – chacun a le sien – et quelle est la place de la pauvreté, parce qu’il y a des congrégations qui exigent une vie de pauvreté très, très forte ; d’autres, pas beaucoup, et toutes deux sont approuvées par l’Église. Chercher la pauvreté selon votre charisme. Ensuite : les économies. Il est prudent d’avoir des économies ; il est prudent d’avoir une bonne administration, peut-être avec des investissements, cela est prudent ; pour les maisons de formation, pour poursuivre les œuvres de pauvreté, les écoles pour les pauvres, les travaux apostoliques, ... une fondation de sa congrégation : cela, on doit le faire. De la même façon que la richesse peut faire du mal et corrompre la vocation, la misère aussi. Si la pauvreté devient misère, cela aussi fait mal. Là, on voit la prudence spirituelle de la communauté dans le discernement commun : le trésorier informe, tous parlent, oui, c’est trop, non, ce n’est pas trop… cette prudence maternelle. Mais, de grâce, ne vous laissez pas tromper par les amis des congrégations, qui, ensuite, vous « plumeront » et vous enlèveront tout. J’ai vu tant de maisons, ou d’autres m’ont parlé, de sœurs qui avaient tout perdu parce qu’elles s’étaient fiées à un tel…. « Très ami de la congrégation » ! Il y a tant de sournois, tant de sournois. La prudence consiste à ne pas consulter une seule personne : quand vous en avez besoin, consultez différentes personnes. L’administration des biens est une responsabilité très grande, très grande, dans la vie consacrée. Si vous n’avez pas le nécessaire pour vivre, dites-le à l’évêque. Dire à Dieu : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », le vrai. Mais il faut parler avec l’évêque, avec la Supérieure générale, avec la Congrégation pour les religieux. Pour le nécessaire, parce que la vie religieuse est un chemin de pauvreté, mais pas un suicide ! C’est cela la saine prudence. Est-ce que tout cela est clair ?

Et ensuite, là où se trouvent les conflits pour ce que les Églises locales vous demandent, il faut prier, discerner et avoir le courage, quand il le faut, de dire « non » ; et avoir la générosité quand il faut dire « oui ». Mais vous voyez combien le discernement est nécessaire de toute façon !

Question (reprise)
Alors que nous effectuons notre ministère, nous restons solidaires des pauvres et des exclus, nous sommes souvent à tort considérées comme des militantes sociales ou comme si nous prenions des positions politiques. Certaines autorités ecclésiales regardent d’un œil négatif notre ministère, en soulignant que nous devrions être plus concentrées sur une forme de vie mystique. Dans ces circonstances, comment pouvons-nous vivre notre vocation prophétique.

Réponse (continue)
Oui. Toutes les religieuses, toutes les femmes consacrées doivent vivre de façon mystique, parce qu’il s’agit d’une noce ; votre vocation c’est celle de la maternité, c’est la vocation d’être à la place de Notre Mère l’Église et de Notre Mère Marie. Mais, ceux qui vous disent cela, pensent qu’être mystiques, c’est être une momie, toujours en train de prier... Non, non. Il faut prier et travailler chacune selon son charisme ; et quand le charisme vous conduit à poursuivre avec les réfugiés, avec les pauvres, vous devez le faire, et on vous traitera de « communistes » : c’est le moindre qu’ils vous diront. Mais vous devez le faire. Parce que le charisme vous conduit vers cela. En Argentine, je me souviens d’une sœur : elle a été provinciale de sa congrégation. Une femme bonne, elle travaille encore… elle a presque mon âge, oui. Elle travaille contre les trafiquants de jeunes, de personnes. Je me souviens, dans le gouvernement militaire en Argentine, ils voulaient l’envoyer en prison, et faisaient pression sur l’archevêque, sur la supérieure provinciale, avant qu’elle-même ne devienne provinciale, « parce que cette femme est communiste ». Et cette femme a sauvé beaucoup de jeunes filles, beaucoup ! Et oui, c’est la croix. Qu’ont-ils dit de Jésus ? Qu’il était Belzébuth, qu’il avait le pouvoir de Belzébuth. La calomnie, soyez-y préparées. Si vous faites le bien, en priant, devant Dieu, en assumant toutes les conséquences de votre charisme et que vous allez de l’avant, préparez-vous à la diffamation et à la calomnie, parce que le Seigneur a choisi cette voie-là pour lui ! Et nous, évêques, nous devons préserver ces femmes qui sont icône de l’Église, quand elles font des choses difficiles et qu’elles sont calomniées, et qu’elles sont persécutées. Être persécutés, c’est l’ultime des Béatitudes. Le Seigneur nous a dit : « Bienheureux les persécutés, bienheureux ceux que l’on insultera » et tout cela. Mais, ici, le danger peut être : « Je fais comme bon me semble » – non, non : toi, écoute cela, ils te persécuteront : parle. Avec ta communauté, avec ta supérieure, parle avec tout le monde, cherche un conseil, discerne : la Parole, une autre fois. Et cette religieuse dont je vous parle, un jour, je l’ai trouvée en train de pleurer, et elle me disait : « Regarde la lettre que j’ai reçue de Rome – je ne dirai pas d’où - : que dois-je faire - ? « Tu es fille de l’Église ? » – « Oui ! » – « Tu veux obéir à l’Église ? » – « Oui ! » – « Réponds que tu seras obéissante à l’Église, et puis va voir ta supérieure, va dans ta communauté, va voir ton évêque – c’était moi – et l’Église te dira ce que tu dois faire. Mais pas une lettre qui vient de 12 000 km ». Parce que là-bas, un ami des ennemis de la sœur, avait écrit, elle avait été calomniée. Soyez courageuses, mais avec humilité, discernement, prière et dialogue.

Conclusion
Une parole d’encouragement à nous leader, qui supportons le poids de la journée.

Pape François
Mais trouvez le souffle ! Le repos, parce que beaucoup de maladies viennent du manque de repos, reposez-vous en famille… C’est important pour supporter le poids de la journée.

Vous mentionnez aussi les sœurs âgées et malades. Mais ces sœurs sont la mémoire de l’Institut, ces sœurs sont celles qui ont semé, qui ont travaillé, et qui maintenant sont paralytiques ou très malades ou mises de côté. Ces sœurs prient pour l’Institut. C’est très important, qu’elles se sentent entraînées dans la prière pour l’Institut. Ces sœurs ont aussi une grande expérience : certaines plus que d’autres. Écoutez-les ! Allez les voir : « Dites-moi, ma Sœur, que pensez-vous de ceci, de cela ? » Qu’elles se sentent consultées et de leur sagesse, sortira un bon conseil. Soyez-en sûres.

Voici ce qu’il me vient à l’esprit. Je sais que je me répète et que je dis les mêmes choses, mais la vie est ainsi… J’aime entendre les questions, parce qu’elles me font réfléchir et je me sens comme un gardien de but, qui reste là, et attend de voir d’où vient le ballon…. Cela est bon, et vous le faites, vous aussi dans le dialogue.

Ces choses, que j’ai promis de faire, je vais les faire. Et priez pour moi, je priai pour vous. Et on va de l’avant. Notre vie est pour le Seigneur, pour l’Église et pour les gens, qui souffrent tant et qui ont besoin de la caresse du Père, à travers vous ! Merci !

Je vous propose quelque chose : finissons avec notre Mère. Que chacune de vous, dans sa langue, prie l’Ave Maria. Moi, je la dirai en espagnol.

Ave Maria…

Bénédiction.

Et priez pour moi, que je puisse bien servir l’Église.

(*) Traduction de Sophie Lafon pour La DC. Titre de La DC.