Le rite de la profession Perpétuelle chez les Servantes des Pauvres, oblates bénédictines


La différence fondamentale entre le rite de la Profession Perpétuelle et celui des vœux temporaires semble être celle-ci : il ne s’agit plus de l’engagement d’une seule personne, un engagement à la conversion, mais il s’agit de la conclusion d’une alliance entre deux personnes, entre Jésus et l’âme qu’il se consacre : ce n’est plus une cérémonie d’engagement mais de noces.
Il faut distinguer 5 grandes étapes :

1.- Appel et interrogatoire
La réponse de la sœur est chaque fois : ‘Volo’ : ‘Je le veux’. C’est une réponse libre dans laquelle l’âme s’engage totalement. Ces 4 Volo sont un OUI à Dieu, à la grâce, à l’Amour, à la force divine espérée.
« Voulez-vous, par la Profession Perpétuelle, être unie à Dieu plus étroitement ? »
« En suivant l’Évangile avec ferveur et en gardant la Règle de Saint Benoît, voulez-vous tendre, avec constance et fermeté, à la Charité parfaite envers Dieu et le prochain ? »
« Empressée à l’œuvre de Dieu, à l’obéissance et à l’humilité, voulez vous n’avoir rien de plus cher que le Christ ? » En ces quelques mots se trouve le résumé et la somme de toute la Règle de Saint Benoît.
« Avec la force de l’Esprit Saint, voulez-vous offrir généreusement toute votre vie au service des Pauvres ? » L’amour du prochain, du plus pauvre prochain : voici le « cachet Servantes des Pauvres » apposé à notre Consécration. Et « c’est l’Esprit Saint qui forme et façonne l’esprit de ceux qui sont appelés en les configurant au Christ chaste, pauvre et obéissant et en les poussant à faire leur sa mission. »

2.- Prostration et Supplication litanique
La grâce divine est implorée à travers l’intercession de tous les saints, dans la grande supplication. Pendant que le chœur chante les Litanies des Saints, la Professe s’allonge de tout son corps sur le sol à l’imitation des ordinands. Que signifie cette attitude ? Rappelons-nous la prière que formule le célébrant en cet instant : « Que Dieu daigne envoyer sur sa servante choisie par Lui afin de se la consacrer, l’effusion surabondante de l’Esprit Saint… » Nous implorons l’intervention divine. La prostration est signe d’attente et d’humilité de la créature face à la transcendance du Créateur. Elle est expression du désir d’être ensevelie avec le Christ, de faire mourir en elle le vieil homme afin que renaisse l’homme nouveau, dans la victoire du Ressuscité.

3.- Profession Perpétuelle : lecture de la Charte et chant du Suscipe
La promesse orale : « oui, je le veux », est complétée par la lecture de la charte. « Car il y a une charte, ce que St Benoît appelle la petitio, une garantie juridique nouvelle, suppléant à ce que les paroles ont nécessairement de fugitif. Saint Benoît veille à ce qu’elle constitue un instrument en bonne et due forme :
- Elle est écrite de la main même du candidat.
- Elle est datée, datée surtout par le nom de la Prieure Générale entre les mains de laquelle on fait profession.
- Elle est signée sur l’autel. Désormais, la promesse et l’offrande de la professe sont choses sacrées, et selon Saint Benoît lui-même, on conservera la charte aux archives de la congrégation et on ne la rendra jamais à la sœur.
« Suscipe me » : Recevez-moi Seigneur, selon votre parole et je vivrai ; je ne serai pas confondue dans mon attente ». La professe est debout en face de Dieu. Et le sens général de sa prière, chantée, et rendue plus expressive encore par les gestes liturgiques (bras étendu, prostration) est sans doute celui d’une affirmation suprême de l’oblation, mais surtout une humble et confiante demande d’acceptation. Après avoir accompli tout ce qui est en son pouvoir, la sœur supplie le Seigneur de remplir à son tour les engagements qu’entraîne pour lui le contrat. Ces engagements, c’est de recevoir, c’est d’accueillir. Dieu a donné sa parole. Sa fidélité est engagée. La professe est sûre que Dieu ne se dérobera pas ; mais elle Lui demande qu’il en soit bien ainsi et qu’Il daigne la prendre pour épouse.

4.- Prière de consécration religieuse
Seigneur, tu as appelé un grand nombre de femmes à suivre le Christ ; en gardant sa parole, elles ont reçu la dignité d’épouses.
Et, l’Église, enrichie de tant de merveilles, brille comme une Épouse parée de ses bijoux, comme une Reine drapée de majesté, comme une Mère heureuse au milieu de ses enfants.
Et maintenant, Père, nous t’en prions :
Mets au cœur de tes filles le feu de l’Esprit Saint, pour qu’il rende plus ardent le projet de vie qu’il leur a inspiré.
Que l’éclatante lumière de leur baptême resplendisse en leur vie.
Que leur consécration fasse grandir leur amour pour toi.
Que rien ne les sépare jamais du Christ leur unique Époux.
Qu’elles aient pour l’Église, leur Mère, un dévouement sans bornes ; qu’elles soient pour tous les hommes des signes de l’amour de Dieu et des témoins du Royaume qui vient.
Seigneur, Père Saint, dans ta miséricorde, guide-les, veille sur leurs pas.
Le jour où elles te rencontreront, qu’elles n’aient pas à craindre les paroles d’un Juge, mais qu’elles entendent la voix de l’Époux les invitant à partager sa joie.

5.- Remise des insignes de la Profession.
Le manteau de chœur : « Recevez ce vêtement religieux, signe de votre consécration à Dieu ; souvenez-vous qu’il vous faut revêtir le Christ et le révéler au monde par toute votre conduite. » « Que le Seigneur vous remplisse de zèle pour l’œuvre de Dieu, afin que vous ayez toujours sur les lèvres la louange de Dieu, et intercédiez pour le salut du monde. »
Le voile : « Recevez ce voile sacré. Il fera connaître que vous voulez vous soumettre au Christ Jésus comme son épouse, dans la sincérité, l’humilité, l’entier bon vouloir du cœur. Qu’il vous préserve de tout mal et vous conduise à la vie éternelle. »
L’anneau : « Recevez l’anneau de la foi, le sceau de l’Esprit Saint, pour porter désormais le titre d’épouse de Jésus-Christ et mériter, si vous le servez fidèlement, la couronne éternelle. »

Site internet : http://www.servantesdespauvres-osb.org