Les maristes renouvellent leur promesse à Fourvière

La famille mariste se retrouve samedi 23 juillet à Lyon pour célébrer le bicentenaire de la promesse de Fourvière, qui a donné naissance à la Société de Marie.


Alexandre ne passe pas inaperçu avec son tee-shirt frappé d’une feuille d’érable et portant l’inscription « Maristes Canada ». Bien sûr, on le lui a dit lors de sa scolarité, lorsqu’il posait la question sur ce que signifiait être mariste : « Un mariste est présent, mais discret. » Et cela convenait bien à ce Québécois de 22 ans. « J’étais un adolescent introverti, gardant ma foi pour moi. J’ai ainsi appris à être moi-même, avec humilité. » Mais cette semaine, ce futur enseignant a dérogé à la devise. Il a ressorti du placard son vieux tee-shirt, signe de son attachement à cette famille spirituelle dans laquelle s’est construite sa foi.

Comme lui, 400 jeunes ont convergé cette semaine des quatre coins du monde vers Lyon. Au programme de cette Rencontre internationale des jeunes maristes, une session de formation, avant de s’envoler pour les JMJ de Cracovie. « Nous représentons des dizaines de nationalités », s’enthousiasme ¬Marie-Sophie, étudiante française en école dentaire, elle aussi scolarisée chez les maristes, et qui compte bien approfondir son cheminement avec Marie. « Notre mère à tous ! Elle nous aide à arriver à Jésus », dit la jeune femme.

Implantés dans le Pacifique sud.«  »
Cet élan est né voilà deux siècles tout juste. C’était un 23 juillet, dans le sanctuaire de Fourvière. Douze jeunes prêtres et séminaristes y font la promesse solennelle de fonder la Société de Marie. La famille mariste compte aujourd’hui quatre branches religieuses et une branche laïque (lire ci-dessous). Elles seront toutes présentes, samedi, pour une célébration commune dans la basilique de Fourvière. Mille personnes sont attendues.
« C’est rarissime que nous sommes tous ainsi réunis », salue un père mariste, dans les couloirs de La Neylière. C’est dans cette vaste propriété rurale, à Pomeys (Rhône), qu’est enterré le P. Jean-Claude ¬Colin, fondateur de l’ordre. Ici aussi que les formateurs du monde entier viennent se ressourcer. Certains en profitent pour explorer le musée riche des objets rapportés des missions en Océanie, où les a envoyés le pape au XIXe siècle.
Les pères maristes sont encore fortement implantés dans le Pacifique sud. C’est là qu’ils comptent plusieurs évêques (Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Vanuatu, îles Cook). Plus au nord, c’est aux Philippines, à Davao, que se situe leur seul noviciat international. « Il y a sept novices cette année », indique le P. Denis Revi, originaire du Vanuatu, qui y assiste un religieux philippin. C’est peu, comme dans nombre de congrégations.

En France dans les quartiers populaires
Mais les maristes comptent sur une force reçue dès les prémices de la Société de Marie : l’importance accordée aux laïcs. Elle s’exprime aujourd’hui notamment dans la mission éducative, transversale à toutes les branches de l’ordre. Ainsi des écoles sous tutelle des pères – sept établissements en France, scolarisant 13 200 élèves, du primaire au master. S’ils nomment les chefs d’établissement, aucun père mariste parmi eux. Et aucun n’y enseigne plus. Mais l’esprit est insufflé au quotidien par une association publique de fidèles, « Maristes en éducation ». « Cent trente enseignants, éducateurs ou chefs d’établissement, qui renouvellent régulièrement leur engagement, détaille Bruno Chanel, délégué du provincial à la tutelle scolaire. Nous sommes en cela à l’avant-garde de la réflexion concernant la place des laïcs dans les établissements de l’enseignement catholique. »
Les maristes s’adaptent ainsi aux temps. Eux qui ont l’habitude « d’être présents auprès de tout ce qui germe, de tout ce qui émerge, comme le fit Marie, première disciple », apprécie Alexandra Y. Boulet, ancienne journaliste, et laïque engagée depuis un an. En France, pour les frères maristes des écoles, c’est dans les quartiers populaires, où ils envisagent la création de deux centres sociaux. Ailleurs dans le monde, pour les pères maristes, c’est en constituant un réseau de paroisses au cœur des grandes métropoles.
« Des endroits qui concentrent la richesse du monde, mais aussi la pauvreté spirituelle, glisse le P. ¬Denis Revi. Les maristes continuent à choisir les lieux les plus isolés, les plus difficiles, pour y créer une présence accueillante. » Le prêtre célèbre régulièrement dans une prison surpeuplée de Davao et dans un hôpital psychiatrique. Des lieux en marge également investis par des laïcs, ailleurs dans le monde. « Nous sommes sur des terrains délicats, exigeant une présence longue et discrète, de l’attention, de la proximité, résume Alexandra Y. Boulet. C’est une façon finalement assez féminine d’être au monde. » Fidèle en cela à la promesse de donner un visage marial à l’Église.

Une famille à cinq branches
Frères maristes. L’Institut des Frères maristes est fondé par saint Marcellin Champagnat en 1817. Les 3 270 frères des écoles scolarisent 455 000 élèves dans 81 pays. Sans compter les nombreuses universités dont ils ont la charge, notamment en Amérique latine.
Pères maristes. Fondée en France en 1836 par le vénérable Jean-Claude Colin, la Société
de Marie compte 800 membres, répartis dans 27 pays.
Sœurs maristes. Une première communauté naît dès 1823. Elles sont 280, présentes dans 14 pays.
Sœurs missionnaires de la Société de Marie. Congrégation enracinée en Océanie comme en Europe, elle compte 500 membres. Comme les sœurs maristes, elles demeurent fortement impliquées dans les missions éducatives, singulièrement auprès des enfants marginalisés.
Laïcs maristes. Environ 400 laïcs ont formulé un engagement solennel de par le monde. En tout, plus d’un millier de
personnes sont impliquées.

Bénévent Tosseri, à Pomeys (Rhône)

Source : http://www.la-croix.com
Découvrir la famille Mariste : http://www.maristes-france.org/