Missionnaires de l’espérance et de la joie en monde populaire (2/4)


Les 1er, 2 et 3 mai 2015, ils faisaient partie des 700 jeunes religieux et religieuses qui ont participé en région parisienne au rassemblement « Brother & Sister Act II ». Issus du monde populaire ou/et investis dans des quartiers marqués par la précarité et le cosmopolitisme, ils vivent avec discrétion mais passion leur mission d’annonce que Dieu aime tout homme. Par Chantal Joly

Benjamin V., fils de la Charité : « J’apprends l’humilité »
« Banlieue signifie mis au ban. On devrait tous se précipiter dans ces lieux de relégation et de fracture puisque Jésus est venu pour les pauvres », observe Benjamin, 33 ans, Fils de la Charité, membre de l’équipe de prêtres en charge des trois paroisses de Saint-Ouen. C’est dans cette commune arc-en-ciel de Seine-Saint-Denis et cette « Église vivante » avec près de « 70% de chrétiens issus de l’immigration interne (les Antilles) et externe (d’Afrique Noire principalement) » que ce fils d’agriculteurs de Dordogne vit de façon épanouie sa vocation de religieux. « Jamais, raconte-t-il, je ne me suis questionné sur le lieu où l’institut, j’étais sûr de vouloir être apostolique et dans les milieux populaires. La seule question qui m’a taraudé était de savoir si j’étais vraiment appelé à la vie religieuse ». Benjamin a cheminé sur cette route du discernement avec les Fils de la Charité. Voulant devenir éducateur spécialisé, il s’est vu proposer deux ans de volontariat dans le cadre de leur programme Jeunes Mission Banlieues puis a découvert avec eux « la vie en communauté et des prêtres simples et attentifs dans leur rapport aux gens ». Les Jésuites, qui lui ont permis « un vrai travail personnel autour de la mémoire et de l’Histoire » au cours de ses études de théologie et de philosophie au Centre Sèvres restent « une référence » mais « logiquement », c’est chez les Fils de la Charité qu’il a prononcé ses vœux. À Saint-Ouen où il a été en insertion et où il termine sa troisième année en mission, près de 80% de son temps est consacré, outre le cultuel, à la Pastorale des Jeunes. Son rôle ? « Accueillir tous ceux qui passent, réaliser l’unité dans la diversité, les aider à relire leurs expériences en les hiérarchisant et en voyant comment Dieu y est déjà présent ». Dans cette communauté chrétienne « pauvre en ressources financières et humaines », Benjamin témoigne être « ébahi par la confiance en Dieu des gens simples ». « Une des choses que j’apprends ici, explique-t-il, c’est l’humilité ». Il aimerait leur manifester la même « bienveillance » que le Christ.

Source : http://www.eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/eglise-aux-peripheries/393984-missionnaires-de-lesperance-et-de-la-joie-en-monde-populaire/