Ouverture de l’Année de la vie consacrée : homélie du card. Braz de Aviz


ROME, 1 décembre 2014 (Zenit.org) - Le cardinal Braz de Aviz rappelle les exigences indiquées par le pape François pour l’Année de la vie consacrée dans sa lettre apostolique « Témoignage de la Joie », publiée vendredi, 28 novembre, en italien. Il a aussi rappelé les "trois paroles programmatiques" indiquées dans son message pour ce 30 novembre : joie, courage et communion.

Le cardinal Joao Braz de Aviz, préfet du dicastère romain pour la vie consacrée, a présidé au nom du pape François, la messe d’ouverture de l’Année de la vie consacrée, ce dimanche, 30 novembre, en la basilique Saint-Pierre de Rome.

Le cardinal brésilien a rappelé cinq points de la lettre apostolique du pape. Le cinquième point est un examen de conscience : « Je m’attends à ce que chaque forme de vie consacrée s’interroge sur ce que Dieu et l’humanité d’aujourd’hui demandent … C’est seulement grâce à cette attention aux besoins du monde et dans la docilité aux élans de l’Esprit Saint que cette année de la vie consacrée se transformera en un authentique kairos, un temps de Dieu riche en grâces et en transformation. »

Voici notre traduction intégrale de l’homélie du cardinal préfet.
A.B.
 
Homélie du cardinal Braz de Aviz
Très chers frères et sœurs,

Avec l’Eglise et le monde entier, nous commençons aujourd’hui la nouvelle année liturgique. Nous démarrons le temps de l’Avent. Ainsi nous préparons dans notre vie de disciple et dans nos communautés le Noël de Jésus. Mais, dans le même temps notre esprit « est guidé dans l’attente de la seconde venue du Christ à la fin des temps » (Missel Romain). En ces temps marqués par l’espérance chrétienne nous levons nos yeux vers le ciel et réveillons dans nos cœurs l’attente pour accueillir le Seigneur qui est déjà venu, qui est avec nous chaque jour et que nous verrons un jour dans la gloire. 

Hier soir, beaucoup d’entre nous sont allés à la basilique de Sainte-Marie-Majeure pour la veillée de prière. Comme le pape François le fait si souvent, nous aussi nous avons voulu confier à Marie le chemin et le résultat de l’Année de la vie consacrée. Nous l’avons fait en écoutant la Parole du Seigneur, quelques documents du magistère sur la vie consacrée et le témoignage de quelques un de nos saints et saintes fondateurs. Nous étions, tous ensemble, fils et filles de différents charismes, avec notre écoute et notre prière devant le Seigneur et sa Mère, notre Mère, nous étions unanimes. La parole du Saint-Père ne nous a pas manqué, comme aujourd’hui elle se fait présente parmi nous.

Nous venons juste d’entendre le désir du pape François d’être avec nous, « en cette circonstance si significative qu’est la célébration eucharistique du début de l’Année de la vie consacrée ». En Turquie pour la rencontre fraternelle avec la patriarche Bartholomaios et pour approfondir le dialogue interreligieux avec nos frères et sœurs musulmans, nous l’assurons de notre prière et de notre pleine communion. 

C’est lui qui a voulu dédier l’année 2015 aux consacrés, hommes et femmes de toute l’Eglise, qu’au jour d’aujourd’hui le Seigneur, avec un profond regard d’amour, a appelé à une vie plus proche du Dieu Amour, par le moyen des conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Nous commençons ainsi cette année de la vie consacrée sous le signe de l’espérance chrétienne parce que le Seigneur est fidèle et, avec sa miséricorde, il transforme nos infidélités. Quiconque croit en lui ne reste pas déçu.

Même nous, consacrés et consacrées, comme le prophète Isaïe, nous ressentons la nécessité de cette miséricorde du Seigneur et avec le prophète nous disons : « Pourquoi Seigneur, nous laisses-tu nous égarer loin de tes voies, pourquoi laisses-tu nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ? » (Is 63,17). C’est ce rapport de confiance en Dieu qui est Père, dont nous faisons l’expérience, nous qui sommes disciples de Jésus et déjà consacrés depuis le début de l’appel, qui nous fait vivre le présent avec passion. En effet, le Seigneur est descendu parmi nous à Noël, Dieu s’est fait proche, Il est un d’entre nous, et personne d’autre n’a fait tant pour ceux qui se confient en Lui (Is 64,3). C’est pour cela que nous disons en ce début de cette Année de la vie consacrée : « Seigneur, tu es notre Père, nous sommes l’argile et toi celui qui nous façonnes, nous sommes tous l’œuvre de tes mains » (Is 64,7).

Nous entendons aujourd’hui l’appel puissant de Jésus, dans l’évangile de Marc : « Veillez donc ! Vous ne savez pas si le maître de maison reviendra le soir, au milieu de la nuit, au chant du coq ou au petit matin. Il ne faudrait pas qu’il vous trouve en train de dormir lorsqu’il reviendra à l’improviste » (Mc 13,35s).

Plus nous nous laissons façonner par le Père comme l’argile dans ses mains, plus nous nous remettons avec confiance dans ses mains de Père qui nous aime, plus nous avancerons avec sécurité et éveillés lors de la rencontre avec Lui quand il viendra. Cette attitude pourra donner beaucoup de profondeur à l’année que nous commençons maintenant. 

De la Lettre apostolique « Témoignage de la Joie » que le pape François vient de dédier aux religieux et religieuses pour commencer l’Année de la vie consacrée (samedi 29 novembre 2014), nous voulons saisir attentivement les attentes qu’il a exprimées.

« Que soit toujours vrai ce que j’ai dit une fois : « Là où il y a des religieux, il y a de la joie ». Nous sommes appelés à faire l’expérience et à montrer que Dieu est capable de combler notre cœur et de nous rendre heureux, sans avoir besoin de chercher ailleurs notre bonheur ». « Je m’attends à ce que vous réveilliez le monde », parce que ce qui caractérise la vie consacrée, c’est la prophétie ». « La radicalité évangélique n’est pas seulement pour les religieux : c’est une requête adressée à tous. Mais les religieux suivent le Seigneur de manière spéciale, de manière prophétique ». C’est cela la priorité qui est maintenant demandée : « êtres des prophètes qui témoignent comment Jésus a vécu sur cette terre … Jamais un religieux ne doit renoncer à la prophétie ». « Les religieux et religieuses, comme toutes les personnes consacrées, sont appelés à être « experts en communion ». Je m’attends donc à ce que la « spiritualité de la communion », enseignée par saint Jean-Paul II, devienne une réalité et que vous soyez en première ligne pour relever « le grand défi qui est devant nous » en ce nouveau millénaire : « faire de l’Eglise la maison et l’école de la communion ». « J’attends encore de vous ce que j’attends de tous les membres de l’Eglise : sortir de soi-même pour aller aux périphéries existentielles. « Allez dans le monde entier » a été la dernière parole adressée par Jésus aux siens et il continue à l’adresser à nous tous aujourd’hui (Mc 16,15). Il y a une humanité entière qui attend ». « Je m’attends à ce que chaque forme de vie consacrée s’interroge sur ce que Dieu et l’humanité d’aujourd’hui demandent … C’est seulement grâce à cette attention aux besoins du monde et dans la docilité aux élans de l’Esprit Saint que cette année de la vie consacrée se transformera en un authentique kairos, un temps de Dieu riche en grâces et en transformation ».

Ajoutons encore à ce programme concret que le pape François a tracé pour nous, une des trois paroles programmatiques qu’il nous a données aujourd’hui, - les deux autres étant déjà inclues - : être courageux.

Considérons comme nôtre ce programme concret tracé par le pape François, qui font se concentrer notre chemin de l’Année de la vie consacrée sur trois réalités centrales : Evangile – Prophétie – Espérance. Par un Ave Maria demandons à la Vierge Marie de commencer à le réaliser à partir de maintenant : … Ave Maria

© Traduction de Zenit, Hugues de Warren

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