Pourquoi le Pape François est une grâce pour la vie religieuse


La réforme fondée sur le retour à l’Évangile que le Pape promeut dans l’Église s’adresse en particulier au monde des communautés religieuses, auquel le jésuite appartient, affirme le numéro deux de la Communauté monastique de Bose.

 « La vie religieuse a une "chance" (mot en français dans le texte original italien) rarissime, et même une grâce, dont on doit être conscient : c’est un pape qui comprend et connait la vie religieuse de l’intérieur. » C’est la conviction que le père Luciano Manicardi, vice prieur de la Communauté monastique œcuménique de Bose, a partagé à l’occasion de la 54e assemblée générale de la Cism (Conférence italienne des supérieurs majeurs), qui se déroule à Rome (Tivoli), du 3 au 7 novembre. La Cism regroupe les supérieurs des instituts religieux et des sociétés de vie apostolique masculines en Italie. Elle relève de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. 

La prochaine année de la vie consacrée : pas le fruit du hasard

« Cela n’est pas toujours le cas des évêques, qui considèrent souvent la vie religieuse, surtout les religieuses, comme "d’utiles instruments", a poursuivi le vice prieur, pour qui le choix du pape jésuite – premier pape religieux depuis Grégoire XVI, élu en 1831 – de faire de 2015 une « année de la vie consacrée » n’est pas le fruit du hasard, mais celui de sa vocation de religieux. 

Un pape face à une Église en crise

« La réforme que le pape François est en train de promouvoir dans l’Église catholique, poursuit Don Luciano Manicardi, constitue le climat propice à un regard courageux sur la réalité de la vie religieuse et son éventuel renouvellement. C’est une grande occasion, qu’il serait coupable de ne pas reconnaître et accueillir, surtout de la part des supérieurs et responsables des communautés (…) Le pape a 78 ans, mais il vivifie sa vieillesse avec une foi et un enthousiasme qui le rendent plus jeune que beaucoup de personnes d’âge inférieur, remarque l’intervenant, à propos du "style de Bergoglio". Et il se retrouve à la tête d’une Église qui traverse une grave crise de crédibilité (pédophilie, scandales financiers, divisions et même déchirures à l’intérieur du corps ecclésial), mais aussi une grave crise de motivation, surtout dans les pays d’ancienne chrétienté, où la fatigue devient tristesse et donc désaveu de la joie évangélique, de la joie du témoignage joyeux, qui doit jaillir de l’adhésion au Seigneur. »

François rend crédible l’Évangile parce qu’il y croit et le vit

Et le religieux d’inviter à regarder son exemple et prendre modèle sur lui, avant d’écouter ses discours : « Regardez comment il vit, comment il bouge, comment il embrasse, comment il parle, à côté de qui il s’arrête, comment il "sort", pour reprendre un verbe qui lui est cher, lui qui n’habite même pas dans les palais du Vatican, mais vit décentré, se tient aux marges, préfère le périphérique. Le Pape rend crédible l’Évangile, centre évident de son message comme de son programme de réforme de vie ecclésiale, parce qu’il y croit et le vit et que là est sa force ». 

Le moment du « grand possible » pour la vie religieuse

François en en train de demander à l’Église la capacité et le courage d’une réforme, d’un changement, d’un renouvellement, et cela vaut en particulier pour la vie religieuse, qui est insérée de façon vitale dans l’Église. Aucun alibi, aucune excuse, aucun retranchement derrière la réalité du vieillissement, de la fatigue, de la perte de force, du manque de relève. Cela, c’est la réalité que nous sommes appelés à vivifier. Pour la vie religieuse, c’est le moment du grand possible, du courage, un moment à ne pas gaspiller. Le responsable de communauté sait qu’il a cette responsabilité devant Dieu.

Source : http://www.aleteia.org/