Rencontre avec les bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre

Installées sur la butte Montmartre depuis maintenant vingt ans, ces religieuses dévouées célèbrent ce vendredi la grande fête du Sacré-Cœur. L’une d’entre elles, qui a souhaité demeurer anonyme, revient sur le sens profond de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus et de l’adoration perpétuelle.


Aleteia : Quelle est votre mission au sein du Sacré-Cœur ?
Une bénédictine du Sacré-Cœur de Montmartre : Nous sommes installées de manière fixe au Sacré-Cœur depuis 1995. Notre rôle concerne l’animation matérielle et spirituelle des lieux de prière. Concrètement cela recouvre les célébrations liturgiques, le chant de l’office divin quatre fois par jour. Nous chantons le matin, à midi, les vêpres et les complies. Nous sommes aussi chargées de l’animation des messes, des temps de prière, des veillées, tout cela dans le but de faire participer le peuple de Dieu à la liturgie de l’Église ! Par nos chants, nous invitons les personnes à prier la liturgie des heures avec la communauté. Certains viennent très fidèlement, que ce soit le matin pour les laudes, à 8 heures, avant d’aller au travail. Ou pour les complies et la messe de 22 heures.

La fête de Sacré-Cœur est célébrée ce vendredi, elle doit prendre un sens tout particulier dans la basilique ?
En effet c’est un grand jour ! La messe solennelle sera célébrée à 15 heures. C’est monseigneur Verny qui viendra présider. Il y a toujours énormément de personnes qui viennent pour cette messe, qui sera suivie d’une procession eucharistique dans les jardins de la basilique et d’un temps de prière. Ce sera donc tout l’après-midi, de 15 heures aux vêpres de 18 heures, qui sera ainsi tournée vers le Cœur Sacré de Jésus. C’est une des plus grandes fêtes pour nous. Et pour ceux qui ne peuvent s’y rendre, nous retransmettons la célébration en direct sur YouTube, sur la chaîne de la basilique, à partir de 15 heures.

Le Sacré-Cœur de Montmartre est aussi bien connu pour son adoration perpétuelle. Pourquoi est-elle si importante ?
L’adoration est perpétuelle depuis le 1er août 1885. C’était la volonté d’Alexandre Legentil, le fondateur de la basilique, qui la voulait consacrée au Sacré-Cœur comme un lieu de prière continue. Dans le contexte historique, sa vocation première était de prier pour la France, l’Europe et l’Église, et, par extension, pour le Saint-Père et tous les prêtres. Depuis, sa vocation est devenue plus large encore : à chaque catastrophe naturelle, à chaque affrontement ou guerre, beaucoup d’âme se tournent vers la basilique pour s’y recueillir, parce qu’il y trouvent une présence ininterrompue, une puissance de prière, comme un véritable « moteur » qui tourne 24h/24, 7 jours sur 7. Il y a toujours quelqu’un qui est là pour adorer le Seigneur, qui prie, et qui donne la force d’aider tous ceux qui souffrent. C’est une source d’espérance, une petite lumière qui ne s’éteint jamais.

Il y a quelques semaines, l’aumônerie de l’hôpital Bichat, à quelques kilomètres à vol d’oiseau, est venue nous demander des petites images pieuses, parce que beaucoup de malades regardent la basilique depuis leur fenêtre et s’associent à cette prière dans leur maladie. Ils regardent cette lumière, et savent que quelqu’un prie pour eux, même en pleine nuit quand la douleur prend le pas sur le sommeil.

Ce relai de prière ininterrompu, continu, ne peut pas s’arrêter, sans cela quelque chose va manquer. Voilà pourquoi s’engager à venir prier dans ce relai d’adoration n’est pas à prendre à la légère, des personnes comptent sur les adorateurs de Montmartre, peut-être sont-ils à l’autre bout du monde mais ils comptent sur vous et nous. Voilà pourquoi il faut entretenir la prière et l’amour, parce que ce sont eux qui font tourner le monde.

Propos recueillis par Angélique Provost (Aleteia)