Revue de presse : Les moines se mettent au vert (La Croix)

Abandonnant pesticides et produits chimiques, les olivétains de l’abbaye Notre-Dame de Maylis (Landes) se sont lancés il y a trois ans dans la permaculture. Convaincus de l’importance de partager leur conversion écologique, ils sont à l’origine du premier rassemblement national de communautés monastiques. Rencontre avec ces moines enthousiastes, qui unissent dans un même mouvement la règle de Saint Benoît et les bacs à compost.


Une poignée de terre dans chaque main, Frère Joseph s’extasie de voir des dizaines de vers de terre travailler le sol de ces toutes nouvelles buttes sur lesquelles, bientôt, poussera la tisane que produisent depuis 1956 les moines de l’abbaye Notre-Dame de Maylis. « Regardez toute cette vie, c’est extraordinaire ! »

Dans le sud-est des Landes, cette communauté de vingt moines olivétains vit depuis trois ans une véritable conversion écologique et spirituelle : abandonnant les produits chimiques, ils se sont tournés vers la permaculture, une méthode qui cherche à reproduire le fonctionnement naturel de l’écosystème.

Au point d’avoir lancé une rencontre à l’abbaye du Bec-Hellouin (Eure) qui, depuis jeudi 16 février et jusqu’à dimanche 19 février, rassemble des représentants d’une vingtaine de communautés monastiques et des laïcs de communautés nouvelles, comme l’Emmanuel et le Chemin-Neuf, traversées par le même élan.
Le déclic : un insecte et une encyclique

C’est le cas, par exemple, des bénédictines de Prailles (Deux-Sèvres), spécialisées dans l’imprimerie. « Enfin, les monastères se positionnent pour un autre rapport à la terre et au travail », se félicite Sœur Marie, prieure. La communauté, représentée au Bec-Hellouin par une sœur apostolique, a décidé en 2010 de tourner le dos à l’impression numérique pour revenir à la technique ancienne de la typographie.

Une manière de renouer avec un travail artisanal et manuel, et de rééquilibrer la vie monastique tout en préservant un savoir-faire en voie de disparition. « Dans une société où nous voulons toujours plus, il faut savoir accepter un travail artisanal, moins parfait mais aussi plus humain », argumente la prieure.

À Maylis, à l’origine de ce changement de cap, il y a… un insecte et une encyclique. En 2013, Lepidum latifolium, la plante médicinale à partir de laquelle les moines produisent une tisane « détox » est attaquée par une espèce de charançon résistante aux traitements chimiques. « Une infestation d’insectes, c’est le signe d’un déséquilibre majeur de la terre », explique Frère Joseph, le jardinier de la communauté. Peu après paraît l’encyclique du pape François sur l’écologie, Laudato Si’. La conjonction des deux a provoqué un déclic au monastère, qui traitait ses plantes à l’aide de pesticides et autres produits chimiques depuis 2000, notamment pour lutter contre le mildiou.

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