Saint-André : « Beaucoup de gens ne savent pas qu’il y a un monastère ici »

Notre-Dame-de-la-Plaine ouvre ses portes ce week-end. Les trente-cinq sœurs cisterciennes bernardines d’Esquermes vous y parleront de leur vie, tout simplement. Avec sourire et bonne humeur. Vous avez déjà poussé les portes d’un monastère ?


« Nous ouvrir vers l’extérieur n’est pas notre réflexe premier. » Sœur Marie-Josèphe l’avoue tranquillement. Pourtant, ce week-end, la benjamine de la communauté (47 ans) et les trente-quatre autres sœurs de Notre-Dame-de-la-Plaine (la plus âgée a 102 ans) vont ouvrir leur monastère au grand public. Un peu plus que d’ordinaire.
De la communauté nichée dans le parc de la Cessoie, à la frontière de Lambersart, on ne connaît le plus souvent que l’école privée, en bordure de l’avenue De-Lattre-de-Tassigny, la petite église, ou encore la boutique monastique, voire l’atelier d’icônes au rez-de-chaussée de l’un des derniers « châteaux » du secteur (comprenez belle et grande demeure). Pas grand-chose de plus. Derrière les autres murs qu’on ne franchit jamais, vivent donc trente-cinq mères professes qui « cherchent Dieu en communauté ». Une vie pas facile à appréhender de l’extérieur, mais sur laquelle les Cisterciennes bernardines d’Esquermes se sont reconcentrées au moment de Vatican II, après s’être longtemps dédiées à l’éducation des enfants.

« Ne pas avoir peur de nous ouvrir vers l’extérieur »

« Le pape François a voulu une année de la vie consacrée (de novembre 2014 à février 2016). C’est un appel universel à ne pas avoir peur de nous ouvrir vers l’extérieur, à oser parler de nous comme l’a dit François », raconte sœur Marie-Josèphe. D’où ce week-end « portes ouvertes ». « Nous avons voulu mettre en place quelque chose de facile pour tous. Un moment durant lequel les gens puissent venir nous voir, ne serait-ce qu’une demi-heure. Beaucoup ne savent pas qu’il y a un monastère ici ! » Une petite révolution pour la communauté qui n’a de contact avec les laïcs principalement que lorsqu’elle en reçoit dans le cadre de son hôtellerie pour des temps de retraite, de sa boutique monastique ou des plongées dans la vie monastique (pour des jeunes femmes de 18 à 35 ans) ? « Au final, cette ouverture va dans notre sens, répond sœur Marie-Josèphe. On ne se fait pas violence pour cela, même si on n’organiserait pas cela tous les week-ends ! »
Pour « aller véritablement au cœur de notre vie » les temps forts du week-end seront les visites organisées samedi et dimanche après-midi (lire ci-dessous). « Il est plus facile d’expliquer notre vie à travers nos lieux de vie quotidiens, comme le scriptorium (où les sœurs lisent la bible et méditent en silence) ou le chapitre (où la communauté se rassemble). »
Et si l’on en croit la communication décalée des sœurs pour ce week-end (elles ont tracté elles-mêmes dans les boîtes aux lettres un dépliant que lequel on peut lire : « Sister Act, Sœur Thérèse.com vous connaissez ! Et les sœurs Bernardines, les avez-vous déjà rencontrées ? »), l’objectif que « les gens se sentent à l’aise » devrait être atteint. Moniales et moines du Mont-des-Cats vous attendent donc, l’après-midi, au « Brothers and Sisters Bar » !

La congrégation
La congrégation des Cisterciennes bernardines d’Esquermes compte une centaine de mères professes (religieuses qui ont prononcé leurs vœux définitifs) dans huit communautés à travers le monde : deux en Grande-Bretagne, une en République démocratique du Congo, au Japon et au Burkina Faso, une naissante au Vietnam et deux en France, dont celle de Saint-André qui est la maison-mère de la congrégation. Les sœurs d’Esquermes font partie de la grande famille des cisterciens (comme les moines du Mont-des-Cats) mais dépendent directement de Rome. Bernardines est le nom des cisterciennes avant la Révolution.

Les moniales andrésiennes tiennent leur nom du quartier lillois Esquermes où était installée leur première maison avant « d’essaimer » à l’aube de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et l’État. L’ordre s’est longtemps occupé de l’éducation en gérant des établissements, comme ce fut le cas de Thérèse-d’Avila à Lille ou l’ancien lycée technique qui était hébergé dans le château de la Cessoie jusqu’au milieu des années 90. Aujourd’hui, la dernière école encore sous leur tutelle est la maternelle-primaire La Cessoie.

Plus de détails sur le site www.cisterciennes-bernardines.org. Contact au 03 20 51 76 20.
Monastère Notre-Dame-de-la-Plaine, 287, avenue De-Lattre-de-Tassigny

Source : La Voix du Nord