Six monastères se relaient en une chaîne mondiale de prière pour l’année de la Vie consacrée (La Croix, 7/12/14)


Ce lundi 8 janvier, une chaîne mondiale de prière est lancée à travers six monastères catholiques dans le monde, pour marquer l’année 2015 de la Vie consacrée.

Cette année a été ouverte officiellement par le pape François, le 29 novembre, par une veillée de prière en la basilique Sainte-Marie Majeure et sera clôturée le 2 février 2016, lors de la Journée mondiale de la Vie consacrée.

Telle qu’elle est présentée sur le site de la Conférences des religieuses et religieux en France (Corref), cette chaîne mondiale de prière se déroulera successivement dans six hauts lieux spirituels des cinq continents, en commençant par le monastère cistercien de l’Assomption à Asmara, en Érythrée. Fondé à partir de l’abbaye cistercienne de Casamari, en Éthiopie, où vivait le vénérable Félix Ghebre Amlak (en religion Abba Hayle Mariam), ce monastère d’Asmara est coupé du monde extérieur, du fait de la situation politique en Érythrée.

Du Tamil Nadu au Kentucky

Le deuxième lieu pour cette chaîne de prière est l’ashram Saccidânanda à Shantivanam, dans le Tamil Nadu, en Inde du Sud. Cet ashram a été fondé en 1950 par le prêtre lyonnais Jules Monchanin, bientôt rejoint par le bénédictin breton Henri Le Saux (devenu swami Abhishiktananda). Plus tard, de 1968 à 1993, c’est le bénédictin anglais Bède Griffiths qui a animé cet ashram, à proximité de la rivière sacrée Kaveri. Et aujourd’hui vivent là quelques moines-ermites camaldules, congrégation qui s’est ralliée aux bénédictins dans les années 1990.

La chaîne de prière se poursuivra ensuite au monastère Sainte-Claire d’Assise, en Italie, fondé en 1212 par saint François et confié à la jeune Chiara Offreduccio di Favarone qui dût accepter le titre d’« abbesse » malgré elle. Là vivent toujours une vingtaine de clarisses italiennes.

Santa Catalina, petite ville dans la ville

Puis la chaîne continuera au couvent des dominicaines Santa Catalina, construit à partir de 1580 à Arequipa, au Pérou. Réputé être l’un des plus grands monastères au monde (il a abrité plus de 500 contemplatives), ce couvent dédié à sainte Catherine de Sienne ressemble à une petite ville avec ses ruelles, ses chapelles, ses fontaines, ses jardins et ses cloîtres. Le pape Jean-Paul II y était venu en 1985 pour béatifier la dominicaine Anne des Anges Monteagudo (1602-1686). Une vingtaine de religieuses y vivent toujours.

Ce sera ensuite au tour des carmélites espagnoles du monastère de l’Incarnation, à Avila, de poursuivre la chaîne de prière, en cette année 2015 où l’« Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel » fête le cinquième centenaire de la naissance de la Grande Thérèse, réformatrice du carmel au XVIe siècle.

Enfin, la chaîne de prière se conclura chez les cisterciens-trappistes de Getsemani, dans le Kentucky, aux États-Unis. Fondée à partir de 1848 par des trappistes français qui, après avoir été expulsés par la Révolution française, s’étaient réfugiés en Suisse puis en Amérique du Nord, cette abbaye fut celle du moine écrivain Thomas Merton (1915-1968). Réputée pour les produits de sa ferme et considérée comme la mère de toutes les abbayes trappistes des États-Unis, l’abbaye compte aujourd’hui plus de 70 moines.

Cette chaîne mondiale de prière devrait aider à faire comprendre que la vie consacrée, comme le rappelait récemment le pape François, est « un don de Dieu à l’Église, un don de Dieu à son peuple, un don pour le peuple de Dieu en chemin ».

Source : La Croix du 7 décembre 2014