VIE MONASTIQUE – L’écologie, comme un chemin humain et une invitation spirituelle

Maryvonne Buss, de la rédaction de Pèlerin, a eu la joie de s’entretenir le mois dernier avec Sr Dominique, du monastère de Taulignan (Drôme). Une rencontre stimulante dont témoignent les quelques « apophtègmes » ci dessous.


Au monastère, notre démarche attire de nombreuses personnes non croyantes intéressées par l’écologie. On échange, on explique : « nous faisons la même chose que vous, mais pour l’Evangile. » Nous ne nous attendions pas du tout à cet apostolat-là !

Le Dieu créateur nous a donnés notre juste place dans la Création : nous en sommes les responsables, les gérants, pas les propriétaires. N’être ni tout puissant, ni impuissant, mais participant : cela rend très heureux ! Savoir que nous n’avons pas les pleins pouvoirs a des conséquences spirituelles : plus question de se prendre pour Dieu !

Prendre conscience de notre responsabilité, c’est aussi placer au cœur de la démarche écologique cette interrogation : « qu’as-tu fait de ton frère ? » Si on se dit « pourquoi se gêner ? », sans rien changer à nos modes de vie, d’autres en pâtissent de l’autre côté de la planète. Respecter la terre, respecter nos frères : cela va ensemble. Les choses se tiennent !

C’est une des grâces de la crise : elle nous amène à repenser notre relation aux plus pauvres. L’intercession pour la planète va de pair avec le combat pour la paix et la justice. A notre échelle, par exemple, lorsque nous avons besoin d’aide pour le désherbage, nous faisons appel à une association de réinsertion. Ce volet « social » de notre activité est récent, c’est une évolution.

Depuis le début de notre aventure, en 2009, chacune d’entre nous a cheminé à sa mesure, certaines en tête de pont, d’autres de façon moins engagée. On y a été doucement, sans absolutisme. Nous avons limité la viande, introduit des légumes et des céréales bio, acheté du thé et du café durable, utilisé des boules à thé pour éviter les sachets jetables. Nous groupons nos sorties en voiture. Petits colibris…
Outre la décision de cultiver, à la main, des plantes aromatiques (nous en récoltons 180 kg/an ), il y a aussi eu d’autres changements notables : économiser l’eau, remplacer le chauffage au fioul par un chauffage au bois pour tous les bâtiments, poser des panneaux solaires pour l’eau chaude de notre bâtiment d’accueil.
Maintenant, nous sommes toutes des militantes ! Cette démarche a éveillé notre regard, et créé entre nous une unité, une cohérence. Chacune se sent mieux à sa place. Nous relisons désormais les psaumes autrement…

Source : https://ecologyandchurches.wordpress.com/2015/07/24/vie-monastique-lecologie-comme-un-chemin-humain-et-une-invitation-spirituelle/

Monastère de Taulignan