Belle fête de Noël !

Dieu a choisi pour langage un Galiléen
avec cet accent qui ferait rire en ville
si ce qu’il ne disait ne tombait de si haut.
Jean Grosjean


« L’adulte qui n’est plus un enfant n’existe pas », écrivait Françoise Dolto. Ce soir nous invite non tant à faire mémoire de l’enfant en nous qu’à venir à lui. Comme à un avenir. Nous avancer, tels les rois qui adoreront le nouveau-né de pauvreté. Traversée du fond des âges, parfois des ombres de la mort qui ont rôdé sur nos vies, ont emporté des nôtres, des parts de nous-mêmes. Revenir vers l’avenir. Tel est le miracle de la nuit étoilée où Dieu épouse la chair de toute humanité et l’honore comme aucun Dieu n’avait chéri l’homme : en son enfance.
C’est là qu’est entré le Christ, en nos mots hésitants, par nos mains maladroites, dans nos yeux reposés ou inquiets. « Prenant un enfant, Jésus le mit au centre et dit : celui qui ne redevient pas comme cet enfant ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ». Jésus le mit au centre : au cœur de sa vie, de la nôtre. L’enfant Dieu, né dans la tente d’indigence est né d’en haut. Nicodême, vieux, viendra naître en une autre nuit, lumineuse, où son cœur désire vraiment la vie. Invitation à renaître au creux de Dieu, par le cœur de l’enfant Dieu.

Noël est le monde à l’endroit, le vrai monde. Le cœur de l’histoire est en notre petitesse, qui n’est ni mesquinerie ni frilosité, ni infantilisme, mais liberté de grandir autrement. Vers l’avenir. Dans le battement du Fils. Fils du Fils.

Palpitation secrête. Il y a l’enfant à habiller de lumiêre.

Três beau Noël à chacune, à chacun, et à toutes nos communautés humaines et croyantes.

Et que 2018 nous trouve veillant au chevet d’un monde qui implore la justice et la paix.

Sr Véronique Margron op.
Présidente de la CORREF