Compte-rendu de l’Enquête Familles Spirituelles 2013, par Sr Bernadette Delizy


COMPTE-RENDU DE L’ENQUETE

 
 
 
Merci !

Merci à vous qui avez répondu à l’enquête lancée au cours de l’été 2012.

Vos réponses ont permis à l’équipe de préparation de construire le rassemblement, les ateliers, les temps de prière, les thèmes des conférences, la veillée, le blog, le chant du rassemblement,…

Merci à tous.

 
 

L’enquête était adressée

- à tous les membres du Service des Moniales

- et à ceux de la CORREF (Conférence des religieux et religieuses de France), qui comprend aussi les monastères d’hommes.

Elle concerne seulement ce qui se vit en France.

 

* Un peu plus de 20 % des monastères féminins ont répondu (51)

§ Plus de la moitié sont effectivement concernés par ces relations :

o soit qu’ils le disent,

o soit qu’ils décrivent des situations vécues… tout en se pensant « non concernés ».

* Environ 50 % des membres de la CORREF (218 instituts ou monastères) ont répondu.

§ Les 2/3 se disent concernés

§ Parmi les « concernés » certains ont déclaré un des groupes de leur Famille et oublié un ou plusieurs autres

§ Parmi le « non concernés », un certain nombre rendent compte de ce qu’ils vivent. Ils sont donc concernés !

§ Parmi les « sans réponse », certaines Familles sont « réputées » pour ce qu’elles vivent.

 

Premier constat :

§ Tous les chiffres seront donc à prendre avec beaucoup de précaution. Ils correspondent à une approche très inférieure à la réalité.

Second constat :

§ Les limites du « concerné / non concerné » sont difficiles à percevoir par ceux qui vivent ces relations

Troisième constat :

§ Les monastères ont moins répondu que les instituts de vie apostolique.

§ Ils ont hésité à inclure les oblats qui relèvent plutôt d’un lien individuel avec un monastère.

§ Le questionnaire était moins adapté à la situation des monastères.

 
 
 
 
 
 

En parlant de « groupes », j’utilise le langage de l’enquête. Je ne parle pas ici d’équipe locale. Je parle d’un ensemble de personnes ou d’équipes locales qui ont le même projet - y compris le cas d’un groupe constitué d’une seule équipe locale !

 

Les groupes répertoriés sont d’une très grande diversité :

- Diversité des noms / Diversité des projets

- Diversité des dates de création / Diversité du nombre de membres

- Et d’autres diversités encore….

 

Chaque groupe invente son nom…

 

Certains noms, très rares, sont « uniques » comme « Etincelles », « Fraternité des pèlerins de l’évangile » ou « Alléluia ! Amen ! »

 

Des groupes n’ont pas de nom. Pour eux, le moment n’est pas encore venu de s’en donner un.

 

Mais la plupart des noms se concentrent autour de : Associés, Amis, Famille, Fraternité, Réseau, Groupe de Tutelle… Or, ces noms n’ont pas toujours le même sens ! J’en donne quelques exemples. Ils permettront de découvrir la réalité dans sa diversité.

 

* Amis

 

- Les « Amis des Auxiliatrices » veulent vivre le baptême dans la ligne de la fondatrice. Au jour de l’enquête on pouvait appartenir au groupe des Amis en prononçant ou non un engagement formel.

- Les « Amis de St Charles » ont le même projet… mais quand ils ont prononcé un engagement, ils s’appellent « Associés ». L’ensemble de leur groupe s’appelle « Chrétiens associés et Amis de St Charles » (d’Angers)

 

* Associés

 

- Les « Associés des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus » (Saint- Jacut-les-Pins) ont aussi ce projet de vivre le baptême dans la ligne des fondateurs.

- Mais chaque Associé aux Spiritains a reçu, lui, une mission. Il s’engage à « être ouvert et disponible aux différents types de service auxquels la mission des Associés l’appellera. Il est prêt à être remis en cause dans son service ».

- Les Laïcs associés mennaisiens, eux aussi, veulent vivre le baptême dans la ligne du fondateur. Mais leur projet comprend d’autres éléments liés à la Tutelle des établissements scolaires, et à la proximité avec une communauté des Frères de Ploërmel.

 

* Réseau

 

- Pour beaucoup « Réseau » évoque spontanément les Tutelles d’institutions congréganistes, comme pour le Réseau Jeanne Delanoue.

- Mais, les membres du Réseau Nicolas Barré ou ceux du Réseau Jeanne de Lestonnac, eux, veulent vivre le baptême dans la ligne des fondateurs.

 

* Fraternité

 

- Les membres de la « Fraternité laïque missionnaire » reçoivent mission de la Société des missions africaines de Lyon.

- Les membres de la « Fraternité Ste Marie d’Angers » appartiennent à un groupe inter vocationnel de personnes diversement engagées par vœux ou par promesses dans la Famille Ste Marie d’Angers. But du groupe : le ressourcement et la relecture de vie.

- Les membres de la « Fraternité Desfontaines », veulent vivre le baptême dans la ligne de ma fondatrice. Ils s’appelaient avant « les Associé » (Associés aux Sœurs de Sainte-Clotilde).

 

* Famille

 

- La « Famille Ange gardien » est formée d’environ 40 personnes dont le projet est de vivre le baptême dans la ligne des fondateurs. Elle existe depuis 1995.

- La Famille du Cénacle, elle, est formée de 4 branches. Vous l’avez peut-être vu sur notre blog.

1. Les Sœurs du Cénacle

2. La Fraternité du Cénacle : groupe de laïcs fondé un peu après la congrégation

3 Le Groupement séculier Notre-Dame du Cénacle fondé il y a 125 ans : laïques consacrées et engagées par vœux

4 La Communion apostolique Notre-Dame du Cénacle fondée en 2007 : personnes qui reçoivent mission de la Provinciale.

 

* Autres problèmes de langue

 

Et pour corser encore le problème des langues : ne confondez pas les Amis de Nazareth avec la Fraternité nazaréenne, les premiers sont liés aux religieuses de Nazareth, les seconds sont en lien avec les Frères de la Sainte Famille.

 

L’expression « relations laïcs – religieux » est trompeuse : il y a parmi nous des diacres, des prêtres embarqués dans la même aventure que laïcs et religieux, dans le sillage de frères et sœurs aînés, dont la plupart sont fondateurs d’instituts… mais pas tous. Donc, même dire « marcher dans le sillage des fondateurs » n’est pas tout à fait exact ! Charles de Foucaud n’a pas fondé !

 

Quant au mot « relations », il n’est pas universel non plus. Au Québec, on parle d’arrimage. Les Québécois présents parmi nous l’utiliseront spontanément.

 

La variété du vocabulaire et des sens, entraîne la nécessité de décrypter nos langages respectifs. C’est une clef très importante pour faire de notre rassemblement une rencontre.

Car si vous dites « Ciao » à un italien il comprendra « Au revoir », et si vous dites un mot proche de « Ciao » à un vietnamien, il comprendra « bonjour »…. Comment dialoguer…. ? Or nous sommes là pour nous rencontrer !

Diversité des noms…. Et …

 
 

Les exemples donnés à l’instant montrent déjà la diversité des projets des groupes. L’enquête révèle que les 4 grandes catégories de projets apparus en 2007 demeurent.

Dans la ligne évangélique des fondateurs 

- Vivre le baptême

- Faire vivre une institution

- Vivre un projet particulier (pour des jeunes, pour un volontariat, pour une mission dans tel secteur social, dans le célibat consacré, etc.)

- Vivre des temps forts réguliers marqués par l’esprit des fondateurs.

 

Quatre remarques :

1. Doit-on ajouter une « multi-catégories », puisque dans l’enquête, beaucoup ont coché plusieurs cases à la fois. Mais cela relève plutôt d’une confusion entre « projet principal » du groupe et « personnes qui la composent ». Est-ce le projet principal d’être proche de la vie d’une communauté, ou bien le groupe est-il formé de personnes dont certaines sont en situation de proximité avec des communautés ?

 

2. Certaines équipes démarrent, cheminent… vivent … Pourquoi s’inscriraient-elles déjà dans une catégorie prédéterminée ?

 

3. Les groupes dont le projet est de vivre le célibat consacré sont peu nombreux, mais en augmentation par rapport à 2006. De même pour les projets « jeunes ».

 

4. Le nombre des « Tutelles » scolaires ou médico-sociales déclarées dans l’enquête est de 35 ! Cela n’a rien à voir avec la réalité. Le décalage est le signe d’une question non résolue par tous « Les Tutelles font-elles parties des Familles ? ». L’atelier qui étudie cette question regroupera plus de 80 personnes…. C’est sans doute significatif d’un « oui » !

 
 

Les données chiffrées de l’enquête indiquent un seuil minimal de 23.507 membres des Familles (membres non religieux). Ceci, sans compter

- les groupes pour lesquels des chiffres n’ont pas été donnés…

- sans les « non concernés » qui sont concernés,

- sans les « concernés » qui n’ont pas répondu… dont des Familles nombreuses !

- sans les Tutelles, pour lesquelles il n’a pas de base de calcul

 

Or, il y a 7 ans, on comptait 35.789 de seuil minimal.

Il y aurait-il une diminution des effectifs ? Diminution… alors que, sauf très rares exceptions, on parle d’augmentation partout, y compris pour les G.V.E (Groupements de Vie évangélique) qui ont augmenté de 3.000 membres en 7 ans !

Une comparaison avec 2007 demanderait un travail considérable :

- car ceux qui ont répondu en 2007 n’ont pas tous répondu en 2013, et réciproquement

- des instituts ont fusionné

- des groupes ont changé de noms,

- des groupes classés dans une catégorie en 2007 sont maintenant en multi-catégories

Bref, aujourd’hui, il n’y a pas de recensement exhaustif.

Mais on doit dire que si en 2007 on évaluait à 40.000 … alors, aujourd’hui on doit dire « bien davantage que 40.000 ».

CAR deux chiffres peuvent nous servir de repère :

- En 2007, ici-même, nous étions 1.5000 membres de ces Familles

o sans critère d’inscription (sauf une limitation pour les religieux)

- Aujourd’hui, nous sommes 1.300

o avec un critère d’inscription : être en responsabilité dans ces Familles.

Si vous souhaitez cependant avoir quelques chiffres, on pourra y revenir tout à l’heure.

 
 

Des groupes se créent chaque année, tandis que les équipes ou groupes qui s’arrêtent sont très rares.

1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
10
6
6
6
10
7
6
4
7
9
 
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
8
12
5
9
6
7
5
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2009
2010
2011
2012
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
9
6
7
5
 
 

Impossible de marquer des frontières pour les Familles. Les fondateurs inspirent des personnes au-delà des instituts. Un seul exemple : la Fraternité des Amis de Saint André Hubert. Elle est ouverte aux personnes en situation d’handicap mental qui veulent vivre davantage leur baptême. Selon le Droit de l’Eglise, c’est une association privée de fidèles reconnue par l’évêque de Poitiers (2008). Celui-ci a interpellé les Filles de La Croix, fondées par St André-Hubert : « Venez, ça vous ressemble ! ». 

 
 

Deux points seulement : l’engagement, la reconnaissance ecclésiale

 
 

- Pour les missions données ou les engagements par vœux,

il y a un engagement formel, cela va de soi.

- Pour les Tutelles,

le contrat de travail est assorti d’une lettre de mission de la part de l’Institut.

- Pour la catégorie « vivre le baptême dans la ligne de… »,

selon les cas, il y a ou non un engagement formel.

Cela, par choix ou selon l’étape

 

Quand il y a engagement formel, sont indiqués

- soit le nom des fondateurs,

- soit le nom de l’institut,

- soit la ligne évangélique propre à la Famille.

Parfois une orientation particulière est ajoutée, comme le « service des pauvres et des malades » pour les Camiliens, par exemple.

 
Mais l’engagement peut se manifester autrement.

- Par exemple, par une cotisation annuelle.

- Ou encore par un point particulier d’attention choisi pour un an, au cours d’une récollection annuelle (Fraternités Jean Martin Moyë, associées aux sœurs de la Divine Providence de Saint Jean de Bassel).

Quelques formules d’engagement soulignent la dimension de Famille. Deux exemples :

- L’engagement dans l’Alliance mariale, indique l’appartenance à l’ensemble de la Famille marianiste.

- Les sœurs de Sainte Marie de Torfou et les chrétiens associés renouvellent ensemble leurs engagements personnels et leur engagement mutuel.

 
 

Le fait qu’un groupe demande à être reconnu officiellement par l’Eglise, est le signe d’un chemin en cours. Cette demande n’est pas le fait de tous. Quand cette question se pose, elle est précédée d’un temps de discernement. Est-ce à faire ou pas ? Quel mode choisir : reconnaissance auprès d’un évêque ou de la congrégation ? Plusieurs disent en être à ce stade de questionnement. Sr Suzanne David parlera des questions de Droit canonique demain.

 
 
 

Pour parler de l’ensemble formé par un ou plusieurs instituts et des personnes ou groupes qui lui sont associés, le nom de « Famille » est le plus souvent retenu.

Le choix de s’appeler Famille est le signe d’une étape :

- Ou bien un changement de perception

o première perception : un rapport entre d’un côté les « religieux » et de l’autre le « groupe des baptisés »

o seconde perception : une marche commune, une alliance voulue

- Ou bien un changement de configuration : la création d’un 3° groupe associé au « duo » déjà existant.

Le passage à la dimension de Famille se fait peu à peu à partir de fêtes célébrées ensemble, de participation à des groupes de réflexion communs ou des temps forts de prière, d’invitation à un Chapitre, etc. 

 
 

Mais il y a « Famille » et « Famille » et c’est bien compliqué de parler (cf. Ciao !)

 

* Premier exemple

Une Famille informelle. On vit des choses ensemble, sans structuration ou avec une petite équipe de coordination. C’est le cas de la plupart des Familles, dans l’enquête.

 

* Second exemple, une Famille à deux membres

Institut de l’œuvre de Jean-Joseph Lallemand, et la Fraternité de l’œuvre de Jean-Joseph Lallemand

 

* Troisième exemple, une Famille à plusieurs membres

La Famille Sacré-Cœur ou Sophie Barat (nom ?)

- Laïcs –RSCJ Associés (vivre le baptême…) (2005 / 60 / engagement informel)

- Tutelle des établissements scolaires (Statuts Enseignement catholique)

- Educ’ Passion avec des enseignants (2006 / engagement informel)

- Union française des Anciennes élèves du Sacré-Cœur (1962 / marqués par l’esprit)

- Volontariat international du Sacré-Cœur (2004 / jeunes / proches de communauté / orientation de Chapitre / 70 jeunes rencontrés en un an, 15 partis)

- Et les Religieuses, la Société du Sacré-Cœur.

 
 

* Quatrième exemple, une Famille élargie

Famille composée de plusieurs instituts et plusieurs groupes qui leur sont associés. Par exemple, la famille Anizan

- Les Fils de la Charité

- La Fraternité Anizan, association de fidèles, liée aux Fils de la Charité (120)

- Les Auxiliatrices de la Charité

- Les Compagnons de la Charité qui cheminent avec les Auxiliatrices, et qui en sont au stade informel (35)

L’enquête montre un double mouvement de construction et de coordination entre Famille simple et Famille élargie. L’un des signes en est le fait que 22 Familles ont envoyé une réponse de Famille élargie.

* Cinquième exemple, une grande Famille

La Famille franciscaine désigne tous les instituts, communautés chrétiennes, associations qui se réclament de François et Claire, et ont déterminé ensemble la source et le projet qui les unissaient. Si vous êtes de la Famille de Foucauld, c’est la même chose. Leurs réponses à l’enquête se situaient à ce niveau.

Mais dans un grand ensemble, on peut être aussi un tout petit groupe de chrétiens associés à un seul institut… et former une « petite Famille » dans cette « grande Famille ». Il y a donc la Famille toute proche et la grande Famille.

 

* Sixième exemple, une Famille sans séparation

« La Communion » est un ensemble unique formé

- de deux instituts : les Frères Missionnaires des Campagnes et les Sœurs des Campagnes

- et de tous les amis laïcs, diacres et prêtres qui partagent la même passion pour le rural.

 
 

* Peut-être existe-t-il encore d’autres types de Familles ?

 
 

Quelques très rares Familles ont un Statut de Famille reconnu par l’Eglise. Par exemple,

- la Sainte-Famille de Bordeaux

- la Famille des Oblates du Sacré-Cœur de Montluçon

- la Société Saint François de Sales

 
 
 
 

« Le Staff a maintenant une Présidente laïque »

Un passage de « se situer, nous religieux, comme enseignant », à « partager simplement ce qui nous arrive, en nous laissant interpeller par le partage avec les laïcs »

 
 

Les évolutions vécues par des Familles sont très significatives. Le mieux est donner quelques exemples, en citant des itinéraires de l’enquête

Ex 1 : Passage d’une équipe à un « groupe »

En 2006, 4 personnes dont un couple ont prononcé un engagement après 3 ans de cheminement.

Depuis 2010 un autre groupe de 7 personnes s’est mis en route et a pris contact avec le premier groupe

Ex 2 :

Nombre croissant de membres et d’équipes : davantage d’hommes et de personnes plus jeunes.

Implication de plus en plus grande des laïcs dans l’animation des équipes et des rassemblements.

Lettre adressée par le Chapitre aux chrétiens associés

 
 
 Ex 3

Nous avons appelé quelques laïcs désireux de partager davantage avec nous et de vivre l’esprit de notre congrégation.

Une Fraternité s’est mise en route

Les Tutelles diminuent mais une rencontre avec les Directeurs et les Présidents d’Association continuent à se vivre avec une réflexion sur le sens de la mission en lien avec la congrégation.

 

Ex 4 (Institut d’hommes et Institut de femmes)

Une coordination nationale des groupes s’est constituée. Elle a proposé une lettre annuelle aux équipes, un axe commun d’approfondissement, des textes d’étude d’évangile couplés à des extraits d’écrits du fondateur. Des récollections et retraites ont été proposées. (…)

En 2009 la coordination a voulu faire un état des lieux des laïcs en lien avec notre Famille. Environ 150 à 200 personnes ont répondu montrant la diversité des attentes et des équipes. Pour certains apprendre à étudier l’évangile à la manière du fondateur. D’autres désirent un attachement à un fondateur en étudiant ses écrits. D’autres, plus rares, cherchent un engagement radical.

En 2010, deux parcours successifs de formation sont proposés : parcours découverte, parcours approfondissement en proposant des lieux et des personnes ressources.

La 3° étape viendra sans doute plus tard… qui permettra à des laïcs de s’engager dans une étape de discernement en vue d’un engagement.

Ex 6

En 2007, création de statuts pour la Fraternité

En 2010, rencontre internationale de tous les groupes existant

Création de deux nouvelles équipes

Les engagements faits en privé, sont faits désormais au cours d’une eucharistie à la Maison-Mère

Participation de délégués de la Fraternité à un temps du chapitre provincial.

Ex 7

En 2008, rencontre internationale. Suite à celle-ci : adoption du nom de notre Famille /rédaction d’un texte de référence / définition des modalités du lien à la Famille / ébauche d’une organisation interne.

Création d’un groupe d’animation de la Famille au niveau national

Développement des Fraternités (groupes locaux qui se réunissent pour partager et prier) / Structuration des Fraternités / Création d’une coordination nationale chargée d’animer

 Emergence d’un nouveau type de groupe (autre que les Fraternités)

En 2012 des délégués laïcs participent pendant quelques jours au Chapitre général. Un texte d’orientation de la Famille est travaillé et voté conjointement.

Ex 8 (monastère bénédictin, femmes)

Une Fraternité est née en 2006. Composée de 7 membres de 25 à 45 ans qui veulent mieux connaître la spiritualité de St Benoit et partagent sur sa résonnance avec leur vie quotidienne.

Depuis 2011 nous proposons à des jeunes de 18-30 ans une expérience de « 100 jours pour Dieu » par le partage de notre vie monastique

Et l’Oblature continue.

Ex 9 (Carmel)

Nous avons aussi des demandes individuelles qui ne rentrent pas dans les catégories prévues par le Carmel. Des personnes souhaitent un engagement, en lien avec notre communauté. Elles ne se retrouvent pas dans ce qui est proposé par les Fraternités carmélitaines. Nous avons établi un statut d’affiliation… avec vœux privés.

 
 

Les questionnements qui traversent l’enquête relèvent de deux grands axes

- soit de la mission

- soit de l’accompagnement et de l’organisation de la vie des équipes, des groupes, des Familles…

Dans l’enquête de 2007,

- les questions d’accompagnement, d’organisation étaient d’abord les questions des responsables religieux

- les questions de mission étaient d’abord les questions des « non religieux »

Aujourd’hui, ces questions demeurent, mais elles sont souvent portées ensemble !

 

Vous savez que ces questionnements font l’objet des Ateliers, vous en avez la liste dans le livret Prions en Eglise.

Je relève seulement ceux qui auront entre 50 et 100 participants, par ordre décroissant :

A/ Questions internes

Formation / Tutelles / Engagements, promesses / Ecrire une Charte / Le temps de la structuration / Sensibiliser toute la Famille à la dimension de Famille / Devenir une Famille

B/ Questions externes qui touchent la mission d’abord (et aussi le lien à l’Eglise locale)

Servir la mission dans la diversité des vocations / Familles spirituelles et Eglise locale / Des jeunes dans les Familles spirituelles / Servir la mission en Famille : se mettre ensemble pour un projet commun / Mission donnée à des laïcs par un institut.

 
 
 

Emulation de religieux devant la manière dont d’autres qu’eux vivent la ligne évangélique fondatrice

« Le métier d’éducateur découvert comme un projet enraciné dans l’évangile »

« La mission des laïcs devient la nôtre »

« Nous nous aidons mutuellement à grandir »

Une attente commune par rapport à la mission

 
 

Interpellation de religieux aux membres des groupes

« Que les laïcs tendent vers plus d’autonomie, y compris financière »

Interpellation de membres des groupes aux religieux

 « Pourquoi tant de frilosité, de réticences à tout mettre en œuvre pour communiquer et diffuser plus largement ce qui fait le charisme de la congrégation, pour appeler d’autres témoins, d’autres forces, d’autres relais,… ? »

Ces interpellations, sans être générales, reviennent plusieurs fois dans l’enquête.

 
 

Crise au sens de discernement commun

par exemple dans les cas de fermeture de communautés, de fusions entre instituts,…

Crise au sens de tensions

par exemple : une équipe qui éclate à cause de tensions entre les membres ou entre l’institut et lui.

Crise au sens de faire avec la réalité

Quand des responsables d’équipe déménagent, quand l’âge empêche des personnes ou des équipes de continuer leur chemin

 
 
 

Ces différents lieux (équipes, groupes ou Familles) sont présentés dans l’enquête comme des lieux d’une expérience d’Eglise positive. Je cite des réponses :

- « Notre Famille nous permet d’expérimenter l’Eglise comme Peuple de Dieu, de placer au cœur de la mission la Parole de Dieu, d’être en relation avec l’Eglise locale. Elle nous rend attentifs aux besoins de l’Eglise. »

- « Une Eglise communion qui reflète l’évangile à travers la diversité des charismes et des groupes ecclésiaux »

- « L’expérience de communautés de base »

- « L’expérience du témoignage commun des vocations »

- Et c’est un lieu pour « ne pas fuir l’Eglise » ou « pour accueillir des personnes qui ne trouvent pas ou difficilement leur place dans nos communauté paroissiales »

C’est l’expérience d’une Eglise où « l’enjeu n’est pas de renforcer ce qui manque aux institutions religieuses… mais l’enjeu est du côté de la nouvelle évangélisation à partir d’un sillon particulier ».

 
 

L’expérience vécue dans les Familles est

- perçue comme « une école de vie chrétienne »

- qui rend attentifs aux autres et rebondit sur toute relation humaine

- elle est comme un signe d’une fraternité possible pour tous… puisque expérimentée là

- elle conduit à des engagements sociaux

- elle est un lieu pour « trouver ensemble comment annoncer l’Amour de Dieu aujourd’hui dans ce monde »

 
 

En vue de la mission, quelques désirs ou projets nouveaux sont cités. Ils relèvent

- Soit d’une action commune : par exemple, créer un « foyer maternel »

- Soit de communauté de vie entre religieux et chrétiens associés (laïcs, mais aussi prêtres) en vue de la mission :

o sont donnés quelques exemples :

§ animation d’un « lieu de vie » ouvert aux plus démunis,

§ mode de vie dans l’esprit des béguinages,

o Un chapitre général a déjà voté cette possibilité en 2012.

 

Pour terminer, je sors du cadre strict du compte-rendu de l’enquête. En m’appuyant à la fois sur elle et sur tant de rencontres de terrain avec des groupes, des Familles, je vous propose quelques réflexions.

 

C’est un fait, l’évolution se poursuit : naissance d’équipes ou de groupes, construction de Famille(s), perception d‘une similitude entre les Familles anciennes et les nouvelles. C’est un autre fait : la même chose se vit dans les Eglises protestantes, anglicanes, orthodoxes. Certains de nos frères et sœurs sont là parmi nous. La plupart du temps, tout se réalise sous le mode des fourmis, discrètement, modestement, mais réellement présentes. Au long du chemin, sans nous en rendre compte, nous passons d’une manière de considérer ces relations à une autre manière. L’un des signes de ce changement de perspective est le fait que des instituts qui se disent « non concernés » par l’enquête, ajoutent quelques lignes pour dire ce qu’ils vivent. Ils sont donc concernés mais hésitent à le nommer ainsi.

 

Nous avons commencé à parler d’une séparation entre d’un côté les collaborateurs de la mission et de l’autre les associés à la spiritualité…

Aujourd’hui, nous découvrons que tous, nous cherchons à vivre l’évangile à partir d’un même sillon préférentiel : l’évangile au centre, Jésus-Christ au centre… suivi dans le sillage de fondateurs. Vous savez ma préférence pour l’expression « Familles évangéliques » pour dire que le centre en est l’évangile de Jésus-Christ…et rien d’autre… même s’il peut avoir une couleur particulière. Selon nos modes propres d’appartenance à ces Familles, nous essayons d’accueillir et de donner chair à un visage préférentiel de Dieu. Il n’y a pas de séparation entre spiritualité et mission ou d’autres choses. Il y a seulement un même sillon évangélique à qui nous donnons chair différemment. Les uns le font dans les institutions, d’autres par des engagements volontaires ou temporaires, au service des plus démunis, les autres dans le déploiement du baptême en toute leur vie d’hommes et de femmes, ou encore autrement, et même dans la vie religieuse ! Un même sillon évangélique vécu différemment.

 

Nous avons parlé de la complémentarité des vocations.

Aujourd’hui, nous sommes conduits à passer doucement de la complémentarité à la « communion des vocations », de la collaboration ou du partenariat à « l’Alliance entre des baptisés » (comme le dit une réponse, dans l’enquête)

 

Nous avons parlé de relations entre des personnes, les laïcs / les religieux… assimilant en quelque sorte les diacres et les prêtres à des laïcs.

Aujourd’hui, chaque Famille nous apparaît constituée de groupes. Chaque groupe est une communauté chrétienne particulière. Et la Famille est alors une communion de communautés chrétiennes, volontairement solidaires à cause et pour la cause de l’évangile.

 

Nous avons perçu les soifs spirituelles de notre monde, y compris au plus profond de notre cœur, que nous soyons, laïcs, diacres, prêtres ou religieux.

Aujourd’hui, puisant ensemble aux sources vives nous sommes convoqués, en Famille, à « répandre l’eau vive » : urgence de l’évangélisation.

 

De notre désir commun de répondre aux exigences de l’évangile, nous avons reçu et expérimenté la fraternité.

Nous découvrons alors que nous sommes invités à nous situer toujours plus non en pourfendeurs d’un monde mauvais, mais en témoins d’un « c’est possible » : c’est possible la fraternité, c’est possible l’écoute, c’est possible la solidarité… puisque Dieu l’a fait parmi nous.

 

Certains d’entre nous sont héritiers de longues traditions. D’autres parmi nous, ont commencé leur chemin il y a quelques mois ou quelques années. Nous nous demandions mutuellement : « Est-ce ou non la même chose ? ».

Aujourd’hui, nous pouvons dire « oui ».

Dans ce « oui », nous avons à accueillir l’expérience des anciens. Ils ont vécu le changement qui va du temps des Tiers-Ordres sous la direction des religieux au temps de « Groupements de Vie évangélique » qui sont des mouvements de laïcs. C’était en 1965.

Dans ce « oui », nous avons à accueillir aussi l’expérience de ceux qui ont commencé leur chemin depuis une vingtaine d’années ou depuis quelques mois. Ils ont marché sans savoir où ils allaient, sans modèle. Ils ont seulement perçu pas à pas qu’ils devaient poursuivre la route ensemble : baptisés et membres des instituts. Comme lors du premier rassemblement de Lourdes en 2007, nous avons dû nous mettre à l’écoute les uns des autres, comme sur une route d’Emmaüs. Nous avons découvert pour nous-mêmes la pastorale d’engendrement mutuel. Et tous les premiers initiateurs ont dû ouvrir leurs mains pour cueillir l’évangile des mains des « initiés » devenus leurs frères et sœurs, car eux aussi, fils et filles des fondateurs.

 

Nous avons tous traversé des tempêtes ou des moments d’obscurité : conflits de pouvoir, attachement des religieux à leur « charisme », peurs devant l’inconnu, etc. Nous avons connu des temps de lumière aussi, d’émerveillement, d’interpellation mutuelle pour vivre les exigences de l’évangile.

 

A travers tout cela, il nous est donné de découvrir et expérimenter une manière nouvelle de faire Eglise en communautés fraternelles… Non pour nous-mêmes, non en opposition à l’Eglise locale, mais comme un envoi. C’est ce que disait ici-même il y a 7 ans, Mme Françoise Gilger, en conclusion de la vidéo qui inaugurait le rassemblement : Elle est membre des Fraternités laïques dominicaines et parlait alors des relations de la Fraternité avec l’ensemble de l’Ordre dominicain : « Je voudrais qu’il y ait une synergie entre nous, car dans ce monde, voyez-vous, beaucoup ne connaissent pas Dieu ». Tel est le fondement de chaque Famille : une synergie pour la mission !

 
 

Bernadette Delizy, Sœur de Sainte-Clotilde

 

 

Familles Spirituelles 2013