Revue de presse : La vie religieuse a toujours son mot à dire

Bruno Bouvet (à Lourdes) , le 11/11/2018 à 17h02


La Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) a ouvert, samedi 10 novembre à Lourdes, l’assemblée générale qui marque son dixiême anniversaire.

Dans son rapport moral, sa présidente, sœur Véronique Margron a décliné les domaines dans lesquels congrégations, instituts et communautés monastiques peuvent exprimer leur spécificité dans la société.

À peine sœur Véronique Margron, la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) a-t-elle achevé la présentation de son rapport moral, au premier jour, samedi 10 novembre, de l’assemblée générale qui marque les dix ans de l’institution, qu’une remarque jaillit au micro dans l’hémicycle Sainte Bernadette de Lourdes. Plus précisément, une suggestion : « Nos congrégations et instituts n’auraient-ils pas intérêt à valoriser aux yeux de l’ensemble de la société la maniêre dont nous vivons ensemble la question du grand âge ? »

Pourquoi pas un inventaire sur ce que la vie religieuse fait sur le thême « Vieillir autrement », dans le cadre des réflexions lancées par la Conférence des évêques de France sur la présence de l’« Église en périphérie », aprês l’habitat partagé et l’enfance ?

Une expérience dans l’accueil du grand âge

L’écho rencontré par cette suggestion dans l’assemblée, est le signe manifeste que les religieux et les religieuses de France aspirent à ne pas être réduits aux difficultés qu’ils rencontrent et dont Véronique Margron n’a nullement fait mystêre. Ainsi, le vieillissement constant des communautés, confrontées pour un certain nombre à la disparition inéluctable à plus ou moins terme, leur offre une expérience riche en matiêre d’accueil du grand âge, dont plusieurs ont donné des exemples éclairants.

« Si la vieillesse porte avec elle son lot de souffrances et d’inquiétudes, la force d’être ensemble, de chercher de concert le Christ, d’en vivre au jour le jour (…) peut-elle aussi témoigner que cette même vieillesse est aussi une grande aventure à vivre qui rend plus libre face aux apparences et aux injonctions d’utilité de notre monde, qui offre la lenteur pour goûter les choses de la vie. Il s’agit alors de " faire sa vieillesse " comme nous avons fait notre métier… Ceci me semble, en ce temps, une authentique mission », a fait remarquer Véronique Margron, dans son intervention.

« À l’heure où la crise des EHPAD est si profonde et endémique, pouvons-nous, modestement, porter témoignage qu’un autre chemin est vraiment possible pour prendre soin et vivre avec nos aînés ? » s’est-elle aussi interrogée, en écho au thême de l’assemblée générale « La vie religieuse en conversation ».

Signes des temps

Sur la vieillesse donc mais aussi sur le scandale des abus de toute sorte dans l’Église – qui font l’objet de deux séances de travail dimanche 11 et lundi 12 novembre aprês-midi – comme sur différents thêmes ayant trait à leur vie interne tout autant qu’à la cohésion sociale, congrégations et instituts semblent vouloir proposer une vision particuliêre qui puise dans leurs spécificités. Notamment la vie communautaire.

« L’art de la nouveauté, de la prospective est à penser avec d’autres, autant que le discernement actuel des " signes des temps "d’une humanité en quête de paix, de lieux de repos pour le cœur et l’âme, en quête d’écoute et de concorde, a insisté sœur Véronique Margron. La force de la vie religieuse est d’être par essence incarnée, de se vivre par le corps. »

Une maniêre d’affirmer avec force qu’elle a encore, malgré sa faiblesse numérique, des choses à dire à « des sociétés (…) fatiguées des grands discours qui, de plus, trop souvent, engagent peu. »

Source : https://www.la-croix.com