Déclaration de la Corref à l’issue de l’AG de Lourdes

LA VIE RELIGIEUSE S’ENGAGE
DANS LA LUTTE CONTRE LA PEDOCRIMINALITE ET LES ABUS SEXUELS


L’assemblée générale bisannuelle de la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) qui regroupe 450 membres, soit l’ensemble des responsables d’Instituts religieux, apostoliques comme monastiques, a longuement échangé sur la douloureuse question de la pédocriminalité et des abus sexuels. Dans ce cadre, le 11 juin dernier, la CORREF avait organisé une large rencontre de sensibilisation, d’écoute et d’échanges entre les responsables d’instituts et des personnes victimes.

Dans la suite de cette journée três forte, elle a pris aujourd’hui deux décisions :
1. « L’assemblée générale décide de s’associer pleinement à la décision prise par la Conférence des évêques de France (CEF) concernant la mise en place d’une « commission indépendante »,
« pour faire la lumiêre sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Église catholique depuis 1950, pour comprendre les raisons qui ont favoriseÌ la maniêre dont ont eÌ teÌ traitées ces affaires et pour faire des préconisations. » (Extrait du communiqué de presse des évêques de France, le 7 novembre 2018.)

2. Elle approuve la poursuite du processus suivant, proposé par son conseil d’administration. À partir de ce que nombre de nos Instituts font déjà, cette démarche peut notamment se décliner ainsi :
-  Travailler ensemble sur la formation initiale et la formation continue dans nos Instituts,
-  Proposer aux Instituts des protocoles sur la protection des mineurs et des personnes vulnérables,
-  Rendre possible une meilleure prise en charge des auteurs,
-  Avancer sur différentes modalités de réparation pour les personnes victimes.

Par ailleurs, la CORREF souhaite se saisir de la difficile question de l’accês à la parole des membres de nos Instituts qui ont été victimes, en France mais aussi en d’autres pays où nous avons des sœurs et des frêres.

Pour progresser sur ces points, la CORREF organisera groupes de travail et journées spécifiques, dans lesquels des personnes victimes pourront être parties prenantes, comme nous le faisons déjà.

Une Assemblée générale spécifique sera convoquée en 2019 pour recueillir les fruits du processus engagé et prendre les décisions qui s’imposeront alors.

En temps voulu, la CORREF prendra bien sûr en compte les préconisations de la « commission indépendante ».

Notre assemblée avait comme thématique « la vie religieuse en conversation » et nous l’avons véritablement vécue, y compris sur la question de la pédocriminalité, au cours de ces 4 jours. Une conversation, qui trouve sa fondation dans l’écoute de la Bible, révêle un Dieu sans cesse en dialogue avec les hommes de toutes conditions, de toutes situations.
Nous voulons être les serviteurs de cette conversation sans frontiêres de notre Dieu avec tous. Les religieuses et religieux de France souhaitent être, partout où ils sont – en cités sensibles, monastêres, maisons d’accueil, universités, maisons d’aînés, paroisses, etc. – des partenaires d’une conversation. Celle qui rend possible de faire société, de nous reconnaître au-delà de toute appartenance sociale ou confessionnelle, d’agir alors ensemble au service du bien commun. Nous n’avons rien à défendre de nous-mêmes et souhaitons vivre désarmés. Notre vie est là simplement pour être partagée, offerte à ceux qui le souhaitent.

Sr Véronique Margron op.
Présidente de la CORREF