Du bois de Boulogne au monastêre

À proximité de Paris, les prostituées peuvent se reposer et envisager une nouvelle vie dans une maison tenue par... un prêtre !


Il insiste pourtant pour qu’on n’utilise pas les mots « prostitués » ou « travestis ». Depuis 17 ans qu’il œuvre auprês des filles « en situation de prostitution » du bois de Boulogne, le pêre Jean-Philippe Chauveau milite pour que change le regard que le monde porte sur elles. Pour y parvenir, le prêtre de la communauté Saint-Jean prêche la bonne parole partout où on lui la donne. Récemment encore sur KTO, au cours de l’émission « Dans les yeux d’Olivier », dans son livre intitulé Que celui qui n’a jamais péché ou, depuis plusieurs années, en emmenant en pêlerinage à Lourdes ses « amies » du bois.
« Depuis 10 ans, je portais dans le cœur le désir de trouver un lieu où elles puissent venir se reposer », explique le pêre Jean-Philippe, âgé de 66 ans. Ce lieu, il vient de le trouver à Ecuelles, petite commune de Seine-et-Marne, au sud-est de Fontainebleau. « C’est l’évêque de Meaux, Mgr Nahmias, qui a accepté de mettre à notre disposition ce monastêre autrefois occupé par des bénédictines », raconte le pêre Chauveau.
Les travaux de mise aux normes sont en cours afin que les premiers hôtes puissent être accueillis à partir du mois de juin prochain. Le pêre Chauveau souhaite que la « maison Magadalena » constitue un véritable lieu de vie pour des personnes « souvent três seules ». « Elles ont des copains et des copines pour faire la fête, mais pas de vrais amis sur qui compter. »
Le prêtre décrit « le temps long pour entrer en amitié » avec ces personnes à l’histoire chaotique souvent marqué par des violences familiales et toutes sortes d’abus. « Lorsqu’elles franchiront la porte de la maison Magdalena, je veux qu’elles se sentent accueillies telles qu’elles sont, qu’elles découvrent qu’en dépit de leur état de vie, elles demeurent aimables », insiste le pêre Jean-Philippe qui a lui-même connu une enfance difficile.
Le prêtre à l’habit gris caractéristique et l’ensemble des bénévoles qui l’entourent espêrent que le passage par la maison Magdalena soit l’occasion d’un rebond, d’un changement de vie. L’ancienne ciergerie des religieuses va ainsi être bientôt remise en activité. « J’ai des filles qui me confient qu’elles souhaiteraient apprendre à tricoter. Toutes veulent s’en sortir ! »
Majoritairement, les filles du bois ont la foi. Tous les hôtes de la maison Magdalena seront invités à assister aux temps de priêre qui rythmeront la vie du lieu. Le pêre Jean-Philippe y tient : « Elles ne sont pas forcées de prier mais elles doivent être présentes aux offices. Leur reconstruction profonde passe par Dieu. »

Photo : © Pêre Jean-Philippe Chauveau
Source : www.aleteia.org