Des religieuses demandent au pape le droit de vote au synode sur l’Amazonie

Des religieuses participant depuis trois semaines à un synode d’évêques consacré à l’Amazonie ont envoyé une pétition au pape pour demander le droit de voter sur le document final de l’assemblée samedi après-midi.


Un éventuel feu vert du pape constituerait une première historique, mais le Vatican n’a pas commenté samedi l’initiative.

Une participante au synode, sœur Inés Azucena Zambrano Jara, religieuse équatorienne en mission en Colombie, a indiqué vendredi qu’une lettre avait été expédiée au pape François sur ce sujet, sans toutefois en détailler le contenu.

Selon le site spécialisé Religion Digital, les 35 femmes participant au synode ont signé la pétition envoyée vendredi réclamant un droit de vote. Le synode compte 29 auditrices dont 18 religieuses, 4 expertes dont 2 moniales, ainsi que 2 invitées spéciales.

Samedi après-midi, les évêques voteront un à un les paragraphes d’un document de synthèse de leurs propositions, qui devront chacun recueillir deux tiers des votes pour être adoptés. Les propositions seront soumises au pape qui rédigera son propre texte dans les prochains mois.

Lors d’un précédent synode d’évêques consacré aux jeunes à l’automne 2018, le pape avait déjà fait une entorse aux règles de vote en permettant à des supérieurs de congrégations religieuses masculines d’y prendre part. L’un d’eux avait alors demandé au souverain pontife d’envisager d’étendre ce droit aux mères supérieures de congrégations.

Avant le coup d’envoi du synode sur l’Amazonie début octobre, des sœurs bénédictines d’un monastère suisse étaient venues spécialement à Rome pour défendre le droit de vote des femmes.

L’un des points majeurs attendu dans le texte final samedi est une reconnaissance officielle par l’Eglise du rôle essentiel joué par les femmes laïques pour propager la foi en Amazonie, en leur attribuant des "ministères" (fonctions spécifiques), voire en leur donnant accès au "diaconat" actuellement réservé aux hommes laïcs.

Les deux tiers des communautés autochtones sans prêtres sont guidées par des femmes.

Sœur Inés Azucena Zambrano Jara a expliqué vendredi, lors d’un point de presse du synode, que sa congrégation "vit aux côtés des indigènes depuis 105 ans" et veut "promouvoir la femme indigène et paysanne".

La religieuse a aussi mis en avant la "participation active" des femmes à ce synode, certaines se définissant comme des "mères synodales".

Le synode compte 184 "pères synodaux" (évêques ou cardinaux) ayant le droit de vote, dont plus de 60% venant de la région panamazonique qui couvre neuf pays d’Amérique latine.

Source : AFP