Homélie de Mgr JL Papin, 18 octobre 2013, Familles Spirituelles 2013


La fête de saint Luc nous rappelle cette dimension importante de notre vocation de baptisés : annoncer l’Evangile. Lorsque Jésus appela les Douze, il est précisé qu’aussitôt il les envoya annoncer la Bonne Nouvelle. Il en fut de même pour les soixante-douze disciples dont nous parle l’évangile de ce jour. Être appelé par Jésus pour être avec lui, c’est devenir ses compagnons de mission, puisque le motif de sa venue dans le monde, ce fut la proclamation du Rêgne de Dieu. Nous avons vocation à être inséparablement disciples et apôtres. Vous connaissez ce cri de l’apôtre Paul : « Â Pour moi, évangéliser, ce n’est pas un titre de gloire, c’est une obligation. Malheur à moi si je n’évangélisais pas ! » Ayons cette même conviction !

Parmi les consignes données par Jésus aux soixante-douze, deux ont retenu mon attention.

La toute premiêre est celle-ci : « Â Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Saint Luc a souvent rendu compte de la priêre de Jésus aux moments décisifs de sa mission. Par là, il signifie qu’elle a son origine en Dieu et qu’elle doit toujours correspondre à son intention. Il en est de même pour l’Eglise envoyée enseigner toutes les nations et pour chacun de nous. La mission de l’Eglise a sa source permanente en Dieu, c’est pourquoi elle s’ancre dans la priêre. Et c’est pour cette même raison qu’elle s’achêve également en lui par l’action de grâce, comme cela est signifié par Jésus lui-même quelques versets plus loin lors du retour de mission des disciples : « Â Je te rends grâce, Pêre, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et que tu les as dévoilées aux petits ».

Aprês l’invitation à la priêre vient cette seconde consigne : « Â N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales ». Un peu plus tôt, il avait dit aux Douze : « Â Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas deux tuniques ». L’équipement du missionnaire est réduit à l’extrême. Pas même le minimum qu’un voyageur devait prendre avec lui. Cet appel au dépouillement et la fragilité qui en résulte pour le témoin de l’Evangile est une invitation à une double confiance. Confiance en Dieu : si c’est lui qui envoie les disciples, c’est lui aussi qui les accompagne et qui donnera fécondité à leur engagement missionnaire ; confiance aussi dans les destinataires de la mission : « Â Mangez et buvez ce que l’on vous servira ». Il n’y a pas de mission possible sans cette double confiance en Dieu et en ceux vers qui nous sommes envoyés. François d’Assise a été três sensible à cette page d’évangile et s’en est inspiré pour la rédaction de sa rêgle. Nous connaissons la fécondité apostolique qui en a résulté.

Frêres et sœurs, chers amis, nous sommes au cœur de la Semaine missionnaire mondiale dont vous connaissez le mot d’ordre : L’Evangile pour tous, j’y crois ! L’Eglise veut s’engager dans la mission d’évangélisation avec une ardeur renouvelée et inventive. Le récent synode romain sur la nouvelle évangélisation en témoigne mais aussi de nombreuses initiatives prises dans nos diocêses et nos diverses communautés. Ce dynamisme missionnaire s’accompagne d’un désir d’ancrage plus fort dans le Christ. Nous en avons de três nombreux témoignages, dont celui que vous donnez en vous associant d’une maniêre ou d’une autre à un institut religieux. Car, c’est bien votre désir de puiser à la source d’eau vive, d’être davantage enracinés et fondés en Christ pour en témoigner avec audace qui fonde votre démarche. Vous répondez ainsi à l’invitation que Paul adressait à son disciple Timothée : « Â Réveille en toi le don que tu as reçu… pour l’annonce de l’Evangile ». L’appel du Christ à avancer au large de la mission va de pair avec l’appel à aller aux profondeurs de la vie divine.

Je conclurai par la collecte de la messe pour la nouvelle évangélisation que nous pouvons faire nôtre en cette fête de l’évangéliste saint Luc : « Â Dieu qui, par la puissance du Saint Esprit, as envoyé ton Verbe porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, fais que, en gardant les yeux fixés sur lui, nous vivions toujours dans une charité sincêre, pour annoncer l’Evangile et en témoigner dans le monde entier » AMEN.

+ Jean-Louis PAPIN,
Evêque de Nancy et Toul,Président de la Commission épiscopale pour la vie consacré

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