« La Diaconie est une partie essentielle de l’évangélisation


par Chantal Joly
 
Le Père Raniero Cantalamessa, capucin, Prédicateur de la Maison pontificale à Rome, animera une retraite spirituelle pour les responsables de Diaconia 2013, du 12 au 14 mars 2012 à Lourdes. Parmi eux, des personnes en situation de précarité ou de handicap.
 
 

Quel regard portez-vous sur la démarche Diaconia 2013 ?

Elle me paraît très importante et très actuelle. Je suis sûr que le Seigneur est content de ce choix et que cette démarche sera porteuse de retombées très positives pour l’Eglise en France. Personnellement, je me réjouis d’avoir à intervenir sur ce thème de la charité vu sous l’angle spirituel ainsi que je l’avais déjà fait en juin 2008, au Mexique, pour le Conseil Pontifical Cor Unum. J’avais alors prêché un cycle de méditations sur le thème "Lo Spirito Sonto fonte della carità cristiana" (L’esprit Saint, source de la charité chrétienne) devant quelque 500 directeurs des Caritas (dont une trentaine d’évêques) des deux Amériques et à plus de 500 séminaristes du diocèse de Guadalajara.
 
 

Sur quoi va porter votre intervention et quels sont les grands textes inspirateurs de la Bible et de l’Eglise pour réfléchir ce thème ?
Je ne vais pas rester sur le plan social et sociologique car je ne suis pas compétent pour donner des indications pratiques face aux problèmes concrets. En me laissant guider par ce que le président du Conseil pour la Solidarité de la Conférence des évêques de France, Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et Saintes, m’a dit, je vais tenter de répondre à l’intention profonde de ceux qui travaillent dans le domaine de la charité ; c’est à dire renouveler l’inspiration qui vient de l’Evangile afin de la réinterpréter dans la pratique quotidienne. Le fil conducteur de la réflexion sera la pauvreté : le choix d’une Eglise pauvre et le choix d’une Eglise pour les pauvres. Les textes qui reviendront le plus seront les Béatitudes et les grandes paraboles sur la richesse et la pauvreté ainsi que ceux donnant le sens de la doctrine sociale de L’Eglise avec l’apport des encycliques sociales des papes y compris, bien sûr, Caritas In Veritate, de Benoît XVI.
 
 

De nombreux chrétiens estiment prioritaire de s’engager pour la nouvelle évangélisation. Quelle y est la place du « service du frère » ?
La Diaconie est une partie essentielle de l’évangélisation. Des savants, historiens de l’Eglise, ont pu mettre en lumière le fait que la pratique de la charité envers les nécessiteux (malades, veuves et orphelins, étrangers, pauvres, prisonniers...), a été un des facteurs principaux de triomphe et d’expansion du christianisme lors des trois premiers siècles, en parallèle avec la prédication de la Bonne Nouvelle. Aujourd’hui encore, le monde qui n’est pas encore prêt à recevoir l’annonce, est sensible à la charité de l’Eglise. C’est pour cette raison que bien des pouvoirs publics, des gouvernants d’Etats, aident l’Eglise.
 
 

Les Capucins appartiennent à la famille franciscaine. La pauvreté a-elle joué un rôle dans le choix de votre Ordre ?

Au commencement de mon itinéraire de formation religieuse, à 12 ans, j’ai choisi le petit séminaire capucin parce que c’était l’endroit le plus proche pour m’engager. C’est après que j’ai pu apprécier le charisme de Saint François dont je suis toujours aussi enthousiaste. Nous avons une leçon à retirer de la figure du Poverello d’Assise : la conversion profonde des riches ne peut pas venir de la polémique, de l’attaque de la richesse, d’une révolution menée contre les riches mais de la présentation de l’idéal et de la joie de la pauvreté.

Diaconia 2013