"Le pape François, un homme de parole" : sortie en salle le 19 septembre 2018

Le film de Wim Wenders parcourt à grandes enjambées les cinq ans du pontificat de Jorge Mario Bergoglio, apparu un soir sur le balcon de la basilique Saint-Pierre et dont le « Buona sera (bonsoir !) » a surpris et ému.


Le scénario, simple, est bâti autour de trois axes : François d’Assise, inspirateur du pape, les voyages du pape François et les messages du souverain pontife.

Le Poverello d’Assise

Pour chaque piste, le réalisateur construit sa trame de maniêre originale, avec une voix off teintée d’accent allemand. Il reconstitue le parcours du saint d’Assise en filmant, en noir et blanc, les débuts d’un François joyeux et miséreux, habité de la mission reçue du Christ : reconstruire l’Eglise en ruines. Habilement, les scênes sont constituées à partir des fresques de Giotto racontant la vie de François, dans la basilique d’Assise.

Les voyages du pape viennent ensuite illustrer la mission du Saint-Pêre, disciple du Poverello, dans ses contacts avec les Grands (l’ONU à New York, Shimon Pérês et Mahmoud Abbas, le Congrês américain, les dignitaires religieux, etc.) et avec les plus humbles (de touchantes images dans les hôpitaux d’Afrique). De Jérusalem à Lesbos, de Rio de Janeiro à Bangui, de Philadelphie à Manille, le pape émeut, rassemble les foules, ne craint pas de provoquer et de faire rire. Les images de sa petite Fiat entourée des grosses limousines américaines à Washington constituent, à elles seules, le symbole éclatant de son message au monde, à la fois humble et fort.

Entretiens les yeux dans les yeux

Troisiême ligne directrice du film, les entretiens directs du pape, face caméra. Les mots de François, captés les yeux dans les yeux, révêlent la profondeur de son enseignement. Ses thêmes de prédilection – la pauvreté, l’Eglise aux périphéries, la lutte contre le cléricalisme, la protection de la Création, l’accueil des migrants – sont développés de maniêre directe.
Véritable curé du monde, ouvert sur tous les problêmes de la planête, le pape parle sans détours. Et son verbe, habité par le souci de rendre à l’homme sa dignité, porte. Ses conseils aux parents (« Prenez du temps pour écouter, car nous vivons dans un monde de sourds ») comme aux parlementaires américains révêlent un homme habité du sens de sa mission. Les entretiens, filmés dans son bureau ou dans les jardins du Vatican, montrent à quel point le pape François sait utiliser avec finesse ce média pour convaincre, argumenter, faire bouger.

Un homme libre et engagé

Le montage du film intêgre alternativement les épisodes de la vie de François d’Assise, les voyages et les entretiens avec le pape. Grâce à des images variées, la mission du pape prend une dimension planétaire. « La tendresse est une force », dit-il. Et le courage de cet homme libre et engagé donne au film une valeur non seulement documentaire, mais aussi spirituelle.

Source : https://www.cath.ch/