Les fraternités franciscaines (témoignage)


Depuis trois ans, Michèle et Jean-Marie Schuster accueillent des jeunes hommes souffrant d’addictions dans la maison Saint-Joseph à Sospel (Alpes-Maritimes). « Nous nous sommes engagés en 1997 dans l’ordre franciscain séculier, après une rencontre avec une fraternité à Bitche, en Moselle où nous vivions. La simplicité des rapports, la vie fraternelle, l’attention à l’autre nous ont comblés. Notre place était là. Saint François était le guide que nous voulions suivre et imiter.

En 2002, Jean-Marie, forestier, a été muté à Nice, où nous avons été responsables de la distribution alimentaire pour les SDF jusqu’à la fin 2010, au sein de l’association diocésaine MIR. La pauvreté est le fil rouge de la spiritualité franciscaine. Face à ces hommes à la rue, nous nous demandions : que puis-je faire et donner ? En 2007, nous avons codirigé le centre d’hébergement et de réinsertion sociale situé dans cette maison de Sospel, propriété de MIR. À la fin 2010, cette formule ne nous correspondait plus. Nombre de jeunes, qui quittaient le CHRS se retrouvaient à la rue peu de temps après. Plus que d’argent ou de logement, ils ont besoin de trouver un sens à leur vie. En accord avec MIR, nous avons fondé la maison Saint-Joseph, où nous partageons le quotidien de jeunes hommes souffrant d’addictions, dans une vie communautaire et de prière. Engager avec eux ce chemin de guérison dans la gratuité de l’amour de Jésus impliquait de quitter le monde du travail pour s’abandonner à la Providence. À leurs côtés, nous cultivons 540 oliviers et un potager. La vente d’huile d’olive et de paniers de légumes au voisinage paie le matériel. Des amis assument les charges de la maison. Sans profession ni revenu, nous vivons des dons alimentaires de bienfaiteurs et des invendus des commerces locaux que nous mendions chaque jour. Parfois, on récolte un sourire, parfois une claque lorsqu’on nous répond qu’il n’y a rien ou que nous pourrions travailler. Nous expérimentons aussi le manque. C’est difficile, mais saint François a lui aussi quitté sa situation bourgeoise. Nous sommes à son école, soutenus par la foi et la prière. Pauvres aux yeux du monde, nous nous enrichissons de joies simples mais profondes : récolter de belles tomates, recevoir du café longtemps désiré... Accueillir et remercier tout ce qui nous est donné comble nos cœurs. En vivant au quotidien le choix préférentiel pour les plus pauvres du charisme franciscain, nous nous sentons à notre place, petits parmi les petits. »

A retrouver sur le site du Pèlerin

Familles Spirituelles 2013