Message de Pâques

Se lever


Dans la nuit encore profonde, dans les larmes qui ne veulent se tarir, dans le deuil qui ne fait que commencer, Marie se lève et se presse. Pourquoi se hâter puisque son amour est mort et la nuit froide ? Elle le sait, elle qui était là, au pied de la croix et jusqu’au bord de la tombe dans ce jardin. Serait-ce son secret ? Là où s’enracine sa force pour se lever ? Elle a habité, totalement, la joie et la souffrance d’aimer, le combat d’aimer.

Alors, une autre connaissance est en elle, hors de tout savoir, folle pour beaucoup : son amour est plus fort que le roc froid de la mort. La Madeleine réveille en nous l’aube du jour nouveau du monde.
Le tombeau n’est ni vide, ni plein, il n’est plus. Le Christ, crucifié pour avoir aimé, a déserté la mort et s’en est retourné en son vrai lieu : dans les cœurs, intimes, secrets, de celles et ceux qui le cherchent, l’espèrent, l’annoncent, le prient.

« L’aube se lève à peine, serait-ce celle de l’espérance ? » interrogeait Geneviève Anthonioz de Gaulle en terminant le récit de sa Traversée de la nuit.

Ce matin, l’espérance fut réveillée par une femme qui s’est redressée contre le désespoir et l’état des choses.

Pâques plus vraie que jamais peut-être car, solidaires avec ce monde si éprouvé, avec les plus fragiles d’entre nous, ici et d’ailleurs, nous célébrons non une lumière éblouissante, mais une lueur, un secret, une espérance folle et tenace, une mystérieuse et déterminante rencontre d’humanité. La pierre précieuse de l’amour peut renverser la pierre tombale.

Véronique Margron op.
Présidente de la CORREF