Message du XVIIIème Chapitre Général des Fils de la Charité Année du centenaire (1918-2018)

Avec Lui, chemin faisant (Lc 24, 13-25)


Chers Fils de la Charité,

Cent ans ! Nous sommes pleins de gratitude pour le chemin parcouru. À l’heure ème de la clôture de ce XVIII chapitre, c’est avec joie et confiance que nous entendons l’appel de Dieu à continuer ce chemin sur les traces du Père Anizan et des premières générations. Chemin de vie et d’espérance à l’image des pèlerins sur le chemin d’Emmaüs.

"De quoi discutiez-vous en chemin ?" (Lc 24, 17)
Chemin faisant, nous avons porté la vie du monde. Si nous gardons confiance en l’homme et foi en Dieu au cœur de ce monde, les fragilités qui touchent l’homme et notre vivre-ensemble nous questionnent. L’injustice frappe toujours plus les petits et les pauvres. Avec "la mondialisation de l’indifférence", des valeurs comme la fraternité ou la solidarité s’effacent. L’individualisme, l’hédonisme et le consumérisme déshumanisent la personne humaine. L’homme est plus que jamais en recherche de sens dans nos sociétés déstabilisées.
Quels que soient nos continents, notre famille des Fils de la Charité est touchée dans son existence personnelle et communautaire.

"Notre cœur n’était-il pas tout brûlant ?" (Lc 24, 32)
Chemin faisant, comme pour les pèlerins d’Emmaüs, le Christ nous a fait relire notre histoire. Il nous a assuré de sa présence à nos côtés et notre cœur de pasteur et d’apôtre s’est mis à brûler de la même passion et du même zèle apostolique que notre fondateur.
Nous avons redécouvert avec joie la beauté et la grandeur de notre spiritualité missionnaire. Invitation à "aller à Dieu et au peuple ensemble". Être des "voyants" autant que des "exécutants", "voir large" pour chercher Dieu et se laisser chercher par Lui dans la fidélité à notre mission au cœur du peuple. Même si elle peut être éprouvante, la vie fraternelle demeure un trésor dont il nous faut prendre soin. Elle est un chemin de conversion et d’humilité.

"Ils le reconnurent à la fraction du pain"(Lc 24, 30-31)
Chemin faisant, nous avons repris conscience que la Passion, la Mort et la Résurrection du Christ s’actualisent et se poursuivent dans le partage "des morts et des résurrections" du peuple, comme dans celles de nos existences personnelles et communautaires. Nous avons célébré ce mystère pascal dans nos eucharisties ou encore dans l’adoration. Ensemble nous avons reconnu que la croix du Christ n’est pas d’abord un lieu de la souffrance, mais bien la manifestation de l’Amour miséricordieux de Dieu pour l’humanité. Ouvrir nos yeux sur le peuple, partager la Parole du Christ et son Pain, annoncer sa présence demeurent des appels pressants pour notre vie communautaire et apostolique.

"Sur l’heure, ils partirent et revinrent à Jérusalem"(Lc 24, 33)

Chemin faisant, comme pour les disciples d’Emmaüs, l’Esprit Saint nous presse de retourner vers nos quartiers et nos églises locales pour annoncer cette Bonne Nouvelle. Nos défis sont devenus pour nous des chemins d’espérance. Avec vous, nous voulons vivre un appel vocationnel renouvelé, émerveillés de la pertinence et de l’actualité du message de notre fondateur.
Avec vous, nous croyons que nos vies religieuses et apostoliques témoignent de la Charité-Compassion de Dieu qui sauve. La Bonne Nouvelle est aujourd’hui encore annoncée aux pauvres et le peuple attend des pasteurs empreints de bonté et de douceur, de bienveillance et de tendresse. Avec vous, dans un monde où les migrations mêlent le multiculturel et l’interreligieux nous voulons partager les richesses de l’accueil et de la rencontre de l’autre. Face à l’indifférence et à la peur nous désirons promouvoir la paix, la solidarité et la fraternité.
Avec vous, nous désirons accompagner la variété d’expériences, allant de la piété populaire à la quête de sens. En les accueillant nous voulons "redonner au peuple la grande intelligence du christianisme".
Avec vous, nous sommes reconnaissants à Dieu et à l’Eglise de nous avoir donné le pape François. Il nous invite à entendre le cri de la terre et le cri des pauvres en nous engageant dans le combat écologique pour la préservation de notre terre et pour la justice : "La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi !" (Gn 4, 10) Puissions-nous accueillir son appel à vivre une "sobriété heureuse" !
Comme à Emmaüs, le Christ rejoint notre chemin, pour l’éclairer et nous relancer. Notre institut est un vrai don de l’Esprit Saint appelé à devenir un "corps apostolique international". Le Christ est le "premier Fils de la Charité", laissons l’Esprit Le former en nous pour que nous puissions dire avec Marie, notre Mère : "Que tout m’advienne selon ta parole" (Lc 1, 38). À l’orée de ce nouveau centenaire, la parole du Père Anizan nous accompagne : "Courage et confiance toujours et quand même".

Le Chapitre Général

https://filsdelacharite.org