Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars, président de la commission épiscopale pour la Vie Consacrée

Parole aux Eglises sur RCF.


Mgr Pascal ROLAND évêque de Belley-Ars, président de la commission épiscopale pour la Vie Consacrée arrive au terme de ce mandat aujourd’hui même. Au moment où s’achève sa charge au service de la vie consacrée, il souhaite rendre hommage aux personnes consacrées. Pourquoi ?

En ce temps d’après confinement, je constate que beaucoup de gens aspirent à organiser leur vie sur de nouvelles bases. En effet, actuellement j’entends dire un peu partout qu’on souhaite modifier la manière de consommer, de produire, de voyager, d’organiser son temps, de concevoir la relation aux autres. On cherche aussi à mieux honorer la dimension spirituelle. Mais je constate aussi qu’on ne sait pas comment faire très concrètement ! C’est là où les personnes consacrées, en particulier les moines et les moniales, peuvent nous aider, parce qu’ils ont une riche expérience à partager.

Qu’est-ce que les consacrés ont à nous apprendre concrètement pour modifier nos modes de vie ?

Pour commencer, ils nous offrent un juste rapport au temps, aux biens matériels et à la mort, parce qu’ils ont délibérément fait le choix du royaume de Dieu. Ils vivent dans la priorité de l’amour, parce que l’amour ne passera jamais (1 Co 13, 8).

Comment cela se traduit-il concrètement ?

Dans une société animée par le principe de la consommation, les personnes consacrées choisissent un style de vie marqué par la sobriété et la simplicité, à la suite du Christ pauvre. Par exemple, les moines et moniales ne produisent que ce dont ils ont besoin pour vivre. De ce fait, ils vivent dans une très grande liberté et manifestent une vraie joie de vivre.

La vie consacrée nous offre le signe de la gratuité. Elle « ne sert à rien », dans le sens de l’utilité et de l’efficacité immédiate. Mais à l’amour gratuit de Dieu, les consacrés répondent gratuitement, d’une part, en consacrant le meilleur du temps à la louange de Dieu ; d’autre part, en se rendant disponibles aux autres.

Que nous apprennent-ils sur la façon de vivre les uns avec les autres ?

Dans une société où s’impose la tyrannie du désir individuel, la vie religieuse met en valeur la fraternité universelle. En vivant la vie commune sans s’être choisis mutuellement, les membres de communautés religieuses offrent le signe d’un vivre ensemble possible dans la diversité des origines sociales, des générations et des appartenances culturelles.

Et puis, dans une société qui exclut les plus fragiles, en faisant le choix d’être présents là où sont les oubliés de toutes sortes, les consacrés signifient que l’Eglise est servante et ils défendent concrètement la dignité inaliénable de toute créature humaine.

Cela revient à dire que les personnes consacrées ont à être les aiguillons du changement ?

Jean-Paul II disait que « Ceux qui suivent les conseils évangéliques proposent pour ainsi dire, une ‘thérapie spirituelle’ à l’humanité, puisqu’ils refusent d’idolâtrer la création et rendent visible en quelque manière le Dieu vivant ». Il affirmait que « La vie consacrée, surtout pendant les périodes difficiles, est une bénédiction pour la vie humaine et pour la vie de l’Église elle-même » (Vita consecrata, n° 87). Alors accueillons cette bénédiction, en apprenant à mieux connaître les consacrés et encourageons aussi les vocations consacrées dont nous avons besoin !