Note avec indications pastorales pour l’Année de la foi (extraits)


Note avec indications pastorales pour l’Année de la foi, publiée par la congrégation pour la doctrine de la Foi
le 7 janvier 2012

(texte complet en document joint)

 

Introduction

Avec la Lettre apostolique Porta fidei du 11 octobre 2011, le Saint-Père Benoît XVI a proclamé une Année de la foi. Elle s’ouvrira le 11 octobre 2012, pour le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II, et s’achèvera le 24 novembre 2013, Solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l’univers.

Cette année sera une occasion propice pour que tous les fidèles comprennent plus profondément que le fondement de la foi chrétienne est « la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive »[1]. Fondée sur la rencontre avec Jésus-Christ ressuscité, la foi pourra être redécouverte dans son intégrité et dans toute sa splendeur. « De nos jours aussi, la foi est un don à redécouvrir, à cultiver et dont il faut témoigner », afin que le Seigneur « accorde à chacun de nous de vivre la beauté et la joie d’être chrétiens »[2].

Le début de l’Année de la foi coïncide avec le souvenir reconnaissant de deux grands événements qui ont marqué le visage de l’Église en nos jours : le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, voulu par le bienheureux Jean XXIII (11 octobre 1962) et le vingtième anniversaire de la promulgation du Catéchisme de l’Église catholique, offert à l’Église par le bienheureux Jean-Paul II (11 octobre 1992).

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Indications

« Je sais en qui j’ai mis ma foi » (2 Tm 1, 12) : cette parole de saint Paul nous aide à comprendre que la foi « est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu ; elle est en même temps, et inséparablement, l’assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélée »[17]. La foi comme confiance personnelle dans le Seigneur et la foi que nous professons dans le Credo sont inséparables, elles s’appellent et s’exigent mutuellement. Il existe un lien profond entre la foi vécue et ses contenus : la foi des témoins et des confesseurs est également la foi des apôtres et des docteurs de l’Église.

Dans ce sens, les indications suivantes pour l’Année de la foi désirent favoriser tant la rencontre avec le Christ au travers d’authentiques témoins de la foi, que la connaissance toujours plus grande de ses contenus. Il s’agit de propositions qui entendent solliciter, par mode d’exemple, la réponse empressée de l’Église à l’invitation du Saint-Père à vivre pleinement cette Année comme un « temps de grâce »[18] spécial. La redécouverte joyeuse de la foi pourra aussi contribuer à consolider l’unité et la communion entre les diverses réalités composant la grande famille de l’Église.

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IV. Au plan des paroisses, des communautés, des associations et des mouvements

 

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7. Les membres des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique sont invités, au cours de cette année, à s’engager dans la nouvelle évangélisation par une adhésion plus ferme au Seigneur Jésus, grâce à l’apport de leurs charismes propres et dans la fidélité au Saint-Père et à la saine doctrine.

8. Pendant l’Année de la foi, les communautés contemplatives se donneront particulièrement à la prière pour le renouvellement de la foi dans le Peuple de Dieu et pour un nouvel élan dans sa transmission aux jeunes générations.

9. Les associations et les mouvements ecclésiaux sont invités à favoriser des initiatives spécifiques qui, grâce à leur charisme propre et en collaboration avec les Pasteurs locaux, s’insèreront dans le grand événement de l’Année de la foi. Les communautés nouvelles et les mouvements ecclésiaux sauront, de manière créative et généreuse, trouver les moyens les plus appropriés pour offrir leur témoignage de foi au service de l’Église.

10. Tous les fidèles, appelés à raviver le don de la foi, chercheront à communiquer leur expérience de foi et de charité[35], en dialoguant avec leurs frères et sœurs, y compris des autres confessions chrétiennes, avec les adeptes d’autres religions et avec ceux qui ne croient pas ou qui sont indifférents. On espère que, de la sorte, le peuple chrétien tout entier entreprendra une sorte de mission à l’égard de ceux avec lesquels il vit et travaille, conscient d’avoir reçu « un message de salut qu’il faut proposer à tous »[36].

 

Conclusion

 

La foi « est une compagne de vie qui permet de percevoir avec un regard toujours nouveau les merveilles que Dieu réalise pour nous. Engagée à saisir les signes des temps dans l’aujourd’hui de l’histoire, la foi incite chacun de nous à devenir signe vivant de la présence du Ressuscité dans le monde »[37]. La foi est un acte personnel en même temps que communautaire : c’est un don de Dieu, qui est vécu dans la grande communion de l’Église et doit être communiqué au monde. Chaque initiative prise pour l’Année de la foi veut favoriser la redécouverte joyeuse et le renouvellement du témoignage de la foi. Les indications ici présentées ont pour but d’inviter tous les membres de l’Église à s’engager pour que cette Année soit une occasion privilégiée pour partager ce que le chrétien a de plus cher : le Christ Jésus, Rédempteur de l’homme, Roi de l’univers, « principe et terme de la foi » (He 12, 2).

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 6 janvier 2012, en la solennité de l’Épiphanie du Seigneur. 

 

William Card. Levada
Préfet

+ Luis F. Ladaria, S.I.
Archevêque titulaire de Thibica
Secrétaire


[1] Benoît XVI, Lettre enc. Deus caritas est, 25 décembre 2005, n. 1.

[2] Id., Homélie pour la fête du baptême du Seigneur, 10 janvier 2010.
[18] Benoît XVI, Lettre ap. Porta fidei, n. 15.

[36] Conc. œcum. Vat. II, Constitution past. Gaudium et spes, n. 1.

[37] Benoît XVI, Lettre ap. Porta fidei, n. 15.