Ouverture d’une communauté inter-congrégations à Toul


Pour conserver sa vitalité prophétique, la vie religieuse est appelée à se déplacer aux frontières pour vivre la solidarité dans un monde où augmente le nombre des exclus. C’est dans cet esprit que cinq congrégations[1] ont répondu au défi de créer une communauté inter-congrégations avec mission d’accueillir les familles de personnes détenues dans les prisons de Toul-Écrouves.

C’est après un temps conséquent de recherche, de lecture priante de la Parole de Dieu et de préparation que ce projet a pu voir le jour, grâce à une procédure dynamique. Les cinq supérieures majeures ont pris en considération l’appel de Mgr Papin, Évêque de Nancy-Toul, demandant quatre sœurs pour cette mission. Les réunions des supérieures majeures, avec les différents partenaires engagés, ont été fructueuses tant avec l’Arche Touloise, association d’aide aux familles des personnes détenues, qu’avec le vicaire général du diocèse et le délégué épiscopal à la vie consacrée. Il était aussi très important d’avoir les conseils du responsable des aumôneries de prisons pour la région Est. Ce dernier a pu exposer les enjeux d’une telle mission car l’accueil de ces familles ébranlées par la détention d’un des leurs ne s’improvise pas. Il a pointé un atout de la vie religieuse qui est sa manière d’être et son savoir-faire, prenant en compte la dignité des personnes, pour que chacune découvre et grandisse dans sa propre humanité. Accueillir ces personnes fragilisées fait vivre au cœur de l’Évangile. « Ne pas se dérober à son semblable » (Is 58,7), c’est le signe que l’Église a à donner.

Aucune congrégation, seule, ne pouvait envoyer quatre sœurs pour cette mission. Mais, en mettant en commun leurs moyens, les différentes congrégations ont pu répondre à cet appel. Cette expérience inter-congrégations se révèle être un enrichissement. L’ouverture aux autres congrégations a été vécue dans la fraternité, la complémentarité, sous le regard du Christ. Pour mener à bien ce projet, les supérieures majeures se sont réunies à plusieurs reprises pour clarifier l’enjeu missionnaire, réfléchir à une vie communautaire en tenant compte des charismes différents tout en assurant la pérennité du lien de chaque sœur avec sa congrégation, pour se mettre d’accord sur les questions pratiques et financières. Une des cinq supérieures majeures, n’ayant à ce jour, pas de sœur engagée dans ce projet, a été choisie comme référent de la future communauté.

Les quatre sœurs pressenties ont répondu avec générosité pour former cette communauté et vivre ensemble la mission proposée. Elles ont pu s’exprimer sur leur parcours, l’appel lui-même, leurs motivations, leurs souhaits, leurs espoirs, mais aussi leurs craintes et leurs questions. Pour elles, la vitalité d’une communauté inter-congrégations se manifeste dans la mission commune et dans la ferveur spirituelle se concrétisant par une vie de prière et une relecture communautaire et par le partage des temps forts et des documents de chacune des congrégations. Elle se manifeste également par les engagements apostoliques divers. Chaque sœur se sait envoyée par sa congrégation pour une mission d’Église. Chacune vit un lâcher-prise, dans la confiance, pour découvrir l’opportunité d’un renouvellement dans son engagement de vie religieuse.

Ainsi la vie religieuse, appelée vers des nouveaux lieux de mission, se montre créative en mutualisant ses forces, en ne craignant pas de mettre en commun les spiritualités pour suivre le Christ en étant au service des plus démunis.

 

 


 

 

 

 

 

 

[1] Saint Joseph de Saint Marc, Providence de Ribeauvillé, Providence de Portieux, Sœurs de l’Alliance et Sœurs du Très Saint Sauveur