Père Philippe LECRIVAIN sj

(1er août 1941 – 13 avril 2020)


Nous venons d’apprendre le décès, ce lundi de Pâques, du P. Philippe Lécrivain, des suites du Covid19.
Professeur d’histoire du christianisme et de spiritualité au Centre Sèvres, il a consacré de nombreux ouvrages et articles à la théologie de la vie religieuse, à son histoire aussi. D’une vaste culture, il abordait avec une vision pluridisciplinaire, tout ce qui pouvait intéresser le développement et les crises du monde religieux, tant apostolique que monastique. Mais son érudition n’était pas que théorique : il animait des sessions, organisait des colloques, soutenait comme préfet des études les étudiants de licence ou de maîtrise, dirigeait des thèses. Les religieux et religieuses en responsabilité de gouvernement aimaient à le consulter pour les aider au discernement sur des dossiers sensibles. Bien sûr, comme jésuite, il a consacré nombre de ses recherches à l’histoire de la Compagnie de Jésus et à son activité missionnaire.
Parmi ses ouvrages, nombre d’entre nous ont lu puis travaillé avec profit Une manière de vivre : les religieux aujourd’hui (Lessius 2009). Car son questionnement correspondait bien à nos préoccupations : comment situer la vie religieuse en communauté dans son rapport à un christianisme en crise ? Pour P. Lécrivain, « la nouvelle manière de vivre » qu’inaugurent les religieux est tout le contraire d’une fuite du monde, mais répond à l’invitation d’y vivre pleinement, ce dont témoignent leurs missions souvent aux périphéries. Le défi étant quand même de demeurer fidèles à nos saints fondateurs tout en inventant de nouveaux modes de vie et de présence, « pour de nouveaux commencements évangéliques. »
Les nombreuses épreuves de santé ne l’empêchent pas de travailler mais l’obligent même à creuser, à épurer sa réflexion. Ainsi en 2016 encore, il présentait comme un texte à recevoir La lettre du Pape François aux consacrés (NRT 138 (2016) 76-93), non sans l’avoir préalablement resituée dans le contexte mouvementé des cinquante dernières années. Il concluait en soulignant « cette conviction que les religieux sont des marcheurs tendus vers ce lieu où émerge la lumière, où surgit la vie et où s’élargit l’horizon. Allez de l’avant ! Réveillez le monde ! Fréquentez l’avenir ! »

La Conférence des Religieux et Religieuses de France