RCF - Abus sexuels : après les évêques, les religieux de France se retrouvent à Lourdes

Une semaine après les évêques, les religieux et religieuses de France se retrouvent à Lourdes pour leur assemblée générale. A partir d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi, 300 supérieurs majeurs, responsables des congrégations, monastères, sociétés de vie apostolique présents en France vont eux aussi travailler sur le rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l’église.


Déterminer un agenda du suivi des préconisations

"Responsables pour l’avenir", c’est le thème de cette assemblée dans la continuité de celles de novembre 2020 et d’avril 2021. Des assemblées durant lesquelles la CORREF avait elle-aussi reconnu la responsabilité collégiale de la vie religieuse dans le scandale des abus et agressions sexuelles et s’était engagée en faveur de la justice réparatrice. C’est ce qu’explique Soeur Véronique Margron, présidente de la CORREF, sur RCF.

Comme les évêques de la CEF, les religieux et religieuses de France souhaitent mettre en place une Commission indépendante de Reconnaissance et de Réparation dans la continuité du travail de la CIASE. "Il faut une commission indépendante pour recevoir les personnes et les questions de réparation individualisées, forcément. Si l’assemblée veut bien la voter. Il faut que nous déterminions un agenda du suivi des préconisations. Il y en a qui demandent du temps, un changement culturel, une réflexion. Il faut que cet agenda soit remis à une sorte de commission indépendante, ou de groupe externe, pour vérifier que nous avancions" ajoute Véronique Margron.

Comment intégrer des laïcs dans les conseils des communautés

Pour lutter contre la pédocriminalité, comme les évêques, les religieux et religieuses de France souhaitent intégrer des laïcs dans leur gouvernance. Dans les communautés, c’est moins naturel que dans les diocèses car les fidèles y sont moins impliqués. "L’avantage de la vie religieuse, c’est que quand elle fonctionne à peu près normalement, nous avons des conseils obligatoires. Le supérieur ne peut pas décider tout seul. Il a un conseil qui prend des décisions avec lui. Il faut voir comment auprès de ces instances-là, on peut intégrer des personnes laïques comme experts ayant une voix qui compte. C’est quelque chose que certains font déjà. D’autres pas du tout. C’est un chantier qui est pour nous ouvert" précise-t-elle.

Comme lors des assemblées précédentes, des personnes victimes accompagneront l’ensemble des échanges de l’assemblée de la CORREF. Les religieux et religieuses de France ont aussi invité Jean-Marc Sauvé, président de la CIASE à participer à une table ronde qui sera diffusée sur RCF le 27 novembre.

Photo : DURAND