Témoignage d’une vocation - frêre Laurent de l’Abbaye de Mondaye


F. Laurent a écrit le témoignage de sa vocation particulière dans le bulletin paroissiale de la paroisse Saint-Joseph-de-Galaure. Voici son témoignage en intégralité.  

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Suite à la demande du Père Bruno Deroux, je me permets de faire intrusion dans vos vies en vous relatant la belle expérience vécue avec le Christ et mes frères, en m’engageant, le 10 août 2011, en la fête de saint Laurent, dans la communauté des chanoines réguliers de l’ordre de Prémontré, à l’abbaye Saint-Martin de Mondaye, dans le Calvados.

Je suis rentré à l’abbaye de Mondaye, après plus de quatorze ans passés derrière les fourneaux dans une grande enseigne d’hôtellerie internationale en Suisse.

Chaque fois que j’avais congé j’en descendais pour rendre visite à mon père, ma belle-mère et mes chers voisins à St-Martin-d’Aout. C’est en lisant un article de journal du Dauphiné libéré que l’appel s’est fait sentir et que le Seigneur s’est présenté à moi, le 26 décembre 2003 exactement. L’article présentait la communauté des frères et des sœurs du monastère Sainte-Anne de Bonlieu, près de Montélimar. Il s’intitulait « Noël entres frères et sœurs ». J’ai été saisi par la simplicité de leurs vies et l’amour fraternel entre eux, qu’ils renvoyaient en contemplant cet enfant né dans la crèche la veille ; « Un Fils nous est né, un Sauveur nous est donné ! »

Après plusieurs mois de réflexion, j’ai décidé de me rendre dans cette communauté de Norbertines et de frères Prémontrés et séjourner une semaine à l’hôtellerie du monastère. Je débarque donc, début septembre 2004, au monastère Sainte-Anne de Bonlieu. Je suis tout de suite saisi par la beauté du lieu. L’accueil par le frère Martin est très fraternel et rassurant. Il me fait visiter les lieux et la superbe basilique. Son mot d’ordre est de me reposer. Il me confiera par la suite que lorsqu’il m’a vu la première fois, il m’avait trouvé pâle, fatigué et stressé. Soit-dit en passant, la vie en cuisine, comme vous pouvez l’imaginer, est éreintante et contraignante.

Après lui avoir expliqué en quelques mots ma vie, il me pose cette question : « Que viens-tu faire ici et pourquoi avoir choisi ce monastère ? » Après lui avoir expliqué mon désir de venir ici après avoir lu l’article de journal, nous arrivons à l’essentiel de ma démarche. Je lui dis en touchant son habit : « Je veux être comme vous, religieux ! » Il me sourit, me questionne sur ma vie en tant que chrétien et me demande quels sacrements j’avais reçus. Je lui dis : « Presque tout sauf la confirmation ».

Je lui avoue aussi ne pas aller à la messe le dimanche et les jours de grandes fêtes car je travaille et ne peux pas me rendre à l’église. A cette époque, il est vrai que j’étais bien loin de l’Église ! Il me dit : « Je vais t’aider, mais sache que ça sera long et difficile ». En remontant en direction de l’hôtellerie, le frère s’arrête devant la petite bibliothèque du monastère et m’offre une Bible de Jérusalem. En souriant il m’explique l’importance de la « parole de Dieu » et de la « lectio divina » pour un religieux (c’est-à-dire la lecture de la Bible, dans la prière et la méditation).

Après plusieurs jours au monastère dans le calme, la prière, l’amour de Dieu et la sérénité du lieu, il me fallait remonter en Suisse pour le travail. En partant il me fit cette offre : « Écris-moi avec tes mots à toi ce que tu ressens dans ta vie de tous les jours. Quelle place tu accordes au Christ maintenant ? » Je lui réponds très embarrassé que je fais beaucoup de fautes d’orthographe et que je ne sais pas très bien ma conjugaison. Il rigole et me dit : « Je m’en fous des fautes, je veux savoir ce que tu ressens dans ton cœur ! » Après quelques larmes versées, je l’avoue, en quittant Bonlieu, je repris la route pour Lausanne.

Source : http://www.mondaye.com/fr/mondaye/un-regard-sur/785-temoignage-dune-vocation-f-laurent