Tous appelés à mieux servir la société


Source : http://www.eglise.catholique.fr

par Florence de Maistre

 

Lancée en janvier 2011, la démarche « Diaconia 2013 - Servons la fraternité » est présente dans de nombreux projets de diocèses, mouvements et services d’Église. À un an du rassemblement national prévu à Lourdes en mai 2013, au moment de la fête de l’Ascension, rencontre avec Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et Saintes, et président du Conseil pour la solidarité.

 

 

Comment la démarche proposée par Diaconia 2013 est-elle accueillie ?

La proposition initiée début 2011 est une véritable démarche qui mûrit progressivement, prend de l’ampleur et recueille beaucoup d’intérêt de la part des diocèses, mouvements et services d’Église. Le Conseil pour la solidarité et moi-même sommes heureusement étonnés de cette dynamique. Visiblement la démarche répond à une attente. Nous sommes tous préoccupés par les transformations internes de nos structures. Être appelé à mieux servir la société, comme nous y invite Diaconia 2013, nous sort de nos propres problèmes et nous ouvre au cœur de la mission : témoigner du Christ. Je constate aussi que de nombreuses revues nationales et paroissiales s’inscrivent dans cet élan. Diaconia 2013 appelle à vivre l’Évangile sans nous replier sur nous-mêmes.
 

 
Quels ont été les temps forts et étapes déjà vécus ?

Diaconia 2013 n’est pas une démarche en plus mais un plus pour toute démarche car elle s’inscrit au cœur de la mission de l’Église et du chrétien. Certains, comme le diocèse de La Rochelle et Saintes, ont l’intégré dans leurs propositions diocésaines. D’autres y seront davantage attentifs à partir de septembre prochain, étape qui invite à relier l’eucharistie et l’accueil des plus pauvres. La première année invitait, elle, à relier la Parole de Dieu et le service des autres. Des personnes en situation de précarité ont été sollicitées pour rédiger des récits de vie. Une attention particulière a été portée pour qu’elles disent qui les a aidé, comment et quelle expérience spirituelle elles ont vécue. Ces récits permettent d’avoir une vue d’ensemble des pratiques de charité et de solidarité diocésaines. Un autre regard a été porté sur les repas partagés en paroisse avec la préparation de plats par les personnes en difficulté. Des partages de textes bibliques ont également été développés entre personnes accueillantes et personnes accueillies. Autre manifestation : mi-mars, plus de 150 personnes, délégués diocésains et responsables de mouvements et services d’Église ont vécu une récollection prêchée par le Père Raniero Cantalamessa, capucin, Prédicateur de la Maison pontificale à Rome, afin de nous ancrer dans une démarche de foi. Qui d’autre qu’un disciple de saint François d’Assise pouvait le mieux nous ouvrir aux situations de pauvreté ? La tentation est forte d’en rester à un humanisme horizontal. Nous devons développer une diaconie au sens du Christ, c’est-à-dire aimer comme Lui, à la manière du serviteur.
 

 
De quoi cette mobilisation est-elle signe ?

De nombreux catholiques ont conscience que cette solidarité n’est pas un à-côté de la foi, mais qu’elle est au cœur de l’évangélisation. Diaconia 2013 est l’occasion de vivre une démarche de foi et de mieux découvrir la mission de l’Église. Une mission qui comprend trois tâches indissociables : annoncer le Christ, c’est-à-dire proposer la foi ; célébrer le Christ, c’est-à-dire célébrer l’eucharistie ; servir les autres au nom du Christ. Le service est aussi important que le témoignage de foi et le culte. Nous devons sans cesse nous convertir à l’Évangile. L’Esprit Saint le fait en nous dans la mesure où nous nous ouvrons aux autres. L’Évangile est un appel qui permet de bâtir une terre fraternelle. Alors que la fraternité est présente dans la devise républicaine, nous constatons que la fracture sociale s’aggrave : 150.000 jeunes sortent de l’école sans diplôme, 8 millions de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, 1 milliard de personnes vivent avec moins d’un euro par jour, etc. La tâche est immense. Sans nous décourager, en nous unissant au Christ, nous pouvons répondre aux défis. Diaconia 2013 essaie d’unir les deux bras de la Croix : l’attention aux autres et la vie trinitaire.
 

 

Dans quelles dispositions préparez-vous le rassemblement national ?

Je vois que tout le monde se sent concerné par la démarche : j’en rends grâce ! Le rassemblement national est un point culminant, mais il est aussi un point de départ. J’espère des suites et aussi que le terme de « diaconie », le service de l’amour des frères, entre dans le vocabulaire courant des catholiques ! Je souhaite atteindre les trois objectifs : rendre les personnes en situation de pauvreté et de précarité présentes au cœur de la vie de l’Église, aider les chrétiens à prendre conscience que foi et service vont de pair, montrer publiquement que l’Église est concernée par les transformations de la société et la répartition des richesses en France et dans le monde. Ces objectifs coïncident bien avec le cinquantenaire du concileVatican II qui invite les chrétiens à être levain évangélique de la pâte humaine. Je confie à des communautés religieuses une prière régulière et instante à cette intention.

Diaconia 2013