Ukraine - Messages pour les communautés religieuses

Au milieu du conflit actuel qui prend les peuples en otages, les communautés religieuses, notamment en Ukraine, sont au plus proche de la population pour accueillir, nourrir soigner et soutenir les personnes, déplacées ou non.


C’est par l’intermédiaire de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique que le message est adressé aux supérieur(es) majeur(es) du monde entier pour soutenir plus que jamais ceux qui sont en danger et qui souffrent. Sr Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieuses et religieux de France se joint à ce message par cette lettre :


Le 28 février 2022


« Le Seigneur est un Dieu briseur de guerres »
Chers amis
Des heures les plus sombres de ce 21e siècle commençant se déroulent en Europe. Un peuple souverain, démocratique, l’Ukraine, se fait agresser, envahir par l’armée de Vladimir Poutine. La guerre et son cortège terrifiant de morts, de désespoir, d’infamies, de violations de tout droit élémentaire et de dangers sans mesure sont au cœur de l’Europe. L’immense douleur, entre peuples slaves orientaux.
Peut-être est-ce l’heure, du fond de la supplication incessante qui est la nôtre d’entendre encore et encore la parole de Judith : « Le Seigneur est un Dieu briseur de guerres ; son nom est " Le Seigneur ". Il a établi son camp au milieu de son peuple pour m’arracher à la main de mes persécuteurs. » Judith 16, 2
Nous prions avec tout le peuple ukrainien, les femmes et les hommes de paix du monde entier. Et spécialement avec toutes les communautés religieuses présentes en Ukraine et en Russie. Vous trouverez ci-dessous un courrier que nous adresse le cardinal Braz de Aviz à diffuser largement !
Je me permets aussi de vous confier ce poème de la grande poétesse ukrainienne Lessia Oukraïnka (1871-1913) qui raconte à lui seul l’esprit de ce peuple.
Contra spem spero
Fuyez au loin, oh mes pensées, lourdes nuées d’automne Car voici revenu le printemps lumineux Pourquoi faut-il donc que mes jeunes années S’écoulent dans la peine et l’écho des sanglots ? Non, à travers les larmes, je garde le sourire Et je chante au milieu des malheurs, Sans espoir, je veux espérer quand même, je veux vivre : fuyez, pensées qui m’accablez ! Sur notre terre si dure et si aride, Je m’en irai, semant des fleurs brillantes, Dans la neige glacée je planterai des fleurs Et les arroserai de mes larmes amères. Et l’écorce puissante des glaces Fondra sous mes pleurs brûlants, Pour moi alors des fleurs pourront éclore, M’annonçant enfin un heureux printemps. Sur la pente abrupte de la montagne, Comme on porte la croix, je porterai ma pierre, Et m’élevant avec la charge énorme J’entonnerai quand même un chant de joie. Dans la nuit infinie et sombre, Mes paupières jamais ne s’abaisseront, Et mes yeux guetteront l’étoile des rois mages Qui domine les nuits de son brillant éclat. Oui, à travers les larmes, je garde le sourire Et je chante au milieu des malheurs, Sans espoir, je vais espérer quand même, Je vais vivre : adieu, pensées qui m’accablaient !

Traduit par Kaléna Houzar - Uhryn


Demeurons unis dans l’imploration de la paix et de la justice,
Sr Véronique Margron op.

Présidente de la Corref