Une Église pauvre pour les pauvres ?


Le pape François disait, lors de sa première conférence de presse, qu’il portait dans son cœur le désir d’une « Église pauvre pour les pauvres ».

À la suite de Saint François d’Assise, une Église pauvre, c’est une Église qui accueille humblement la richesse humaine. C’est une Église qui a besoin de tous et se construit avec tous en associant les plus fragiles, en permettant à chacun de donner le meilleur de lui-même. Tous ont besoin de se sentir reconnus, mais particulièrement ceux qui cumulent les épreuves et les difficultés qui risquent de perdre confiance, de s’isoler, de finir par croire qu’ils n’ont pas de valeur. Le risque de la formule « une Église pauvre pour les pauvres » mal comprise serait de renvoyer à une vision de l’Église qui se penche sur les pauvres et vient « leur faire la charité ». Une personne du groupe Place et parole des pauvres – des chrétiens qui vivent des situations de précarité qui se retrouvent régulièrement pour préparer Diaconia - disait lors d’une rencontre : « Une manière dont le Christ se met au service des autres, c’est de leur donner la parole. Jésus donne la parole, mais aussi souvent il donne une mission, il rend les gens utiles. » Et une autre : « La charité que j’attends, c’est un partage plus qu’un don. Quand je ne peux pas rendre, ça me gêne. »

Une Église pauvre, c’est une Église qui accueille humblement le don que Dieu fait à tous à travers la création et qui s’engage résolument dans sa préservation. Les plus pauvres, proches ou lointains, sont les premières victimes de la crise écologique. La création est la richesse commune de l’humanité, la préserver est vital pour tous mais prioritairement pour les pauvres.

Une Église pauvre, c’est une Église qui œuvre inlassablement avec tous les hommes de bonne volonté pour la justice aux cotés de tous ceux qui n’ont pas accès à des conditions de vie dignes.

Une Église pauvre, c’est une Église qui écoute et qui dialogue avec tous ceux qui n’expriment pas leur foi de la même manière qu’elle, ou qui construisent leur vie sans référence à Dieu. À travers cette attitude elle se fait messagère de l’Amour de Dieu pour tous et du regard bienveillant qu’il pose sur chacun. Elle œuvre ainsi à faire grandir la fraternité et la paix.

La démarche Diaconia montre que cette Église -là est bien vivante dans de nombreux lieux en France. Les centaines de livres des merveilles, réalisés au cours des deux années écoulées, en témoignent :

Nombreux sont ceux dont la vie est complètement transformée par la rencontre vraie avec des personnes fragiles et qui découvrent dans l’Évangile une source qui nourrit leur engagement. Nombreux sont ceux qui se sont mis en chemin à la suite du Christ et qui, touchés par sa manière d’être proche de chacun et en particulier des plus fragiles, se mettent au service de leurs frères. Nombreux sont les chrétiens qui vivent dans la précarité, la pauvreté, qui ont une foi extraordinaire et se retrouvent dans des groupes de partage de vie et partage de la Parole. Pour tous, l’élection du pape François, est un encouragement.

Les cardinaux, conscients des défis à relever par l’Église, viennent de nous donner un signe d’espérance en élisant pape, un homme simple et humble, proche des pauvres. En ces temps où l’image de l’Église est ternie par des scandales multiples, où l’occident se sécularise et connait une baisse importante des vocations, ils nous disent par ce choix que l’avenir de l’Église est dans la cohérence de nos vies avec le message du Christ et Sa manière d’être avec tous, en particulier avec les pauvres. 

Source : http://diaconia2013.fr/2013/03/une-eglise-pauvre-pour-les-pauvres/

Diaconia 2013