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LETTRE DU PAPE LÉON XIV POUR L’OUVERTURE DU VIIIe CENTENAIRE DU « TRANSITUS » DE SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

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LETTRE DU PAPE LÉON XIV POUR L’OUVERTURE DU VIIIe CENTENAIRE DU « TRANSITUS » DE SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

Le 10 janvier, dans la basilique Santa Maria degli Angeli in Porziuncola, la Famille franciscaine a entamé les célébrations du 800e anniversaire de la mort de saint François d’Assise, dernière étape du cheminement entrepris en 2023. A cette occasion, le pape Léon a délivré à la famille franciscaine un message.

Aux ministres généraux de la Conférence des familles franciscaines

«Notre sœur la mort», s’exclamait saint François le 3 octobre 1226 à la Portioncule, alors qu’il allait à sa rencontre comme un homme enfin apaisé. Huit siècles se sont écoulés depuis la mort du Poverello d’Assise qui a gravé de manière indélébile la parole de salut du Christ dans le cœur des hommes de son temps.

En commémorant la date importante du VIIIe Centenaire de son Transitus, je souhaite m’unir spirituellement à toute la Famille franciscaine et à ceux qui participeront aux manifestations commémoratives, en espérant que le message de paix puisse trouver un écho profond dans l’Eglise et la société d’aujourd’hui.

Au début de sa vie évangélique, il avait entendu un appel: «Le Seigneur m’a révélé que nous devions dire cette salutation: “Que le Seigneur te donne la paix”. Par ces mots essentiels, il transmet à ses Frères et à tous les croyants l’émerveillement intérieur que l’Evangile avait apporté dans son existence: la paix est la somme de tous les biens de Dieu, un don qui descend d’En Haut. Quelle illusion ce serait de penser la construire avec les seules forces humaines! Et pourtant, c’est un don actif, à accueillir et à vivre chaque jour.

C’est la même salutation que, le soir de Pâques, le Seigneur ressuscité adresse à ses disciples, effrayés et enfermés dans le cénacle: «La paix soit avec vous». Ce n’est pas une formule de courtoisie, mais l’annonce certaine de la victoire du Christ sur la mort. Comme la voix des anges dans la nuit de Noël — «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime» — ainsi la paix que le Père Séraphique annonce est celle que le Christ lui-même a fait résonner entre le ciel et la terre.

En cette époque, marquée par tant de guerres qui semblent interminables, par des divisions internes et sociales qui engendrent la méfiance et la peur, il continue à parler. Non pas parce qu’il offre des solutions techniques, mais parce que sa vie indique la source authentique de la paix.

La vision franciscaine de la paix ne se limite pas aux relations entre les êtres humains, mais englobe toute la Création. François, qui appelle le soleil «frère» et la lune «sœur», qui reconnaît dans chaque créature un reflet de la beauté divine, nous rappelle que la paix doit s’étendre à toute la famille de la Création. Cette intuition résonne avec une urgence particulière à notre époque, où notre maison commune est menacée et gémit sous le poids de l’exploitation. La paix avec Dieu, la paix entre les hommes et avec la Création sont des dimensions inséparables d’un seul et même appel à la réconciliation universelle.

Chers frères, puisse l’exemple et l’héritage spirituel de ce Saint, fort dans la foi, ferme dans l’espérance et ardent dans la charité active envers son prochain, susciter en chacun de nous l’importance de faire confiance au Seigneur, de se dépenser dans une existence fidèle à l’Evangile, d’accepter et d’éclairer par la foi et par la prière chaque circonstance et chaque action de la vie.

En cette année de grâce, je souhaite vous offrir une prière afin que Saint François d’Assise continue à insuffler en chacun de nous la joie parfaite et la concorde :

Saint François, notre frère,
toi qui, il y a de cela huit cents ans,
allais à la rencontre de sœur mort comme un homme apaisé,
intercède pour nous auprès du Seigneur.
Toi qui as reconnu  dans le Crucifix de saint Damien la paix véritable,
apprends-nous à chercher en Lui la source de toute réconciliation
qui abat tous les murs.
Toi qui, désarmé, as traversé
les lignes de guerre
et d’incompréhension,
donne-nous le courage de construire des ponts
là où le monde érige des frontières.
En cette période affligée par les conflits et les divisions,
intercède pour que nous devenions des artisans de paix:
des témoins désarmés et désarmants de la paix qui vient du Christ.
Amen.

Avec ces sentiments, j’adresse mes vœux fervents spécialement à vous tous qui suivez le charisme du Poverello d’Assise et à tous ceux qui commémoreront de différentes manières l’anniversaire du dies natalis, tout en envoyant de tout cœur la bénédiction apostolique tant désirée.

Du Vatican, le 7 janvier 2026.
Léon PP. XIV

En savoir plus : https://ofm.org/apertura-del-centenario-del-transito-di-san-francesco-12427.html

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