« Le défi n’est donc pas technologique, mais anthropologique. », c’est sans aucun doute une des phrases clés de ce message du pape pour la 60e journée mondiale des communications sociales! A l’heure de l’IA, de la désinformation, de la consommation numérique gérée par des algorythmes, l’être humain est-il toujours au coeur de nos communications ? Quelle est notre responsabilité dans cette nouvelle vision du monde que nous offrons à voir ? Le pape nous donne des clés de réflexions :
Chers frères et sœurs!
Le visage et la voix sont des traits uniques et distinctifs de chaque personne ; ils manifestent son identité singulière et sont l’élément constitutif de toute rencontre. Les anciens le savaient bien. Pour définir la personne humaine, les Grecs anciens utilisaient le mot “visage” (prósōpon) qui, étymologiquement, désigne ce qui se trouve devant le regard, le lieu de la présence et de la relation. Le terme latin persona (de per-sonare) inclut quant à lui le son : pas n’importe quel son, mais la voix inimitable d’une personne.
Le visage et la voix sont sacrés. Ils nous ont été donnés par Dieu qui nous a créés à son image et à sa ressemblance, nous appelant à la vie par la Parole qu’Il nous a adressée ; une Parole qui a d’abord résonné à travers les siècles dans la voix des prophètes, puis s’est faite chair à la plénitude des temps. Cette Parole – cette communication que Dieu fait de lui-même – nous avons également pu l’entendre et la voir directement (cf. 1 Jn 1, 1-3), car elle s’est fait connaître dans la voix et le visage de Jésus, Fils de Dieu.
Dès sa création, Dieu a voulu l’homme comme interlocuteur et, comme le dit saint Grégoire de Nysse, [1] Il a imprimé sur son visage un reflet de l’amour divin pour qu’il puisse vivre pleinement son humanité par l’amour. Préserver les visages et les voix humaines c’est donc préserver ce sceau, ce reflet indélébile de l’amour de Dieu. Nous ne sommes pas une espèce faite d’algorithmes biochimiques définis à l’avance. Chacun de nous a une vocation irremplaçable et inimitable qui ressort de la vie et se manifeste précisément dans la communication avec les autres.
Si nous négligeons cette protection, la technologie numérique risque au contraire de modifier radicalement certains des piliers fondamentaux de la civilisation humaine, que nous tenons parfois pour acquis. Les voix et les visages humains, la sagesse et la connaissance, la conscience et la responsabilité, l’empathie et l’amitié étant simulés par des systèmes connus sous le nom d’intelligence artificielle, ceux-ci interfèrent non seulement dans les écosystèmes informationnels, mais envahissent également le niveau le plus profond de la communication, celui des relations entre les personnes humaines.
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Cette Journée sera célébrée dans de nombreux Pays le 17 mai 2026, fête de l’Ascension.
Une formation à la communication digitale est proposée par la CORREF le 2 juin prochain, à Paris, à destinations des religieux et religieuses et toute personne en charge de la communication dans une congrégation religieuse. Informations à venir.




