Le soleil se lève sur cette belle matinée de printemps à Portieux (Vosges). La maison provinciale des sœurs de la Providence s’apprête à recevoir 58 frères et sœurs de différents instituts. C’est une habitude pour certains de se réunir une fois l’an autour d’un intervenant et d’un thème. Quelle joie alors d’accueillir chaque année des nouveaux venus. L’Est est grand puisqu’une sœur a fait le déplacement de Marseille ! Nous lui avons posé la question de la raison de son choix: « le thème m’a de suite parlée, je devais être là. »
Chaque année, le bureau composé de 5 frères et sœurs de différentes congrégations s’attèle à trouver un thème qui puisse parler à tous personnellement et collectivement. Il faut que ce soit un thème du moment comme ce fut le cas l’an dernier avec la question de la place des réseaux et des écrans dans notre vie consacrée.

Vivre la joie de la vie consacrée en contexte de diminution : défis et bonnes nouvelles
Cette année, la sœur Laure Deymier (c.i.c) se déplace de Limoges pour nous ouvrir à cette question pour laquelle il nous fallait être là : « Vivre une vie consacrée heureuse dans le contexte de diminution de nos communautés : quels défis ? quelle(s) Bonne(s) Nouvelle(s) » Sr. Laure dit avoir rajouté les « s » à Bonne Nouvelle pour nous inviter à voir déjà les horizons d’espérance derrière la montagne que formulait à elle seule cette problématique.

La méthode de coaching utilisé par Sr. Laure et les outils de la PNL (Programmation neurolinguistique) ont joué un rôle crucial pour favoriser les échanges : schéma, temps en petits groupes guidées, temps personnels avec une question phare, adaptation aux incompréhensions. Tout était fait pour que chacun, quel que soit son avancée dans la vie religieuse puisse trouver de quoi se nourrir. : Ces temps diversifié quant à la forme et au fond ont offert un espace rare de parole gratuite, intime, où l’on pouvait dire ce qui pèse, ce qui fait vivre, ce qui fait peur.
Nous avons peurs d’être les derniers spécimens d’une espèce en voie d’extinction à en regarder la démographie des dernières années. Il fallait bien passer par ce face à face avec le réel. Cette parole partagée a permis d’accueillir la réalité sans ne la dramatiser ni la fuir, et d’entendre autrement comment le Christ travaille en chacun. Il aura fallu l’éclairage de l’évangile du dimanche matin (2e dimanche de Pâques, Jn 20) pour accueillir humblement que « toutes nos réalités sont parfaites si on ose croire (sans voir) qu’elles se reçoivent du Christ ressuscité. »
Une réflexion profonde pour chacun
Sur le principe de la confiance, les participants ont pu revisiter ce qui fonde leur vocation : leur lien au Christ, la fraternité concrète, la responsabilité partagée, la fidélité au charisme malgré les fragilités. Les échanges ont fait émerger des questions simples et décisives — où suis-je appelé à être ? Qu’est-ce qui m’empêche de revenir à mon premier amour avec le Christ ? — et ont ouvert un chemin très concret : chacun a identifié un premier pas possible, modeste mais réel, pour avancer dans l’année à venir. Ce travail, nourri par l’écoute mutuelle, a permis de transformer les inquiétudes en discernement, et les constats parfois lourds en désir renouvelé.

Le temps de libérer la joie qui nous anime
Outre les repas, la veillée interculturelle du samedi soir a été l’un des moments les plus joyeux de la session : frères et sœurs ont exprimé la beauté de leurs cultures à travers chants et danses, et toute l’assemblée s’est laissé entraîner dans une joie simple et communicative. Cette soirée a rappelé que la vie consacrée porte encore une force de communion et de fête, même en contexte de diminution.
La session s’est terminé avec beaucoup de bienveillance, malgré une météo maussade. En nous offrant une pluie de mots bienveillants, chacun a su être soutenu dans son propre défi actuel et redynamisé pour repartir sur le chemin. Plus lucide. Sachant bien que nul ne peut « sauver sa congrégation. »Beaucoup sont ainsi repartis avec une espérance apaisée : celle d’une vie religieuse humble mais vivante, où savoir être là ne s’oppose et ne freine nullement l’efficacité de notre agir. On est là à la manière du Christ : dans sa présence efficace, simples parabole d’Evangile dans nos contextes de vie.
Témoignage pour conclure
Participants des weekend jeunes, nous voulons témoigner des bienfaits de ce temps favorable à destination de tous les consacrés désireux de progresser avec d’autres sur les sujets qui nous concernent aujourd’hui. Que cet article puisse être largement diffusé dans les communautés afin que d’autres frères et sœurs puissent tisser avec nous des liens qui libèrent. Depuis bientôt 10 ans, notre bureau travaille à ce que chacun puisse trouver sa place et rentrer à la maison avec la joie de l’Esprit saint. Prions pour que cette modeste proposition continue sa route et touche encore davantage de personnes désireuses de vivre une sequela christi aussi vivante qu’au jour du premier « oui. »
Fr. Clément Löbel, Assomptionniste
Pour le bureau CORREF jeunes EST.




